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Convulsions fébriles du nourrisson

dernière mise à jour le 05/03/2026

I/ Les mots et les faits

  • Critères de la crise convulsive fébrile simple du nourrisson
    • Durée de moins de 15 minutes (50% durent moins de 5 minutes)
    • Une seule fois en 24 heures
    • Lors d’une poussée de fièvre (souvent rapide et supérieure à 39°)
    • Sans antécédents de convulsion non-fébrile
  • Elles surviennent chez 3% des enfants
  • Elles surviennent presque toujours entre 6 mois et trois ans

 

II/ Combattre les idées reçues

  • Ces crises sont très impressionnantes pour les parents, mais elles ne présentent aucun danger
  • Il ne faut pas confondre crise convulsive fébrile et épilepsie
  • Épilepsie et convulsion ne sont pas synonymes
  • L’épilepsie est un mot qui désigne plusieurs maladies (hors de notre sujet)
  • Une convulsion est un symptôme qui peut survenir en dehors de toute épilepsie
  • Lorsque le diagnostic de convulsion fébrile est certain, les examens complémentaires suivants sont inutiles, car ils sont toujours négatifs :
    • Électroencéphalogramme
    • IRM
    • Analyse biologique
  • Il ne faut pas les confondre avec les grands frissons où il n’y a pas de perte de connaissance.
  • Les bains d’eau fraiche sont déconseillés
  • La meilleure façon de faire baisser la fièvre est de dévêtir l’enfant et de le tamponner avec des linges mouillés d’eau tiède. Tous les autres procédés sont inconfortables pour l’enfant et le font pleurer, aggravant ainsi l’inquiétude des parents.

 

III/ Les idées forces

  • Une convulsion fébrile se déroule en trois phases
    • Une phase tonique de quelques dizaines de secondes
    • Une phase clonique de moins de 5 minutes (secousses au niveau des membres, parfois du visage)
    • Une phase de reprise de la conscience avec respiration bruyante
  • Il y a une perte de conscience pendant la crise
  • L’état de santé n’est pas modifié après la crise
  • Il n’a pas d’augmentation de la mortalité des enfants ayant eu ces crises
  • Il n’y a aucune séquelle neurologique chez les enfants et les adultes qu’ils deviendront
  • Il y a cependant un risque de récidive d’environ 30%
    • Si la première crise est survenue avant l’âge de quinze mois
    • Si la température était inférieure à 38.5° lors de la première crise
    • S’il y a des antécédents familiaux de convulsions ou d’épilepsie (le risque est multiplié par deux, si les deux parents ont eu des convulsions fébriles dans l’enfance)

  

IV/ Espace d'éducation et de progrès

  • Certains substances peuvent provoquer des convulsions
    • Camphre
    • Eucalyptol
    • Menthol
    • Certains médicaments utilisés contre le rhume. (Il ne faut rien donner à un enfant enrhummé, sauf des gouttes nasales de sérum physiologique)
  • C’est l’occasion de rappeler qu’il ne faut donner aucun médicament, même supposé « naturel » ou « anodin » à un nourrisson fébrile, à l’exception du paracétamol pour faire baisser la fièvre après la crise.
  • Les bons gestes et la bonne conduite à tenir
    • Ne pas secouer l’enfant et éviter tous les traumatismes
    • Le maintenir couché sur le côté en restant auprès de lui
    • Ne pas essayer de lui ouvrir la bouche
    • Le rafraîchir éventuellement comme déjà indiqué (mais il est préférable d’attendre la fin de la crise)
  • Si la crise dure plus de cinq minutes, il faut administrer du diazepam par voie rectale ou du midazolam liquide sur la langue. (Les parents doivent être éduqués pour cela après une première crise)
  • Voici les cas où l’on doit impérativement appeler le SAMU
    • Si le nourrisson a moins de 6 mois, surtout s’il n’est pas allaité par sa mère
    • Si la crise dure plus de 15 minutes
    • S’il y a une récidive dans les 24 heures
    • Si la crise survient après l’âge de quatre ans
    • Et dans les cas très rares de crises dites « complexes » où il n’y a pas de perte de connaissance et où les convulsions n’affectent qu’une partie du corps

 

V/ Radio trottoir des erreurs quotidiennes

  • On m’a dit de lui mettre une cuiller dans a bouche pour qu’il ne se morde pas la langue. (Non, on fait parfois cela chez les adultes épileptiques, mais jamais chez les nourrissons)
  • Je ne lui donne que des produits naturels dès qu’il est un peu enrhumé. (Non, il ne faut rien donner, car plusieurs produits dits « naturels » comme le camphre, le menthol ou l’eucalyptol peuvent favoriser les convulsions)
  • J’ai peur qu’il devienne épileptique, car il a fait deux crises convulsives. (Non, les récidives sont assez fréquentes, mais s’il s’agit bien de convulsions fébriles, le risque d’épilepsie est absolument nul.)

Bibliographie

Assurance Maladie
Convulsions fébriles de l'enfant
https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/bebe-enfant/convulsions-febriles-enfant

Prescrire rédaction
Crise convulsive fébrile simple chez un enfant
La Revie Prescrire, décembre 2025, T 45, N° 506, 928-32

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La phrase biomédicale aléatoire

L’âge n’a jamais été un facteur de risque et ne le sera jamais, sauf à changer radicalement la signification profonde du terme lui-même.[... ] Dire qu’il n’existerait aucun facteur de risque sans l’écoulement du temps apparaît comme une tautologie. Mais considérer le temps comme un facteur de risque apparaît comme une stupidité. C’est pourtant dans cette stupidité que baignent négligemment nombre de médecins, épidémiologistes ou commentateurs qui affirment que l’âge est un facteur de risque pour telle ou telle maladie. Non, l’âge n’est le facteur de risque d’aucune maladie, il est le révélateur de tous les facteurs de risque. Non, l’âge et le temps ne peuvent logiquement pas être des facteurs de risque par eux-mêmes ; ils sont simplement la condition de leur définition et de leur existence.
― Luc Perino

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