Patients zéro - Histoires inversées de la médecine
Certes, la «découverte» (l’identification d’une maladie, l’invention d’un vaccin…) est souvent due au génie du chercheur, du médecin en l’occurrence. Luc Perino est médecin, diplômé de médecine tropicale et d’épidémiologie, mais il regarde l’histoire de sa discipline, ses progrès, ses excès parfois, comme les historiens qualifiés de «nouveaux» (pour donner une idée : Alain Corbin, Arlette Farge, Carlo Ginzburg, Edward P. Thomson, Eric Hobsbawm…), ont regardé les événements sociaux et culturels : par le bas, du point de vue des petites gens, des menus faits quotidiens, et non des rois ou des généraux : soit, ici, du point de vue des patients, plutôt que de celui des savants ou des sommités médicales.
L’organisation des systèmes vivants n’est pas une organisation statique…mais un processus de
désorganisation permanente suivie de réorganisation.
La mort du système fait partie de la vie, non pas seulement sous la forme d’une potentialité dialectique, mais comme une partie intrinsèque de son fonctionnement et de son évolution; sans perturbation, sans désorganisation, pas de réorganisation adaptatrice au nouveau. Sans processus de mort contrôlée, pas de processus de vie.
― Henri ATLAN
Le libéralisme contemporain est économique et moral. Dans le domaine économique (libéralisme de droite), la logique est de faire gagner les gagnants, en assistant les perdants, juste assez pour qu’ils restent consommateurs, et, dans le domaine moral (libéralisme de gauche), de faire gagner les perdants, ou les « victimes » en leur donnant plus de droits et en les affranchissant des règles morales considérées a priori comme forcément répressives.
― Marc Grassin et Frédéric Pochard