dernière mise à jour le 17/01/2017
Abstract
Les hormones stéroïdes d'origine gonadique agissent sur le cerveau néonatal pour produire des différences sexuelles qui sous-tendent la physiologie reproductive et le comportement des adultes. Les différences sexuelles neuronales se produisent à divers niveaux, y compris dans le volume régional et/ou le nombre de cellules, la morphologie, la physiologie, la signalisation moléculaire et l'expression des gènes. Chez les rongeurs, nombre de ces différences sexuelles sont déterminées par les hormones stéroïdes, en particulier l'œstradiol, et sont confirmées par divers effets en aval. Une région du cerveau qui est potentiellement influencée par l'œstradiol est la région préoptique (POA), une région impliquée de façon critique dans de nombreux comportements qui montrent des différences sexuelles, y compris les comportements copulatoires et maternels. Cet examen se concentre sur la POA comme une étude de cas illustrant la profondeur et l'ampleur de nos connaissances ainsi que les lacunes dans la compréhension des mécanismes par lesquels les hormones gonadiques produisent durablement des différences sexuelles sur les neurones et le comportement. Dans la POA, de multiples types de cellules, dont les neurones, les astrocytes et la microglie, sont masculinisés par l'estradiol. Plusieurs médiateurs moléculaires en aval sont impliqués, dont les prostaglandines, divers récepteurs de glutamate, la protéine kinase A et plusieurs molécules de signalisation immunitaire. De plus, de nouvelles données indiquent que des mécanismes épigénétiques durant la période périnatale maintiennent des différences sexuelles dans la POA induisant des changements de comportement permanents. Des stratégies émergentes permettent de mieux élucider les mécanismes par lesquels la génétique et l'épigénétique contribuent aux différences cérébrales et comportementales entre les sexes.
Conclusion
Les différences sexuelles dans le cerveau résultent d'une interaction complexe des hormones stéroïdes synthétisées à la fois par les gonades et le cerveau, les effets chromosomiques sexuels et ceux de l'environnement de l'ontogenèse se poursuivent tout au long de la vie. La POA montre des différences sexuelles dans divers paramètres morphologiques et physiologiques, ce qui en fait une région idéale pour les études des mécanismes de la différenciation sexuelle du cerveau et des comportements. Même si nous connaissons bien les différences sexuelles de la POA et d'autres régions du cerveau, ces régions sexuellement différenciées restent isolées et nous manquons encore d'un niveau d’intégration pour comprendre comment plusieurs régions cérébrales et/ou types de cellules sexuellement différenciées influencent mutuellement leur développement.
L'avenir de la recherche sur les différences entre les sexes sera enrichi de techniques épigénétiques qui permettent d'établir des connexions directes et de poser des questions plus complexes sur les interactions entre hormones, gènes et environnement dans l'établissement et le maintien du dimorphisme sexuel du cerveau.
Lenz KM, Nugent BM, Mccarthy MM
Sexual differentiation of the rodent brain : dogma and beyond
Front Neurosci. 2012 Feb 21;6:26
DOI : 10.3389/fnins.2012.00026
Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique.
Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.
Stratification sociale et hypergynie, vers une compréhension de la préférence homosexuelle mâle. - La préférence homosexuelle chez les hommes remet en question la pensée évolutionniste parce que [...]
Rapport entre homicides et taille des groupes sociaux - Un magnifique article de Dunbar : Gérer le stress de la vie en groupe lors de la transition vers [...]
Nos mâchoires sont trop petites - Nous possédons dans nos bouches l'héritage de notre évolution. Nous ne réalisons pas vraiment [...]
Origines de l’obésité chez les primates au Miocène. - Abstract Les êtres humains ont un double handicap. Ils sont [...]
Cholestyramine contre antibiorésistance - L'un des principaux défis de la gestion des antibiotiques est de déterminer comment utiliser les [...]
EBM et maladies chroniques - « EBM » est le sigle de « evidence based medicine » ou « médecine basée sur les [...]
Projet d’honnêteté médicale - Le « Medical Evidence Project » est une initiative américaine qui projette de débarrasser [...]
Dépakine et les générations futures - Le scandale médicamenteux de la dépakine révèle une nouvelle évidence dans la philosophie du [...]
Grossièreté neuroleptique - Les quatre domaines du soin sont la chirurgie, l’obstétrique, la médecine et la [...]
Les maladies ont un genre - En dehors des maladies liées à un organe sexuel (sein, prostate, ovaire, [...]
Rien n'est nécessaire ou "normal" en biologie, tout est contingent et tout dérive par évolution d'un état primitif.
― Joan Roughgarden