lucperino.com

Phénotypes de groupe des cellules cancéreuses

dernière mise à jour le 13/01/2025

Bien que les cellules cancéreuses individuelles soient généralement considérées comme les unités darwiniennes de sélection dans les populations malignes, elles agissent fréquemment en tant que membres de groupes où l'aptitude du groupe ne peut être réduite à l'aptitude moyenne des membres individuels du groupe. Un nombre croissant d'études révèle les limites des approches réductionnistes pour expliquer les observations biologiques et cliniques. Par exemple, l'induction de l'angiogenèse, l'inhibition du système immunitaire et l'ingénierie de niche par l'acidification environnementale et/ou le remodelage de la matrice extracellulaire ne peuvent pas être réalisées par des cellules tumorales individuelles et nécessitent des actions collectives de groupes de cellules. Le succès ou l'échec de ces activités de groupe dépend de la composition phénotypique des membres individuels du groupe. Inversement, ces activités de groupe affectent l'aptitude des membres individuels du groupe, affectant en fin de compte la composition du groupe. Ce phénomène, où la composition phénotypique des membres individuels du groupe a un impact sur l'aptitude des membres et des groupes, a été capturé dans le terme « composition phénotypique de groupe » (GPC). Nous fournissons des exemples où les considérations du GPC pourraient aider à comprendre l’évolution et la progression clinique des cancers et soutenons que l’utilisation du cadre du GPC peut faciliter de nouvelles connaissances sur la biologie du cancer et aider au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

 

 

 

Bibliographie

Capp JP, DeGregori J, Nedelcu AM, Dujon AM, Boutry J, Pujol P, Alix-Panabières C, Hamede R, Roche B, Ujvari B, Marusyk A, Gatenby R, Thomas F
Group phenotypic composition in cancer
Elife. 2021 Mar 30;10:e63518
DOI : 10.7554/eLife.63518

Et pour aller plus loin

Si vous n'êtes pas abonné

 C'est ici

INUTILE si vous vous êtes déjà abonné, car vous le restez tant que vous ne demandez pas votre désisncription

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.

Vous aimerez aussi...

Comment le fromage, le blé et l'alcool ont façonné l'homme - Au fil du temps, l'alimentation entraîne des changements spectaculaires dans notre anatomie, notre [...]

Comment l'homme est devenu le singe le plus froid - Le singe le plus froid : comment les humains ont développé une capacité de refroidissement [...]

Autisme et schizophrénie : empreinte parentale - Abstract Les troubles du spectre autistique et les psychoses majeures (schizophrénie, maladies [...]

Perturbateurs endocriniens : une menace devenue réelle -   Perturbateurs endocriniens : un nouveau problème de santé publique   Il est largement [...]

La morale innée - Une équipe de chercheurs a observé un petit garçon d'un an faire justice lui-même. Il venait [...]

La phrase biomédicale aléatoire

Il apparaît que définir la physiologie comme la science des lois ou des constantes de la vie normale ne serait pas rigoureusement exact, pour deux raisons. D'abord parce que le concept de normal n'est pas un concept d'existence, susceptible en soi de mesure objective. Ensuite, parce que le pathologique doit être compris comme une espèce du normal, l'anormal n'étant pas ce qui n'est pas normal, mais ce qui est un autre normal. Cela ne veut pas dire que la physiologie n'est pas une science. Elle l'est authentiquement par sa recherche de constantes et d'invariants, par ses procédés métriques, par sa démarche analytique générale. Mais s'il est aisé de définir par sa méthode comment la physiologie est une science, il est moins aisé de définir par son objet de quoi elle est la science. La dirons-nous science des conditions de la santé ? Ce serait déjà, à notre avis, préférable à science des fonctions normales de la vie, puisque nous avons cru devoir distinguer l'état normal et la santé. Mais une difficulté subsiste. Quand on pense à l'objet d'une science, on pense à un objet stable, identique à soi. La matière et le mouvement, régis par l'inertie, donnent à cet égard toute garantie. Mais la vie ? N'est-elle pas évolution, variation de formes, invention de comportements ? Sa structure n'est-elle pas historique autant qu'histologique ? La physiologie pencherait alors vers l'histoire qui n'est pas, quoi qu'on fasse, science de la nature. Il est vrai qu'on peut n'être pas moins frappé du caractère de stabilité de la vie. Tout dépend en somme, pour définir la physiologie, de l'idée qu'on se fait de la santé.
― Georges Canguilhem

Haut de page