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Mutations dans l'espèce humaine

dernière mise à jour le 07/03/2015

Abstract

Bien que les mutations soient le carburant de l'évolution phénotypique, elles représentent aussi un considérable fardeau pour la valeur sélective en raison de la production d’allèles principalement délétères. C’est donc aussi un sujet de préoccupation pour la santé humaine.

Nous utilisons ici des bases de données récentes sur des mutations de novo associées à des troubles monogéniques, afin d’estimer le taux et le spectre moléculaire de ces mutations spontanées et en tirer un certain nombre de conclusions sur l’évolution d’un génome eucaryote.

Bien que le taux de mutation par génération soit exceptionnellement élevé chez l’homme, en considérant les divisions cellulaires totales, le taux de mutation des cellules germinales est inférieur à celui  enregistrée pour toutes les autres espèces.

La comparaison avec les données provenant d'autres espèces démontre un biais mutationnel  universel vers la composition A / T, et conduit à l'hypothèse que la composition nucléotidique du génome entier évolue grossièrement vers un point où la puissance de la sélection en faveur de G / C est contrebalancée par la puissance de la dérive génétique aléatoire. De telle sorte que la variation dans l’équilibre de la composition nucléotidique du génome entier est largement définie/façonnée par la variation des biais mutationnels.

La quantification des risques associés aux introns révèle que les résidus des mutations au niveau du site d'épissage sont une source majeure de mortalité humaine.

Si nous prenons en compte les conséquences à long terme des comportements humains actuels qui favorisent l’accumulation de mutations délétères, il faut logiquement s’attendre à une diminution de la valeur sélective de  l’espèce humaine dans les siècles à venir. Principalement dans les sociétés industrialisées, sauf si de nouveaux moyens d'intervention génétique sont développés.

Bibliographie

Lynch M.
Rate, molecular spectrum, and consequences of human mutation.
PNAS, vol. 107 no. 3, 961–968.
DOI : 10.1073/pnas.0912629107

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

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La phrase biomédicale aléatoire

Une image est plus concrète que des pleurs, des fatigues ou des amaigrissements. Ces symptômes sans rigueur sont relégués aux métiers du soin. À l’heure de la précision numérique et du génie génétique, la science clinique est vécue comme une déchéance par le médecin expert, le symptôme corporel est considéré comme une broutille par le patient et leurs deux mépris se contaminent mutuellement.
― Luc Perino

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