Une brève histoire du médicament
Ouvrage accessible qui montre comment chaque époque a enrobé le médicament d'une couche de magie, de théorie, de technologie ou de culture.
Une histoire lucide et bien documentée qui risque de faire grincer quelques dents. Les médecins découvriront une facette de leur naïveté et les laboratoires pharmaceutiques verront leur cynisme méticuleusement décortiqué.
La biomédecine a déplacé l’obsession diagnostique de plus en plus en amont dans le cours de la vie, chez des personnes ne présentant aucun symptôme. [...] L’obsession diagnostique et la technologie ont progressivement conduit la biomédecine à estimer que les signes paracliniques ont un potentiel de morbidité supérieur à celui des symptômes. Il devient ainsi licite de traquer ces signes paracliniques, le plus tôt possible, sans attendre des symptômes qui deviennent alors la preuve d’un retard diagnostique.
― Luc Perino
Les plus grands bénéficiaires de la vogue du freudisme sont les enseignants universitaires de psychiatrie et de psychologie. Faire de la recherche empirique de qualité dans le domaine des sciences humaines est une entreprise complexe et exigeante. Il est beaucoup plus facile d'accéder au titre de docteur ou d'agrégé en écrivant à partir de textes psychanalytiques. La lecture de Freud, Mélanie Klein ou Lacan remplace la patiente récolte de faits d'observation. La citation de ces auteurs remplace les recherches méthodiques et l'argumentation rationnelle. Si le thésard prévoit un jury composé de lacaniens, il peut jargonner sans se préoccuper du sens des mots. Une fois nommé, l'enseignant peut continuer à discourir et à publier sans le moins du monde se soucier du lien avec la réalité empirique et l'efficacité pratique - cette dernière préoccupation étant qualifiée de "technocratique", "néo-libérale" ou "néo-hygiéniste".
― Jacques Van Rillaer