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Le cerveau détecte la maladie des autres

dernière mise à jour le 14/01/2025

Le cerveau détecte la maladie chez les autres avant même qu'elle n'éclate

 

Résumé

Selon une nouvelle étude, le cerveau humain est bien plus efficace qu’on ne le pensait pour détecter et éviter les maladies. Notre vue et notre odorat suffisent à nous faire savoir qu’une personne est atteinte d’une maladie avant même qu’elle ne se déclare. Et non seulement nous en sommes conscients, mais nous agissons également en conséquence et évitons les personnes malades.

Le système immunitaire humain est efficace pour combattre la maladie, mais comme il nécessite une grande dépense énergétique, l’évitement de la maladie devrait faire partie de notre instinct de survie. C’est bien le cas : le cerveau humain est plus efficace qu’on ne le pensait pour détecter les maladies à un stade précoce chez les autres. De plus, nous avons également tendance à réagir aux signaux en aimant moins les personnes infectées que les personnes en bonne santé.

L'étude nous montre que le cerveau humain est en fait très doué pour découvrir cela et que cette découverte motive un comportement d'évitement.

En injectant des fragments inoffensifs de bactéries, les chercheurs ont activé la réponse immunitaire des participants, qui ont développé les symptômes classiques de la maladie – fatigue, douleur et fièvre – pendant quelques heures, pendant lesquelles des échantillons d'odeurs ont été prélevés et ils ont été photographiés et filmés. La substance injectée a ensuite disparu de leur corps et avec elle les symptômes.

Un autre groupe de participants a ensuite été exposé à ces odeurs et images ainsi qu'à celles de témoins sains, et on leur a demandé d'évaluer dans quelle mesure ils aimaient les personnes, tandis que leurs activités cérébrales étaient mesurées dans un scanner IRM.

On leur a ensuite demandé d’indiquer, simplement en regardant les photographies, lesquels des participants avaient l’air malades, lesquels ils considéraient comme attirants et avec lesquels ils pourraient envisager de socialiser.

L’étude montre une différence significative dans la manière dont les gens ont tendance à préférer et à être plus disposés à socialiser avec des personnes en bonne santé qu'avec des personnes malades dont nous avons activé artificiellement le système immunitaire. Nous pouvons également constater que le cerveau est doué pour additionner les signaux faibles provenant de plusieurs sens relatifs à l'état de santé d'une personne.

Il faut y voir une confirmation biologique de l’argument selon lequel la survie implique naturellement d’éviter l’infection.

Le bon sens nous dit qu’il devrait exister un répertoire comportemental de base qui aide le système immunitaire. Cependant, l’évitement ne s’applique pas nécessairement si vous avez une relation étroite avec la personne malade. Par exemple, il y a peu de personnes autres que vos enfants que vous embrasseriez lorsqu’ils ont le nez qui coule. En d’autres termes, un signal de maladie peut renforcer le comportement attentionné dans les relations proches. Cette étude  démontre que le cerveau est plus sensible à ces signaux qu’on ne le pensait auparavant.

 

 

 

Bibliographie

Regenbogen C, Axelsson J, Lasselin J, Porada DK, Sundelin T, Peter MG, Lekander M, Lundström JN, Olsson MJ
Behavioral and neural correlates to multisensory detection of sick humans
Proc Natl Acad Sci U S A 2017 Jun 13 114 24 6400 6405
DOI : 10.1073/pnas.1617357114

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