Les nouveaux paradoxes de la médecine
À l'heure du dépistage de masse des cancers, de plus en plus de patients se retrouvent médicalement guéris avant d'être cliniquement malades... Un paradoxe qui justifie une évolution de la terminologie, selon le médecin Luc Perino.
Nous pouvons dire qu'en matière biologique, c'est le pathos qui conditionne le logos parce qu'il l'appelle. C'est l'anormal qui suscite l'intérêt théorique pour le normal. Des normes ne sont reconnues pour telles que dans des infractions. Des fonctions ne sont révélées que par leurs ratées. La vie ne s'élève à la conscience et à la science d'elle-même que par l'inadaptation, l'échec et la douleur.
― Georges Canguilhem
Sous l’aspect social la biomédecine a progressivement supplanté tous les médiateurs de l’autorité des soignants : amulettes des gourous, incantations des chamans, latin des premières facultés, stéthoscope des carabins, charisme des praticiens, encyclopédisme des mandarins.
― Luc Perino