Les Non-maladies
On connaissait les malades imaginaires, ainsi que les Dr Knock pour qui tout bien portant ne fait qu'ignorer son mal. Mais une nouvelle espèce de patient est apparue au fil des progrès du diagnostic médical, écrit Luc Perino : le « non-malade », qui se sent parfaitement bien mais chez qui la médecine a détecté un écart à la norme biologique, un facteur de risque, une prédisposition génétique, qu'il faudra alors prendre en charge alors que nul n'est capable de dire si l'anomalie deviendra maladie. « Une dérive vers des soins injustifiés et parfois délétères », regrette le médecin...
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Le corps humain - et cela devrait être une banalité de le dire - envoie en permanence des signaux et s'il y a une infinité de maladies possibles, il y a aussi une infinité de santés possibles.La santé d'une vieille paysanne du Berry, n'est pas celle d'un jeune de La Courneuve.
― Patrick Lemoine & François Lupu
Les mots diagnostiques ont un poids plus élevé que les autres. En posant un objet-maladie sur un individu, le médecin déborde le cadre de la lésion organique ou du trouble fonctionnel. La portée sociale du mot posé peut avoir de grandes répercussions psychiques. Les mots de la biomédecine réassignent les positions sociales, professionnelles et familiales. Les médecins produisent plus d’angoisses par leurs mots qu’ils n’en peuvent soulager par leurs comprimés.
― Luc Perino