lucperino.com

Accouchement : le dilemme obstétrical

dernière mise à jour le 16/10/2014

Le difficile processus de l’accouchement et de la naissance chez homo sapiens, souvent nommé le "dilemme obstétrical", est supposé refléter des pressions sélectives antagonistes entre l’encéphale du nouveau-né et la locomotion bipède de la mère. Cependant, la disproportion céphalo-pelvienne n'est pas propre à l'homme, car on la retrouve également chez des primates de plus petite taille. Les archives fossiles indiquent une évolution en mosaïque de ce dilemme, impliquant donc différents processus évolutifs. Il semble aussi qu’il y a eu des changements plus rapides entre les australopithèques et le genre homo du Pléistocène, et ensuite avec les populations humaines plus récentes.

 

Les études actuelles mettent l'accent sur ​​le caractère générique de ce dilemme, plutôt que sur sa variabilité entre populations. Nous réévaluons ici la nature du dilemme obstétrical après une large revue de la littérature sur les hominidés et les primates, et nous considérons la contribution de la plasticité phénotypique lors des changements brutaux.

Les deux dimensions, celle du bassin maternel et celle de la croissance du fœtus sont sensibles à des facteurs écologiques tels que l'alimentation et l'environnement thermique.
Le périmètre crânien néonatal a une faible plasticité, tandis que la masse néonatale et la stature maternelle ont une plus grande plasticité. Des tendances à long terme dans la taille du corps peuvent donc aggraver ou diminuer le dilemme obstétrical. L'émergence de l'agriculture peut l’avoir exacerbé en diminuant la taille de la mère et en augmentant la croissance et l’adiposité du fœtus, en raison de changements alimentaires. Des comparaisons paléo-démographiques entre cueilleurs et agriculteurs suggèrent que les cueilleurs ont de plus faibles taux de mortalité périnatale. Dans les populations contemporaines, taille de la mère reste fortement associée à la mortalité périnatale dans de nombreuses populations.

Des améliorations à long terme en matière de nutrition à travers les générations futures pourraient amoindrir le dilemme, mais en attendant, l’ampleur de la variabilité risque de persister.

Bibliographie

Wells J.C.K., Desilva J.M., Stock J.T.
The obstetric dilemma: An ancient game of Russian roulette, or a variable dilemma sensitive to ecology?
American Journal of Physical Anthropology, Supplement: Yearbook of Physical Anthropology, Volume 149, Issue Supplement 55, pages 40–71, 2012
DOI : 10.1002/ajpa.22160

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

Lire les chroniques hebdomadaires de LP

La phrase biomédicale aléatoire

Il faut, dans la description d'une maladie, distinguer les symptômes propres et constants des accidentels et étrangers. J'appelle accidentels ceux qui dépendent de l'âge et du tempérament du malade ainsi que de la manière de traiter les maladies.
― Thomas Sydenham - 1676

Haut de page