À quoi sert vraiment un médecin ?
Luc Perino nous entraîne dans ses interrogations sur l'évolution de son métier. Comment faire profiter le patient des évolutions de la médecine tout en le protégeant de ses excès ? Comment arbitrer entre des options et des intérêts souvent contradictoires ? Sciences biomédicales, soin individuel et politiques de santé ne jouent pas la même partition.
Le laboratoire Untel, vient de me vanter les mérites de son dernier antidépresseur sérotoninergique. Il est merveilleux, il supprime les angoisses, il régularise le sommeil, il lisse les humeurs, il élimine le risque suicidaire, il évite la dépression, il supprime les idées noires. Le laboratoire Untel doit poursuivre ses recherches pour la suppression définitive du mal-être social. Encore un dernier effort et les nouveaux anti-dépresseurs élimineront l’élan vital, on pourra les prescrire sans interruption de la naissance à la mort, afin de dissimuler à nos gènes, le bref passage turbulent de nos phénotypes, entre leurs deux infinis.
― Luc Perino
L’immense succès commercial des antibiotiques a contaminé toute la pharmacologie avec une sémantique guerrière. Le préfixe « anti » est attribué à la plupart des classes thérapeutiques : antiallergiques, antispasmodiques, antimitotiques, anticoagulants, antiémétiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires ou antipsychotiques.
― Luc Perino