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Livres pour les patients

Trop soigner rend malade

Jean-Pierre Thierry et Claude Rambaud ▪ Albin Michel, 2016

Ce livre ne s'embarrase ni de philosophie, ni de sociologie, ni de politique, il se contente de donner des chiffres et ces derniers sont effarants.

Les abaissements de seuils pour l'hypertension, le sucre, le cholestérol, la créatinine ou l'IMC ont contribué à créer des épidémies de maladies inexistantes. Des centaines de millions de personnes sont soignées, alors qu'elles n'en ont pas besoin. Ces soins contribuent à dégrader objectivement la santé, et ils sont la permière cause de diminution de l'espérance de vie après 70 ans.

Le dépistage des cancers n'apporte aucun bénéfice en termes de santé publique et ne modifie pas la mortalité toutes causes confondues. Cela est valable tant pour le dépistage du cancer du sein que de celui du côlon. Quant au dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA, il est déconseillé par toutes les autorités depuis plus de 20 ans, mais nombre de médecins le pratiquent encore sous la pression du lobby des urologues. 

Les accident médicaux sont la troisième cause de mortalité dans les pays de l'OCDE, et de manière surprenante les gouvernements n'y attachent aucun importance, aolors qu'ils ont fait de gros efforts pour diminuer avec succès les accidents de la route et du travail. Pourquoi la médecine bénéficie-t-elle d'une telle immunité ?

Enfin les auteurs terminent en évoquant longuement le drame des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Cette antibiorésistance est un problème plus urgent et plus dramatique que celui du changement climatique. 

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La phrase biomédicale aléatoire

Si aujourd'hui la connaissance de la maladie par le médecin peut prévenir l'expérience de la maladie par le malade, c'est parce que autrefois la seconde a suscité, a appelé la première. C'est donc bien toujours en droit, sinon actuellement en fait, parce qu'il y a des hommes qui se sentent malades qu'il y a une médecine, et non parce qu'il y a des médecins que les hommes apprennent d'eux leurs maladies. L'évolution historique des rapports entre le médecin et le malade, dans la consultation clinique, ne change rien au rapport normal permanent du malade et de la maladie.
― Georges Canguilhem

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