lucperino.com

Le cancer du col de l'utérus nous vient de Néandertal

dernière mise à jour le 27/01/2020

Il semble que c'est lors d'un rapport sexuel effectué au Proche-Orient qu'un Néandertalien aurait transmis le papillomavirus HPV16-A, le plus nocif, à un homme moderne.

C’est la conclusion d’une équipe franco-espagnole qui a fait une longue enquête virologique en remontant plusieurs centaines de milliers d'années en arrière pour reconstituer l'aventure du papillomavirus HPV16, dont le variant HPV16-A est le plus pathogène.

HPV16 est apparu dans la lignée humaine il y a plus de 400 000 ans, bien avant la séparation des lignées Néandertal et Sapiens.

En quittant le berceau africain, le groupe d’origine des Néandertaliens, a naturellement transporté avec lui le HPV16. Chez lui, ce virus aurait muté pour donner le variant HPV16-A, tandis que cette mutation n’a pas eu lieu chez nos ancêtres restés en Afrique. Ceci pourrait peut-être expliquer l'oncogénicité augmentée de ce mutant.

1 à 6% de nos gènes sont un héritage de Néandertal. Parmi eux, certains sont impliqués dans la différenciation de la peau et de la réponse immunitaire. Ces gènes néandertaliens au sein de notre génome pourraient expliquer pourquoi 1% des femmes sont incapables d'éliminer le virus et développent un cancer.

Preuve ultime. Le mutant HTV16-A est absent de l'Afrique subsaharienne, là où les hommes n'ont pas côtoyé les Néandertaliens.  

Bibliographie

Pimenoff VN, De Oliveira CM, Bravo IG
Transmission Between Archaic and Modern Human Ancestors During the Evolution of the Oncogenic Human Papillomavirus 16
Mol Biol Evol. 2017 Jan;34(1):4-19
DOI : 10.1093/molbev/msw214

Et pour aller plus loin

Si vous ne recevez pas toutes les humeurs médicales

 Abonnez-vous ici

Si vous vous êtes déjà abonné, vous le restez tant que vous ne demandez pas votre désisncription

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique. 

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.

Sexe / Genre / Appariement

• Appariement : les muscles du mâle humain. • Appariement : la pilule modifie le choix [...]

Vous aimerez aussi ces humeurs...

L'idiot utile - Un recensement annuel du nombre de personnes porteuses de cancers entre 1970 et 2020, n’a [...]

L'âge n'est pas un facteur de risque - Comme leur nom l’indique, les « facteurs de risque » sont les facteurs qui augmentent la [...]

Promotion des maladies - Belle création du CNR en 1945, la Sécurité Sociale a rempli honorablement son contrat [...]

Dépression de noël - Les pathologies varient selon les pays et les époques. Le terme de pathocénose désigne [...]

Violence médicamenteuse - Dans son dernier numéro, la revue « Prescrire » publie une synthèse internationale des [...]

Haut de page