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Livres pour les patients

Médecine en danger. Qui pour nous soigner demain?

Jean Christophe Seznec, Stéphanie Rohant ▪ First 2016

Risque juridique, hypertrophie de l'administration, insuffisance des honoraires, désorganisation des soins et des urgences, sont autant de plaintes que ressassent les médecins et leur syndicats.

Ce livre tire un signal d'alarme sur les nouvelles entraves à la bonne relation médecin-patient. Cette relation est clairement devenue une relation administartive et de consommation.

De plus en plus de médecins harcelés par l'administration, par leurs patients et par de multiples injonctions paradoxales sont en burn out et dévissent leur plaque pour choisir un emploi salarié ou un autre métier.

Il faut le dire, même les cabinets les plus enviés que les médecins payaient, il y a trente ans, pour avoir le droit d'y travailler ne trouvent plus repreneur aujourd'hui. Les déserts médicaux ne concernent pas que les campagnes, mais aussi le coeur des grandes villes. Malgé toutes les belles intentions des ministères et les flagorneries de l'Université, la médecine générale se meure. Les patients en sont les premeières victimes.

Il faut cependant dire que les responsables de cette dérive sont tous les acteurs du soin, patients eux-mêmes, Université, administrations, ministère, mais aussi les médecins dont la pratique a changé en suivant les évolutions de la société. Nous reprocherons simplement aux auteurs d'avoir été peut-être un peu trop discrets sur ce dernier point.

L'ensemble mérite cependant d'être lu avec attention, car les constats sont stupéfiants et les assertions incontestables. À déconseiller aux pessimistes !

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La phrase biomédicale aléatoire

Il apparaît que définir la physiologie comme la science des lois ou des constantes de la vie normale ne serait pas rigoureusement exact, pour deux raisons. D'abord parce que le concept de normal n'est pas un concept d'existence, susceptible en soi de mesure objective. Ensuite, parce que le pathologique doit être compris comme une espèce du normal, l'anormal n'étant pas ce qui n'est pas normal, mais ce qui est un autre normal. Cela ne veut pas dire que la physiologie n'est pas une science. Elle l'est authentiquement par sa recherche de constantes et d'invariants, par ses procédés métriques, par sa démarche analytique générale. Mais s'il est aisé de définir par sa méthode comment la physiologie est une science, il est moins aisé de définir par son objet de quoi elle est la science. La dirons-nous science des conditions de la santé ? Ce serait déjà, à notre avis, préférable à science des fonctions normales de la vie, puisque nous avons cru devoir distinguer l'état normal et la santé. Mais une difficulté subsiste. Quand on pense à l'objet d'une science, on pense à un objet stable, identique à soi. La matière et le mouvement, régis par l'inertie, donnent à cet égard toute garantie. Mais la vie ? N'est-elle pas évolution, variation de formes, invention de comportements ? Sa structure n'est-elle pas historique autant qu'histologique ? La physiologie pencherait alors vers l'histoire qui n'est pas, quoi qu'on fasse, science de la nature. Il est vrai qu'on peut n'être pas moins frappé du caractère de stabilité de la vie. Tout dépend en somme, pour définir la physiologie, de l'idée qu'on se fait de la santé.
― Georges Canguilhem

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