Le film : La consultation
A regarder défiler dans le cabinet du docteur Luc Perino ces femmes et ces hommes de tous âges avec leurs grands ou petits maux, on se dit qu’il faut beaucoup de psychologie pour faire ce métier et qu’il y a quelque chose d’anormal à retrouver les généralistes en bas de l’échelle des rémunérations des praticiens libéraux, tout cela parce que leurs actes relèvent de la "clinique" et non de la "technique".
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Les mots diagnostiques ont un poids plus élevé que les autres. En posant un objet-maladie sur un individu, le médecin déborde le cadre de la lésion organique ou du trouble fonctionnel. La portée sociale du mot posé peut avoir de grandes répercussions psychiques. Les mots de la biomédecine réassignent les positions sociales, professionnelles et familiales. Les médecins produisent plus d’angoisses par leurs mots qu’ils n’en peuvent soulager par leurs comprimés.
― Luc Perino
“ Hôpital ”. Ce lieu public est vécu comme une personne morale omnisciente. Le patronyme des médecins, internes ou infirmiers y exerçant n’est jamais mentionné, mais seulement le "on" anonyme. Ce "on", qui a été un instant le complice et le soutien moral, est évoqué avec respect. "On" m'a passé des radios. "On" m'a dit qu'il fallait l'avis d'un spécialiste. "On" m'a demandé si j'avais des antécédents. "On" m'a parlé d'un scanner. Bien sûr, nul ne saura jamais qui était ce “ on ”, quel était son grade, interne ou aide-soignante, son autorité, son savoir, ni ce qu'il a réellement dit, évoqué ou pensé tout haut. Peu importe ce "on" résidait à l'hôpital, ce "on" était l'hôpital lui-même.
Christiane ne sera désormais plus tout à fait la même, car elle a côtoyé ce “ on ” là.
― Luc Perino