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Urbanisation : lèpre et tuberculose.

dernière mise à jour le 15/09/2014

Un lien certain existe entre l’urbanisation et certaines maladies. Mais ce lien est difficile à affirmer dans la préhistoire.

S’il existe une augmentation de la mortalité par maladies de l’urbanisation, nous pouvons considérer l’augmentation de la résistance à ces maladies chez les populations à urbanisation très ancienne comme le résultat de la sélection naturelle.
Pour le vérifier, nous avons déterminé la fréquence d’un allèle (SLC11A1 1729 + 55del4) connu pour être associé à la résistance de pathogènes intracellulaires tels que les bacilles de la lèpre et de la tuberculose.

Nous avons trouvé une corrélation hautement significative entre la résistance à ces infections et la durée d’urbanisation des peuples. La significativité demeure forte même après correction des auto-corrélations de fréquence dues au brassage des populations.

Il apparaît aussi que l’urbanisation a provoqué une augmentation notable de la mortalité et que la santé et la génétique des populations humaines sont largement déterminées par la densité démographique.

Bibliographie

I. Barnes, A. Duda, O. Pybus, M.G. Thomas.
Ancient urbanization predicts genetic resistance to tuberculosis.
Evolution
DOI : 10.1111/j.1558-5646.2010.01132.x

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

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La phrase biomédicale aléatoire

A l'aide des sciences expérimentales actives, l'homme devient un inventeur de phénomènes, un véritable contremaître de la création; et l'on ne saurait, sous ce rapport, assigner de limites à la puissance qu'il peut acquérir sur la nature, par les progrès futurs des sciences expérimentales. Maintenant reste la question de savoir si la médecine doit demeurer une science d'observation ou devenir une science expérimentale. Sans doute la médecine doit commencer par être une simple observation clinique. Ensuite, comme l'organisme forme par lui-même une unité harmonique, un petit monde (microcosme) contenu dans le grand monde (macrocosme), on a pu soutenir que la vie était indivisible et qu'on devait se borner à observer les phénomènes que nous offrent dans leur ensemble les organismes vivants sains et malades, et se contenter de raisonner sur les faits observés. Mais si l'on admet qu'il faille ainsi se limiter, et si l'on pose en principe que la médecine n'est qu'une science passive d'observation, le médecin ne devra pas plus toucher au corps humain que l'astronome ne touche aux planètes. Dès lors l'anatomie normale ou pathologique, les vivisections, appliquées à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique, tout cela est complètement inutile. La médecine ainsi conçue ne peut conduire qu'à l'expectation et à des prescriptions hygiéniques plus ou moins utiles; mais c'est la négation d'une médecine active, c'est-à-dire d'une thérapeutique scientifique et réelle.
― Claude Bernard

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