dernière mise à jour le 08/03/2016
Devant le problème grandissant de l’antibiorésistance, le ministère de la santé britannique vient de missionner 24 chercheurs des secteurs privés et publics pour réaliser une revue des recherches actuelles sur les traitements alternatifs aux antibiotiques dans les pathologies infectieuses. En effet, l’augmentation des résistances microbiennes coïncide dangereusement avec un désintérêt pour la recherche de nouvelles molécules.
Ces spécialistes ont identifié 19 pistes thérapeutiques alternatives parmi lesquelles les plus avancées sont les anticorps, les probiotiques et les vaccins. Ce sont en réalité des traitements préventifs ou associés aux antibiotiques classiques, sans pouvoir encore prétendre les remplacer.
Examinons cette liste par ordre de progrès de la recherche
Il faut beaucoup de moyens financiers pour faire avancer ces recherches. Mais il s’agit d’un enjeu international. Les auteurs soulignent que cela coûterait tout de même dix fois moins cher que le grand collisionneur de hadrons et cent fois moins que la station spatiale internationale. C’est un argument recevable !
Czaplewski L, Bax R, Clokie M, Dawson M, Fairhead H, Fischetti VA, Foster S, Gilmore BF, Hancock RE, Harper D, Henderson IR, Hilpert K, Jones BV, Kadioglu A, Knowles D, Shaunak S, Silverman J, Rex JH
Alternatives to antibiotics-a pipeline portfolio review
Lancet Infect Dis. 2016 Feb;16(2):239-51
DOI : 10.1016/S1473-3099(15)00466-1
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A l'aide des sciences expérimentales actives, l'homme devient un inventeur de phénomènes, un véritable contremaître de la création; et l'on ne saurait, sous ce rapport, assigner de limites à la puissance qu'il peut acquérir sur la nature, par les progrès futurs des sciences expérimentales.
Maintenant reste la question de savoir si la médecine doit demeurer une science d'observation ou devenir une science expérimentale. Sans doute la médecine doit commencer par être une simple observation clinique. Ensuite, comme l'organisme forme par lui-même une unité harmonique, un petit monde (microcosme) contenu dans le grand monde (macrocosme), on a pu soutenir que la vie était indivisible et qu'on devait se borner à observer les phénomènes que nous offrent dans leur ensemble les organismes vivants sains et malades, et se contenter de raisonner sur les faits observés. Mais si l'on admet qu'il faille ainsi se limiter, et si l'on pose en principe que la médecine n'est qu'une science passive d'observation, le médecin ne devra pas plus toucher au corps humain que l'astronome ne touche aux planètes. Dès lors l'anatomie normale ou pathologique, les vivisections, appliquées à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique, tout cela est complètement inutile. La médecine ainsi conçue ne peut conduire qu'à l'expectation et à des prescriptions hygiéniques plus ou moins utiles; mais c'est la négation d'une médecine active, c'est-à-dire d'une thérapeutique scientifique et réelle.
― Claude Bernard