Une brève histoire du médicament
Luc Perino nous explique comment le médicament est imposé au médecin par les laboratoires, les patients et les médias dans un jeu de "billard à trois bandes" qui fonctionne plutôt bien.
Clair et offensif.
On croit faire un mauvais rêve quand on compare les dépenses exorbitantes faites pour des événements d’importance secondaire – mais à titre démagogique –, et le fait qu’une fraction infime de cette somme permettrait à certaines familles de sortir d’un enfer inéluctable, qui condamne d’emblée l’avenir d’enfants totalement innocents.
― Alain Froment
La porte du cabinet de consultation s’ouvre. D’emblée, les premiers gestes du patient, avant même que la porte ne soit refermée, ont livré une bonne part des éléments du puzzle qui va se construire. Les mouvements de cet homme ou de cette femme ont déjà une syntaxe qui esquisse la grammaire des symptômes à délivrer. La marche jusqu’à son siège est une préface, un avertissement à l’observateur clinicien, sa cadence est celle du verbe à venir, les hésitations y auront une fréquence identique à celle des pas. L’empathie commence par les mots d’accueil du praticien, les invites à se mettre à l’aise, les mimes d’ouverture sur la scène des phrases… Justement, voilà les premiers mots qui arrivent, avant ou après que le praticien ne se soit assis. Avant : ils informent de leur insignifiance ou d’une certitude de leur faible apport dans le décryptage du cas. Pendant : il faudra y mettre de l’ordre, car le bruit des chaises est un prétexte à leur brouillon. Après : ils vont requérir plus d’attention, voire en exiger s’ils sont très tardifs.
― Luc Perino