humeur du 02/11/2025

L’étude de l’ADN des poux permet de dater les premiers vêtements vers -170 000 ans, suivis de peu par les sandales et couvre-chefs. Premières barrières mises en place par Homo sapiens pour se protéger des aspérités du sol et de la végétation.
Pour protéger la rétine du soleil, les contractions de l’iris et des paupières suffisaient. Cependant, il y a environ 5000 ans, les Inuits ont inventé des lunettes en plaque d’os fendues pour éviter l’ophtalmie des neiges. Les premières lunettes de soleil en verre fumé apparaissent au XVIII° siècle avant de se généraliser au XX° essentiellement comme parures et voiles du regard, offrant souvent peu de protection à la rétine, tout en biaisant l’apparence de la faune, de la flore et du ciel.
Comme il fallait garder les mains libres et souples pour la chasse et les travaux, les gants sont arrivés plus tard, également comme parure et signe d’oisiveté, donc de rang social élevé.
Divers masques ont été utilisés soit pour cacher son identité lors des carnavals ou pour dissimuler le visage des femmes aux prédateurs mâles. Puis, le port de masque s’est ensuite généralisé pour ralentir la propagation des viroses saisonnières ou épidémiques.
Plus récemment, les crèmes-écran se sont répandues dans les populations à peau claire pour protéger des rayons ultra-violets responsables de certains cancers cutanés.
Aujourd’hui, un nombre considérable d’êtres humains passe un bonne partie de la journée à ne pas respirer d’air, mais des fumées de cigarettes, de vapoteuses, de parfums, ou de déodorants.
Le préservatif masculin, longtemps utilisé comme moyen de contraception, est devenu d’usage quasi-systématique après l’apparition du SIDA.
Un nombre croissant d’individus maquillent la réalité avec des drogues psychotropes et psychédéliques dont ils ignorent aussi la réalité.
Ce rapide inventaire permet d’affirmer que l’être humain a multiplié les barrières entre lui et son environnement ainsi qu’entre les individus de son espèce.
J’ignore jusqu’où peut aller ce cloisonnement, mais j’ai la certitude qu’il est loin d’être achevé. Les documentaires animaliers et les animaux domestiques deviendront bientôt notre seule approche déjà tronquée de la nature. Après la disparition du contact intime entre nos muqueuses sexuelles, il ne reste qu’un faible pas à franchir pour n’avoir que des relations virtuelles sur les réseaux sociaux. Les masques de réalité virtuelle supplanteront les masques précités aux usages variés et contestables. Les vérités sur l’environnement seront encore plus opacifiées par de nouveaux écrans et de nouvelles publicités.
Un dirigeant qui interdirait les crèmes-écran ou les préservatifs serait criminel, un élu qui interdirait le vapotage ou les déodorants serait suicidaire, un autre qui interdirait les drogues et les divers masques serait assassiné.
Il ne reste plus qu’à savoir si Homo sapiens a recouvert son sexe d’habits, seulement à cause du froid ou pour d’autres raisons.
Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique.
Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.
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La médecine est à la mode parmi nous. C'est l'amusement des gens oisifs et désoeuvrés, qui, ne sachant que faire de leur temps, le passent à se conserver. S'ils avaient le malheur de naître immortels, ils seraient les plus misérables des êtres : une vie qu'ils n'auraient jamais peur de perdre ne serait pour eux d'aucun prix. Il faut à ces gens-là des médecins qui les menacent pour les flatter, et qui leur donnent chaque jour le seul plaisir dont ils soient susceptibles, celui de n'être pas morts.
― Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)