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Ésotérisme « psy »

humeur du 16/02/2026

Des plaques vissées à l’entrée d’un immeuble cossu de Lyon affichent les activités de sept « praticiens » – c’est le mot provisoire qui peut les désigner. La première plaque affiche : « Naturopathe / Fleurs de bach / Iridologue / Bye bye allergies ». La seconde mentionne : « Coach de vie / Coach PNL / Formations / Hypnose / Allergies ». La troisième affiche plus sommairement « Sophrologue – certifié RNCP ». La quatrième déclare avec emphase trois spécialités : « Thérapeute holistique / Sexothérapie / Psychogénéalogie ». La cinquième se montre à la fois plus intimiste et plus ambitieuse : « Le cocon de soi / Massages bien-être / Énergétique / Bols tibétains ». Pas plus que ces premières plaques, je n’aurai pu inventer les deux dernières. La sixième : « Magnétisme / Géobiologie / Dessin-thérapie ». Enfin, la septième est celle d’une sophrologue enfants et adultes qui précise en outre : « TDAH / Burn-out / Mal-être / Praticienne en réflexes archaïques ».

Ne sachant pas ce qu’étaient les fleurs de bach et les bols tibétains, j’ai pensé vérifier sur internet... Je ne l’ai finalement pas fait, car j’étais certain que ce sont des médicaments dont la qualité est numériquement parfaite.

Mes faibles connaissances philosophiques m’ont fait comprendre que la thérapeutique holistique est celle qui soigne tout. Ce qui n’est pas rien ! J’ai cru comprendre que la psychogénéalogie et la géobiologie aidaient à pénétrer le « cocon de soi » avec encore plus de profondeur que la psychanalyse. Ce qui n’est pas rien non plus !

Quant aux réflexes archaïques, j’avais appris en néonatologie que leur persistance est signe d’un gravissime désordre neurologique ; les soigner après leur disparition est donc un défi de grande ampleur.

Ces sept plaques sont d’une austérité conventionnelle en lettres noires sur fond argenté, indiquant chacune le nom du cabinet de groupe nommé « SensOnat » et situé au premier étage de l’immeuble, un étage possiblement plus près des sens et de la nature. 

Pour ceux de mes lecteurs qui ne croiraient pas que nous habitons désormais ce nouveau monde, j’ai pris la photo de cet ensemble élégant. Je l’ai prise aussi pour m’en convaincre. 

Ces praticiens ont certainement assez de « patients » pour pouvoir payer le loyer et les frais de leur cabinet. Nous connaissons même cette patientèle puisque leur cible est clairement affichée : mal-être, burn-out, TDAH, allergies, demandeurs de sexe et de généalogie, avides d’hypnoses et de formations diverses.

On répète que 25% de nos concitoyens souffrent de troubles psychiques et mentaux. Je ne puis apprécier ce pourcentage, car la définition globale de ces troubles me manque encore. Inversement, je crois avoir deviné qui sont les « praticiens » de ces troubles et je me demande s’ils ne sont pas encore plus nombreux, reléguant alors à une minorité ceux qui ne gravitent pas dans la sphère du « psy ».

De quoi relativiser le réchauffement climatique et autres menaces qui pèsent sur l’humanité...

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La phrase biomédicale aléatoire

Tout n'est pas évaluable, il n'est pas souhaitable de tout évaluer et bien des modes d'évaluation demanderaient à être eux-mêmes évalués. Enfin, ce n'est pas parce qu'une "procédure" est mesurable, bien ou mieux évaluée qu'une autre, qu'elle est plus pertinente.
― Frédéric Dubas & Catherine Thomas-Antérion

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