Patients zéro - Histoires inversées de la médecine
Luc Perino, médecin, enseignant et auteur de nombreux livres d’histoire dont un « Darwin pour les nuls » et, publié le 12 mars dernier, « Patients zéro ». Un ouvrage qui a fait son apparition en librairie au moment où celles-ci devaient fermer sur ordre du gouvernement. Un aléa que l’intéressé préfère accueillir avec humour. « Il était d’actualité avec le coronavirus mais il a duré moins longtemps que lui. »
Le diagnostic est la partie noble de l’acte médical. Les errements thérapeutiques, même les pires, sont volontiers pardonnés ; les erreurs de diagnostic, même les plus inéluctables, restent ancrées dans la mémoire des patients et des médecins.
― Luc Perino
Le libéralisme moral encourage la rivalité et le mimétisme dans les domaines sociaux : droit de mourir, de procréer, d'adopter, avec pour principe d'être toujours dans l'escalade relationnelle pour être le plus libéral, de ne pas être débordé par plus "branché" que soi, par plus sensible à la victime exposée. Contrarier la "victime" (qui veut mourir, avoir un enfant, changer de sexe, etc.) est signe de régression, la soutenir est signe de progrès. Au fond, satisfaire la victime n'est pas le plus important : l'objet ou le sujet sont généralement instrumentalisés. Ce qui est important, c'est de s'être indigné, d'avoir agi et de pouvoir s'en gratifier devant les autres, fut-ce au prix de la vie de ceux-ci. L'idéal affiché compte moins que l'affichage masquant le sacrifice, indicible mais pourtant bien réel, de la personne décédée, de l'enfant conçu, adopté ou acheté.
― Marc Grassin et Frédéric Pochard