Une brève histoire du médicament
Ouvrage accessible qui montre comment chaque époque a enrobé le médicament d'une couche de magie, de théorie, de technologie ou de culture.
Une histoire lucide et bien documentée qui risque de faire grincer quelques dents. Les médecins découvriront une facette de leur naïveté et les laboratoires pharmaceutiques verront leur cynisme méticuleusement décortiqué.
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La porte du cabinet de consultation s’ouvre. D’emblée, les premiers gestes du patient, avant même que la porte ne soit refermée, ont livré une bonne part des éléments du puzzle qui va se construire. Les mouvements de cet homme ou de cette femme ont déjà une syntaxe qui esquisse la grammaire des symptômes à délivrer. La marche jusqu’à son siège est une préface, un avertissement à l’observateur clinicien, sa cadence est celle du verbe à venir, les hésitations y auront une fréquence identique à celle des pas. L’empathie commence par les mots d’accueil du praticien, les invites à se mettre à l’aise, les mimes d’ouverture sur la scène des phrases… Justement, voilà les premiers mots qui arrivent, avant ou après que le praticien ne se soit assis. Avant : ils informent de leur insignifiance ou d’une certitude de leur faible apport dans le décryptage du cas. Pendant : il faudra y mettre de l’ordre, car le bruit des chaises est un prétexte à leur brouillon. Après : ils vont requérir plus d’attention, voire en exiger s’ils sont très tardifs.
― Luc Perino
Un regard qui écoute et un regard qui parle : l'expérience clinique représente un moment d'équilibre entre la parole et le spectacle. Equilibre précaire, car il repose sur un formidable postulat : que tout le visible est énonçable et qu'il est tout entier visible parce que tout entier énonçable.
― Michel Foucault