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La phrase biomédicale aléatoire

A viser le Paradis, on manque la Terre.
Michel Onfray ▪ Traité d'athéologie. Grasset, 2005, p 128
La connotation morale liée à l'étiquette de maladie est moins péjorative que celle de crime ou de péché : le contrôle médical peut ainsi légitimement prétendre satisfaire davantage au bien de l'individu que d'autres formes de contrôles.
Alain Froment
Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres.
Michel Onfray ▪ Traité d'athéologie. Grasset, 2005, p 42
Ce qui différencie une théorie scientifique d'une doctrine, c'est que la théorie est "biodégradable", elle accepte la règle du jeu et sa mort éventuelle.
Edgar Morin ▪ Science avec conscience. Seuil, Points, 1990, p 69
Les soins qui portent sur le corps-objet sans tenir compte du moi du soigné ignorent le lieu où se noue la souffrance.
Alain Froment
D'une certaine manière, lorsque nous exposons nos croyances religieuses, mystiques, mais également de nombreuses croyances sociales et interpersonnelles, nous ressemblons davantage à ces patients neurologiques (de psychanalyse) qui déploient leurs interprétations à l'abri de pans entiers de la réalité dont ils ne tiennent pas compte.
Lionel Naccache ▪ Le nouvel inconscient, Odile Jacob, 2009, p 398
Le temps est venu de retirer momentanément l'éthique des mains des philosophes pour la faire passer dans celles des biologistes.
E.O. Willson en 1975 ▪ Sociobiology, the new synthesis, trad fr., Ed du Rocher, 1987
C'est dans le domaine social qu'on peut attendre le plus grand accomplissement cognitif. la sélection naturelle a dû favoriser leds mécanismes permettant d'apprécier l'état affectif des autres et d'y réagir rapidement.
Frans De Waal ▪ Primates et philosophes. Le Pommier, 2008, p 53
L'art médical est la manière, toujours personnelle, difficilement transmissible dans son entendement, éventuellement transmissible dans sa forme, de gérer la part de variance inexpliquée dans la prédiction des évolutions "naturelles" et des effets "possibles" des interventions "envisageables".
Jean Pierre Boissel ▪ L'information thérapeutique. Masson, 2000, p 39
Les objectifs éducationnels nécessaires à une préparation à l'information thérapeutique sont exclus du cursus médical, et les réformes successives que subissent enseignants et enseignés ne changent malheureusement rien au problème de fond. La formation médicale continue ne fait que pérenniser cette ambiance
Jean Pierre Boissel ▪ L'information thérapeutique. Masson, 2000, p 422
Qui peut extraire une vérité neuve d'un savoir ancien a qualité pour enseigner.
Confucius
En médecine tout ou presque tout dépendant du coup d'oeil ou d'un heureux instinct, les certitudes se trouvent plutôt dans les sensations mêmes de l'artiste que dans les principes de l'art.
Pierre Cabanis en 1819 ▪ Du degré de certitude de la médecine. 3° ed, 1819, p 126
Le mal normatif, s'il existe, n'est qu'une modalité du mal axiologique.
Alain Froment
Le coton-tige repousse brutalement au fond de l'oreille, le cérumen que les poils vibratiles de l'oreille ont mis des mois à conduire jusqu'au bord du conduit auditif, à l'endroit ou il devient accessible à l'auriculaire dont le nom indique que la nature nous l'a donné précisément pour cela. Patient travail de la nature gâché en une seconde.
Luc Perino ▪ Carnets de santé, Calman-Lévy, 2004, p 200
La souffrance morale extrême apparaît comme la rupture absolue entre la ligne d'être de mon ipséité et les "pouvoir être" que mon présent me laisse imaginer.
Alain Froment
Si la mélancolie était le propre de l'homme exceptionnel, la dépression est la manifestation de la démocratisation de l'exception.
Alain Ehrenberg ▪ La fatigue d'être soi - dépression et société. Odile Jacob, 2000, p 276
Chaque époque succombe au pouvoir explicatif d'une théorie séduisante qui disparaît ensuite, plus ou moins rapidement, plus ou moins profondément, dans les limbes de l'Histoire de la pensée : astrologie, magnétisme, physiognomonie. Le XX° siècle sera un jour perçu comme le siècle d'une nouvelle supercherie, aussi populaire que farfelue : la psychanalyse.
Aldous Huxley ▪ In Alfred Hoche. Le livre noir de la psychanalyse. Les arènes, 2005, p 402
Essayons de passer un pacte entre science, médecine et société qui ne fasse pas de la santé un capital risque ou un produit technique, mais un bien commun à préserver.
Jean-Paul Gaudillière ▪ La médecine et les sciences. La découverte, 2006, p 106
Le clinicien n’est ni un vieux nostalgique, ni un attardé technologique, ni un passéiste de la médecine, ni un pessimiste, bien au contraire, il est le meilleur promoteur de la biologie d’homo sapiens.
Aujourd’hui, nous traversons un cap difficile pour les médecins, pour les patients et pour la sérénité de leurs relations. Quoiqu’il advienne, la variabilité individuelle ne cessera jamais comme elle n’a jamais cessé depuis le premier jour de l’évolution des êtres vivants. Les patients auront toujours besoin de rassembler les morceaux de leur identité perdue dans les parcelles de la science et les labyrinthes de la technique. Ils demanderont toujours à être protégés des griffes du marché et de la prédation des sectes. Ils chercheront toujours éperdument leur rationalité individuelle. Seul le clinicien peut les y aider.
Luc Perino ▪ À quoi sert vraiment un médecin, Armand-Colin, 2011
Les antidépresseurs ont fait surgir une difficulté nouvelle, celle des rapports entre névrose et dépression : différencier le trouble de l'humeur que l'on a de la personnalité troublée que l'on est.
Distinguer et relier le sujet que l'on est et la maladie que l'on a est l'inextricable problème qui a suivi l'histoire de la dépression.
Alain Ehrenberg ▪ La fatigue d'être soi - dépression et société. Odile Jacob, 2000, p 94
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée.
Descartes
La chirurgie a un avantage sur la médecine, elle me semble beaucoup plus certaine, parce qu'elle voit et manie ce qu'elle fait ; il y a moins à conjecturer et à deviner.
Montaigne ▪ Essais, 1595, II, 37
La chose qui se trouve dans les êtres vivants et qui ne se trouve pas dans les morts ; nous l'appelons Ame, Archée, Principe Vital, X, Y, Z, comme les quantités inconnues des géomètres. Il ne nous reste qu'à déterminer la valeur de cette inconnue, dont la supposition facilite, abrège le calcul des phénomènes que nous connaissons et de ceux que nous cherchons à connaître.
Paul Joseph Barthez (courant vitaliste de Montpellier 1778) ▪ Nouveaux éléments de la science de l'Homme. 1806. p 16
Ou le mal que nous craignons existe, ou c'est notre crainte qui est le mal.
Saint Augustin
Les plus grands bénéficiaires de la vogue du freudisme sont les enseignants universitaires de psychiatrie et de psychologie. Faire de la recherche empirique de qualité dans le domaine des sciences humaines est une entreprise complexe et exigeante. Il est beaucoup plus facile d'accéder au titre de docteur ou d'agrégé en écrivant à partir de textes psychanalytiques. La lecture de Freud, Mélanie Klein ou Lacan remplace la patiente récolte de faits d'observation. La citation de ces auteurs remplace les recherches méthodiques et l'argumentation rationnelle. Si le thésard prévoit un jury composé de lacaniens, il peut jargonner sans se préoccuper du sens des mots. Une fois nommé, l'enseignant peut continuer à discourir et à publier sans le moins du monde se soucier du lien avec la réalité empirique et l'efficacité pratique - cette dernière préoccupation étant qualifiée de "technocratique", "néo-libérale" ou "néo-hygiéniste".
Jacques Van Rillaer ▪ Le livre noir de la psychanalyse. Les Arènes, 2005, p 213-214.
Tout se passe comme si l'univers attendait l'homme pour être dit, comme si l'univers rêvait l'homme qui le rêve.
Cheng
La science cherche le mouvement perpétuel. Elle l'a trouvé ; c'est elle-même.
Victor Hugo ▪ L'art et la science
Des deux plus grandes révolutions qui ont été opérées dans la pensée scientifique, celle de Darwin est incontestablement plus apte que celle de Copernic à bouleverser les consciences, ne serait-ce que parce que la plus ancienne parlait surtout de notre lieu de résidence, tandis que la plus récente touche à notre essence.
Stephen J Gould ▪ Structure de la théorie de l'évolution. Gallimard 2006, p 69
La logique du choix médical entraîne à sa suite plusieurs oppositions hiérarchisées qui sont étrangères au soin : actif contre passif, santé contre maladie, penser contre agir, volonté contre destin, esprit contre corps. Mettre en jeu ces dichotomies ne va pas améliorer la vie des personnes ayant une maladie, d'autant moins qu'elles persistent à se retrouver du mauvais côté de l'antagonisme.
Annemarie Mol ▪ Ce que soigner veut dire. Presse des Mines 2009. P 151.
Les médecins qui individualisent des dysfonctionnements méconnus, et en font pour le profane une catégorie diagnostique chargée de la valorisation négative immanente au mot maladie, sont des créateurs de signification de mal, donc des créateurs de mal.
Alain Froment
Caractériser le succès historiographique d'une action publique en matière de santé revient à démontrer que ce phénomène relève davantage d'une réussite dans l'acte de standardiser une conduite sociale que d'une différence qualitative dans la manière d'appréhender un objet médical donné.
Virginie Tournay ▪ La gouvernance des innovations médicales. PUF, 2007, p 63
Le mode de pensée qui a généré un problème ne peut être celui qui va le résoudre.
Albert Einstein
Si la caméra à positons sert à rechercher la topographie lésionnelle de LA schizophrénie, il est probable que dans dix ans, on pourra dresser un constat d'échec. La méthode de la "pêche à la ligne" qui consiste à faire ce que l'on sait faire, sans stratégie préalable, coûte très cher et ne rapporte rien, ou seulement des erreurs d'interprétation.
Edouard Zarifian ▪ Les jardiniers de la folie. Odile Jacob, 2000, p 147
Le "nerveux" est un merveilleux marchepied conceptuel. C'est un mot tampon d'une très grande utilité sanitaire, créé par des médecins précurseurs, et adopté à l'unanimité par les patients. Le "nerveux" est un sas de communication dans la relation médecin malade, une escale sur l'itinéraire qui passe du soma au psyché. Le "nerveux" est ce qui reste lorsque la main du médecin revient bredouille, l'image du radiologue quelconque ou l'analyse du biologiste insignifiante. Le "nerveux" signe la bénignité et réduit l'angoisse. Le symptôme nerveux, clown ridicule ou pantin fanfaron qui annule des siècles de conquêtes médicales, peut aussi être le point de départ, vers une nouvelle aventure de la communication, car il peut s'ennoblir en psychique ou se sublimer en existentiel. S'il est dérisoire en tant qu'impasse diagnostique, il devient prodigieux en tant que passerelle métaphysique. En se débarrassant de sa pelure organique, le symptôme nerveux quitte le monde charnel, pour conquérir le monde mystique ou règne un inconscient supposé, maître des vices et des vertus.
Luc Perino ▪ Carnets de santé, Calman-Lévy, 2004, p 219
La nature est astreinte à des règles constantes dans la construction comme dans la destruction des êtres.
Laennec (1781-1826)
L'honnête homme ne prêche rien qu'il n'ait d'abord mis en pratique.
Confucius
La psychanalyse s'est développée il y a un peu moins de cent ans en étroite connexion avec le mouvement scientifique de son époque. Il semble qu'elle se soit figée à la mort de Freud sans espoir de progression. Prôner perpétuellement le retour aux sources, excommunier les dissidents, refuser l'évaluation des résultats, ne pas utiliser les données de la pratique pour modifier la théorie sont des attitudes difficilement compatibles avec celles qui prévalent dans l'ensemble des sciences.
Edouard Zarifian ▪ Les jardiniers de la folie. Odile Jacob, 2000, p 201
L'esprit de l'expérimentateur se distingue de celui du métaphysicien et du scolastique par la modestie, parce que, à chaque instant, l'expérience lui donne la conscience de son ignorance relative et absolue.
Claude Bernard ▪ Introduction à l'Etude de Médecine Expérimentale.
Ce n'est pas seulement la théorie qui pose problème avec la psychanalyse. Les théories fausses peuvent toujours être jetées au panier si les méthodes sous-jacentes restent saines. La faillite la plus grave de la psychanalyse tient à son rejet éhonté de la méthode scientifique. Une discipline dépourvue de méthode pour s'autocritiquer et se rectifier dérive inévitablement d'un système de croyance pseudo-scientifique à un autre. Voilà, à mon avis, l'héritage le plus tragique que Freud nous ait laissé.
Frank J. Sulloway ▪ Le livre noir de la psychanalyse. Les Arènes, 2005, p 65
Un jour vient où, toute agitation cessante, le médecin se demande quelle est sa vérité et sa place dans la profession. Aujourd’hui, je n’en doute plus, je suis un palpeur de ventre, un investigateur de vie, un décodeur d’imbroglios socio-sanitaires, un conteur de sagas individuelles, un omnipraticien de la plainte, un fouilleur de symptômes, un confesseur laïc, un fouineur de nuisances, un détective de physiologies, un attracteur d’angoisses, un artisan des psychés, un généraliste des organes, un sondeur d’âme, un étreignant d’épaules, un aventurier sanitaire, un clapotant de mains, un baroudeur de regards, un presseur de bras, un explorateur d’intimités, un optimiste de la biologie individuelle.
Sans emphase, je suis un clinicien.
Rien d’autre.
Luc Perino ▪ À quoi sert vraiment un médecin, Armand-Colin, 2011
On risque moins à annoncer une catastrophe qu'une bonne chose, car en cas d'erreur, on pourra toujours arguer de ce que la catastrophe a été évitée grâce à ceux qui l'avaient annoncée.
Prophète Jérémie
Tu apprendra aussi comment l'opinion trompeuse, destinée à être prise pour vraie, se frayait un passage à travers toutes choses.
Parménide
À une époque où l'évaluation fait figure de nouveau Dieu, les pratiques de dépistage y échappent curieusement.
Nicole Delépine
La peau est un filigrane des histoires singulières qui se révèle dans l’altérité. Sous la main du praticien expert, la répartition des rides et graisses sous-cutanées révèle une géographie que le patient ignore.
Luc Perino ▪ À quoi sert vraiment un médecin, Armand-Colin, 2011
Tous nos problèmes actuels sont l'inévitable résultat de nos brillantes solutions d'hier.
Henry Bergman
La médecine appartient à un système historique, ce n'est pas une science pure, elle fait partie d'un système économique et d'un système de pouvoir.
Michel Foucault ▪ Crise de la médecine ou crise de l'antimédecine ? Dits et écrits, 1976, tome I
Quelle est la différence entre un rêveur, un fou et un psychanalyste ? Le rêveur construit des châteaux dans le ciel, le fou y habite, le psychanalyste encaisse les loyers.
L'éthique, c'est l'esthétique du dedans
Jean Reverdy ▪ Le Livre de mon bord - 1930-1936
Le comique, par définition, dégrade les valeurs. Il ne faut donc pas rire des valeurs déjà dégradées. Autant s'attaquer à des valeurs qui résistent.
Raymond Devos
Il est significatif de voir s'installer progressivement l'idée pernicieuse que le chômeur profite du système, signe que la souffrance inhérente à l'absence de travail n'est plus reconnue comme souffrance puisqu'elle a été compensée.
Marc Grassin et Frédéric Pochard ▪ La déshumanisation civilisée, Cerf 2012, p 194
L’éthicisation générale du monde rend plus difficile la mise en cause des lignes de force (logiques, cultures, pratiques) qui, précisément, posent problème. En focalisant sur l’effort mis par chacun (et le corps social) à humaniser le monde à travers l’éthique, elle conduit à rendre invisibles les véritables logiques opératoires.
Marc Grassin et Frédéric Pochard ▪ La déshumanisation civilisée, Cerf 2012, p 59
Abandonner la détermination de l'existence de la maladie mentale aux seuls psychiatres, c'est comme confier la détermination de la validité de l'astrologie aux seuls astrologues professionnels. Ils ne sauraient remettre en question les postulats fondant leur occupation compte-tenu de l'importance des enjeux émotifs qu'ils y détiennent.
Judi Chamberlin
Les maladies infectieuses se succèdent, et lorsque l'une d'elles est éliminée, elle est susceptible d'être remplacée par d'autres qui anéantissent aveuglément dès lors que les conditions d'une vie saine font défaut.
William Farr
Le sens existentiel de mal peut sembler inhérent à la maladie, mais le patient ne pourra jamais imaginer qu'il a été suscité par des hommes dont certains croyaient bien faire, mais se plaçaient dans une attitude scientiste et simpliste aveugle à la réalité humaine
Alain Froment
La maladie du futur s'immisce dans le présent et induit une détresse psychologique, surtout lorsque le capital de foi d'une civilisation s'est investi dans le futur.
Edgar Morin ▪ Terre Patrie, Seuil, 1993, p 88
Dans deux cent cinquante de ces maisons, il y a deux cent cinquante chambres où quelqu'un confesse la médecine, deux cent cinquante lits où un corps étendu témoigne que la vie a un sens, et grâce à moi un sens médical.
Jules Romains ▪ Knock, acte III, scène VI
Etre allé aux urgences à l'hôpital, est une consécration du mal, interdisant désormais tout mépris à son égard.
Luc Perino ▪ Carnets de santé, Calman-Lévy, 2004, p 169
L'analyse mathématique devient un instrument aveugle si on ne la retrempe de temps en temps au foyer de l'expérience.
Claude Bernard ▪ introduction à l’étude de la médecine expérimentale- chapitre II, § 1
J’aime les vrais obsessionnels qui se lavent les mains cinquante fois par jour. Je les gave de psychotropes et ils ne se lavent plus les mains. Ils attrapent alors des maladies infectieuses par manque d’hygiène et je les guéris avec mes antibiotiques. Ils font une allergie aux antibiotiques et je les soigne avec mes antiallergiques. Mes antiallergiques les endorment, je leur donne un stimulant. Mes stimulants réveillent leurs obsessions, et vogue la galère en direction de la case départ. Eux, au moins, ce sont de vrais malades. De vrais disciplinés de ma pharmacopée.
Luc Perino ▪ Carnets de santé, Calman-Lévy, 2004, p 92
C'est le médecin qui recherche le moins le sens des mots "santé" et "maladie".
Karl Jaspers
La clinique n'est pas une science et ne sera jamais une science, alors même qu'elle usera de moyens à efficacité toujours plus scientifiquement garantie. La clinique ne se sépare pas de la thérapeutique et la thérapeutique est une technique d'instauration ou de restauration du normal dont la fin, savoir la satisfaction subjective qu'une norme est instaurée, échappe à la juridiction du savoir objectif.
Georges Canguilhem ▪ Le normal et le pathologique. Paris, 1999, p 153
Freud a joué un rôle pivot dans l'histoire de l'homme coupable, Janet dans celle de l'homme insuffisant.
Alain Ehrenberg ▪ La fatigue d'être soi - dépression et société. Odile Jacob, 2000, p 32
Dans l'état actuel de la formation médicale, la rigueur est souvent absente, non seulement en tant que critère purement épistémologique, mais aussi en tant qu'exigence d'honnêteté absolument impérative.
Alain Froment ▪ Pour une rencontre soignante. Ed archives contemporaines, p 121
Si Claude Bernard a fait progresser la physiologie plus qu'aucun autre savant avant ou après lui, c'est qu'il le doit précisément à un don particulier de généralisation intuitive. Le génie de Claude Bernard, ce n'est pas seulement de savoir faire des découvertes, mais aussi de pouvoir en saisir d'emblée le sens et la portée générale.
Mirko Grmek ▪ Raisonnement expérimental et recherches toxicologiques chez Claude Bernard. Genève. 1973. p 40-41.
L'un disait : il est mort, je l'avais bien prévu.
S'il m'eût cru disait l'autre, il serait plein de vie.
Jean De La Fontaine
J'affirme que dans toute science naturelle particulière, il ne se trouve de science au sens propre, qu'autant qu'il y a de mathématique.
Emmanuel Kant ▪ (1786) ed 1968, T VIII, p 15
Les progrès de la science rencontrent quatre adversaires : l'ignorance, les dogmes, la magie, l'argent.
Jean Bernard
L’expérience comparative est la condition sine qua non de la médecine expérimentale et scientifique ; autrement le médecin marche à l’aventure et devient le jouet de mille illusions. Un médecin qui essaie un traitement et qui guérit ses malades est porté a croire que la guérison est due à son traitement. Souvent des médecins se vantent d’avoir guéri tous leurs malades par un remède qu’ils ont employé. Mais la première chose qu’il faudrait leur demander, ce serait s’ils ont essayé de ne rien faire.
Claude Bernard ▪ Introduction à l'Etude de Médecine Expérimentale
On peut craindre qu'il se trouve assez de médecins égarés pour imposer un ordre médical ou hygiéniste à la société, tout comme il s'est trouvé assez de religieux égarés à d'autres époques ou dans d'autres lieux pour imposer un ordre qu'ils jugeaient aussi fondé spirituellement que les médecins jugent leurs valeurs fondées physiologiquement. Des religieux jugeaient bon de brûler les corps pour sauver les âmes, tout comme ces médecins détruiraient la liberté humaine pour sauver les corps.
Alain Froment ▪ Pour une rencontre soignants. Ed archives contemporaines, p 65
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