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Autisme et schizophrénie : empreinte parentale

dernière mise à jour le 14/03/2015

Abstract

Les troubles du spectre autistique et les psychoses majeures (schizophrénie, maladies bipolaire et dépression unipolaire) représentent les deux grands ensembles de troubles de la cognition humaine de l’affectivité et du comportement. Ils sont sous la dépendance de ce qu’il est convenu d’appeler le cerveau social. Ces pathologies résultent d’un trouble du développement et du fonctionnement de la cognition sociale.

De toute évidence, les traits phénotypiques de ces deux grands ensembles sont diamétralement opposés, nous allons ici nous concentrer sur la comparaison entre le phénotype de l’autisme et celui de la schizophrénie.

Dans chaque pathologie, les traits corrélés impliquent un mode de développement différent, contrainte initiale sur le développement dans l’autisme et prolifération puis ralentissement progressif dans la schizophrénie. Ces troubles présentent aussi des caractères diamétralement opposés pour le cerveau social, tels les aspects du regard, l’organisation locale et globale de la cognition sociale, le langage et le comportement. La cognition sociale est sous-développée dans le spectre autistique et hyper-développé dans le spectre psychotique.

Nous proposons et évaluons une nouvelle hypothèse qui peut aider à expliquer ces phénotypes diamétralement opposés : le développement de ces deux ensembles pathologiques est en partie médié par le phénomène de l’empreinte génomique parentale, c’est-à-dire l’expression différente de certains gènes selon qu’ils ont été hérités du père ou de la mère.

Les preuves génétiques, physiologiques, neurologiques, et les bases de la psychologie soutiennent l’hypothèse que les effets de ces deux déviations pathologiques dépendent de gènes soumis à empreinte parentale. L’empreinte maternelle orienterait plutôt vers une diminution de la cognition sociale et l’empreinte paternelle vers une augmentation.

Il y aurait donc bien une influence parentale sur ces deux pathologies, mais pas du tout telle que l’avaient imaginée les différentes écoles psychanalytiques.

Bibliographie

Crespi B, Badcock C.
Psychosis and autism as diametrical disorders of the social brain
Behavioral and brain sciences (2008) 31, 241–320.
DOI 10.1017/S0140525X08004214

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Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

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La phrase biomédicale aléatoire

Il apparaît que définir la physiologie comme la science des lois ou des constantes de la vie normale ne serait pas rigoureusement exact, pour deux raisons. D'abord parce que le concept de normal n'est pas un concept d'existence, susceptible en soi de mesure objective. Ensuite, parce que le pathologique doit être compris comme une espèce du normal, l'anormal n'étant pas ce qui n'est pas normal, mais ce qui est un autre normal. Cela ne veut pas dire que la physiologie n'est pas une science. Elle l'est authentiquement par sa recherche de constantes et d'invariants, par ses procédés métriques, par sa démarche analytique générale. Mais s'il est aisé de définir par sa méthode comment la physiologie est une science, il est moins aisé de définir par son objet de quoi elle est la science. La dirons-nous science des conditions de la santé ? Ce serait déjà, à notre avis, préférable à science des fonctions normales de la vie, puisque nous avons cru devoir distinguer l'état normal et la santé. Mais une difficulté subsiste. Quand on pense à l'objet d'une science, on pense à un objet stable, identique à soi. La matière et le mouvement, régis par l'inertie, donnent à cet égard toute garantie. Mais la vie ? N'est-elle pas évolution, variation de formes, invention de comportements ? Sa structure n'est-elle pas historique autant qu'histologique ? La physiologie pencherait alors vers l'histoire qui n'est pas, quoi qu'on fasse, science de la nature. Il est vrai qu'on peut n'être pas moins frappé du caractère de stabilité de la vie. Tout dépend en somme, pour définir la physiologie, de l'idée qu'on se fait de la santé.
― Georges Canguilhem

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