À quoi sert vraiment un médecin ?
À lire le dr Perino, on comprend que la dictature du tout scientifique, les pressions commerciales et les dérives du consumérisme n'ont jamais rendu aussi essentielle la place, dans le système de soins, d'un clinicien qui doit être, plus que jamais, " l'homme orchestre des mots, des corps et des techniques. "
Le libéralisme moral encourage la rivalité et le mimétisme dans les domaines sociaux : droit de mourir, de procréer, d'adopter, avec pour principe d'être toujours dans l'escalade relationnelle pour être le plus libéral, de ne pas être débordé par plus "branché" que soi, par plus sensible à la victime exposée. Contrarier la "victime" (qui veut mourir, avoir un enfant, changer de sexe, etc.) est signe de régression, la soutenir est signe de progrès. Au fond, satisfaire la victime n'est pas le plus important : l'objet ou le sujet sont généralement instrumentalisés. Ce qui est important, c'est de s'être indigné, d'avoir agi et de pouvoir s'en gratifier devant les autres, fut-ce au prix de la vie de ceux-ci. L'idéal affiché compte moins que l'affichage masquant le sacrifice, indicible mais pourtant bien réel, de la personne décédée, de l'enfant conçu, adopté ou acheté.
― Marc Grassin et Frédéric Pochard
Le tourisme est devenu moins la découverte de l'autre, la relation physique avec la planète, qu'un trajet somnambulique guidé dans un monde
semi-fantôme de folklores et de monuments.
― Edgar Morin