La Sagesse du Médecin
"Le médecin généraliste doit aider à survivre entre les pièges de la nature et ceux du marché, il doit rendre aux patients la clé de leur corps trop souvent usurpée. Cette clé en d'autres temps avait un nom. On l'appelait le bon sens.", écrit Luc Perino.
Retrouvant son vieux Nikkormat au fond d'un tiroir, abandonné pour des appareils photos plus sophistiqués, métaphore de la pratique omnipraticienne d'hier, Luc Perino y observe avec tristesse et honte son "reflet de déserteur" : "J'ai abandonné ma pratique rurale [...] j'aurais dû choisir de mourir au combat."
Nous, on est content qu'il soit encore là...
Le temps est venu de retirer momentanément l'éthique des mains des philosophes pour la faire passer dans celles des biologistes.
― E.O. Willson en 1975
La biomédecine a déplacé l’obsession diagnostique de plus en plus en amont dans le cours de la vie, chez des personnes ne présentant aucun symptôme. [...] L’obsession diagnostique et la technologie ont progressivement conduit la biomédecine à estimer que les signes paracliniques ont un potentiel de morbidité supérieur à celui des symptômes. Il devient ainsi licite de traquer ces signes paracliniques, le plus tôt possible, sans attendre des symptômes qui deviennent alors la preuve d’un retard diagnostique.
― Luc Perino