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Prédisposition aux deux types de cancer du sein.

dernière mise à jour le 16/09/2014

Etude sur le risque de cancer du sein dans une perspective évolutionniste de l’histoire de la vie.

Le risque de cancer du sein semble être lié à une variété de traits d'histoire de la vie tels que l'âge de la puberté, la parité, la synchronisation reproductrice ou l'âge de la ménopause. Nous passons en revue la littérature sur les facteurs de risque de cancer de sein dans une perspective évolutionniste afin de suggérer un cadre plus général de prédisposition à ce cancer.
Ces cancers de sein sont souvent classés en fonction du nombre de récepteurs hormonaux (HR). Les HR+ ont une surexpression des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. Les HR- possèdent ces récepteurs en nombre normal.

Nous faisons l’hypothèse que les cancers HR+ sont associés aux traits lents de l’activité génitale, par exemple : première grossesse retardée, peu de progéniture, peu d’allaitement, ménopause tardive. Ces femmes ont une exposition accrue aux hormones du cycle, car elles ont plus de cycles. Ces hormones cycliques comme les œstrogènes et la progestérone ont donc plus d’impact sur les cellules du sein et augmentent leurs occasions de proliférer tout en baissant le taux d’apoptose.

A l’opposé, nous présumons que les cancers HR- sont liés à des traits rapides de l’histoire de la vie génitale (fertilité précoce, plus d’enfants, ménopause précoce) soit à un vieillissement reproducteur plus rapide. Dans les stratégies de l’évolution, chez plusieurs espèces animales, ce gain reproductif se fait aux dépens des facultés d’entretien et de réparation somatiques. Ceci peut mener à des taux plus élevés de prolifération cellulaire, à plus de mutations accumulées et à une plus grande réceptivité des tissus reproducteurs aux facteurs de croissance, favorisant à la fois la reproduction et la prolifération néoplasique. La corrélation négative entre reproduction précoce et longévité a été prouvée dans plusieurs espèces animales.

Ainsi, les cancers HR- seraient plus fréquents chez les femmes dont l’histoire génitale a des traits rapides et ils dépendraient davantage des risques environnementaux extrinsèques. Tandis que les cancers HR+ seraient liés à l’agression hormonale intrinsèque.

Bibliographie

Athéna Aktipis C., Hiatt R.A. & Ellis B.J.
HBES. 23rd annual conference. Montpellier. July 2011

Futuyma DJ.
Evolution
Sunderland, Massachusetts: Sinauer Associates Publishers, 2005.

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

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La phrase biomédicale aléatoire

La vie est cette activité polarisée de débat avec le milieu qui se sent ou non normale, selon qu'elle se sent ou non en position normative. Le médecin a pris le parti de la vie. La science le sert dans l'accomplissement des devoirs qui naissent de ce choix. L'appel au médecin vient du malade (!). C'est l'écho de cet appel pathétique qui fait qualifier de pathologique toutes les sciences qu'utilise au secours de la vie la technique médicale. C'est ainsi qu'il y a une anatomie pathologique, une physiologie pathologique, une histologie pathologique, une embryologie pathologique. Mais leur qualité de pathologique est un import d'origine technique et par là d'origine subjective. Il n'y a pas de pathologie objective. On peut décrire objectivement des structures ou des comportements, on ne peut les dire "pathologiques" sur la foi d'aucun critère purement objectif. Objectivement, on ne peut définir que des variétés ou des différences, sans valeur vitale positive ou négative.
― Georges Canguilhem

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