À quoi sert vraiment un médecin ?
Partisan d’une approche globale du patient, blogueur influent et lecteur fidèle de « Prescrire », Luc Perino publie un nouvel essai. Au risque de heurter quelques idées reçues
À quoi sert vraiment un médecin ?
Un homme à la fois passionnant, facile d'accès et sachant mêler l'humour à ce sujet préoccupant.
À quoi sert vraiment un médecin ?
Luc Perino esquisse le portrait presque idéal d'un médecin moderne et affirmé, capable de "faire vivre la science clinique en contraignant le modèle dominant ". D'un médecin apte à éviter les pressions de tous bords, qu'elles viennent des patients, de l'industrie pharmaceutique, des politiques ou de l'idéologie sanitaire du moment.
Au médecin perdu parmi toutes ces injonctions et ces intérêts contradictoires, Luc Perino conseille de revenir sans arrêt à la clinique qui permet de faire le gros dos en attendant le triomphe de ce que l'auteur nomme la postclinique, capable de faire la jonction entre les biographies, la médecine et la biologie.
À quoi sert vraiment un médecin ?
Luc Perino nous entraîne dans ses interrogations sur l'évolution de son métier. Comment faire profiter le patient des évolutions de la médecine tout en le protégeant de ses excès ? Comment arbitrer entre des options et des intérêts souvent contradictoires ? Sciences biomédicales, soin individuel et politiques de santé ne jouent pas la même partition.
À quoi sert vraiment un médecin ?
L'auteur démontre que l'humanisme renforce la rigueur scientifique et inversement.
À quoi sert vraiment un médecin ?
À lire le dr Perino, on comprend que la dictature du tout scientifique, les pressions commerciales et les dérives du consumérisme n'ont jamais rendu aussi essentielle la place, dans le système de soins, d'un clinicien qui doit être, plus que jamais, " l'homme orchestre des mots, des corps et des techniques. "
À quoi sert vraiment un médecin ?
Après avoir rappelé que le monde médical n'échappe pas à la logique consumériste, l'auteur décrit une société - la nôtre - dont la médecine est malade. Un comble. Mais comment la guérir ?
Les pistes qu'il propose sont pleines de bon sens.
Alcmeon dit que la santé se maintient par les droits égaux (isonomia) des qualités, humide, sec, chaud, amer, sucré et autres, tandis que le règne exclusif (monarchia) parmi elles produit la maladie.
Les maladies arrivent, en ce qui concerne l'agent, à cause de l'excès du chaud ou du sec ; en ce qui concerne l'origine, à cause de l'excès ou du manque de nourriture ; en ce qui concerne le lieu, dans le sang, la moelle ou le cerveau. Il dit qu'elles naissent parfois aussi des causes externes, telles que les eaux, le lieu, les fatigues, l'angoisse ou les choses analogues. La santé, c'est le bon mélange.
― Alcméon de Crotone, vers - 500 avant JC
Le sens existentiel de mal peut sembler inhérent à la maladie, mais le patient ne pourra jamais imaginer qu'il a été suscité par des hommes dont certains croyaient bien faire, mais se plaçaient dans une attitude scientiste et simpliste aveugle à la réalité humaine
― Alain Froment