humeur du 16/03/2026

Les migrations sont assurément la plus emblématique des spécificités de notre genre. Homo erectus avait déjà conquis les ¾ de la planète. Et Homo sapiens en a exploré toutes les parcelles, longtemps avant les premiers moyens efficaces de transports. Il est admis que l’île de Pâques fut son ultime conquête, vers l’an mille, à l’aide de rames et de vent.
Les migrations étant donc largement plus anciennes que le langage, que les outils ou les rites funéraires, il serait plus difficile d’en priver notre espèce que de l’empêcher de parler ou de chasser. D’autant que cette capacité exploratoire et ce besoin migratoire se révèlent indépendants de tout processus adaptatif, contrairement aux anguilles ou à certains oiseaux qui migrent exclusivement pour leur processus de reproduction.
Lorsque des populations humaines, pensant avoir atteint le Graal ou le nirvana, se sont trop longtemps sédentarisées ou isolées sur des îles, ce choix leur a été souvent néfaste sous l’effet de la consanguinité. Les migrations sont donc à la fois un invariant culturel et un impératif biologique.
La conquête du cheval, et les moyens de transports plus modernes ont accéléré les migrations et amplifié les brassages génétiques pour le plus grand bonheur de l’évolution qui a horreur de l’uniformité, de la conformité et de l’unanimité.
Le mot sédentarisation, utilisé pour qualifier le néolithique, est inadapté, car les migrations n’ont cessé de s’amplifier par la suite. Ce mot est plus apte à désigner le processus de l’urbanisation amorcé au XIXème siècle et qui concerne aujourd’hui plus de la moitié des êtres humains.
La sédentarisation du néolithique, liée à l’agriculture, a créé les concepts de propriété et d’héritage, sans pour autant limiter les migrations, alors que la sédentarisation urbaine s’accompagne d’étranges comportements anti-migratoires, comme l’érection d’immenses murs de béton ou de barbelés pour empêcher les immigrations et émigrations. Ces constructions sont naturellement aussi inefficaces que le barrage contre le Pacifique érigé par la mère de Marguerite Duras, néanmoins, ceux qui les entreprennent recueillent les suffrages d’un nombre de plus en plus grand d’électeurs.
Je ne pense pas que l’espèce humaine puisse ainsi perdre une spécificité aussi lointaine et aussi profondément ancrée dans sa biologie, mais si tel était le cas, ce serait un bien mauvais présage pour sa survie.
Les derniers survivants du genre Homo peuvent-ils vraiment disparaître de l’arbre phylogénétique sous le seul effet des confinements idéologiques ? La sédentarisation culturelle peut-elle vraiment faire disparaître les fourmis que nous avons dans les jambes ?
Aucun de nous ne pourra jamais le savoir, car les apocalypses et les extinctions ont une temporalité imperceptible à l’échelle individuelle...
Et je ne parle même pas de la temporalité électorale infiniment plus courte.
| Par catégorie professionnelle | |
| Médecins | 27% |
| Professions de santé | 33% |
| Sciences de la vie et de la terre | 8% |
| Sciences humaines et sociales | 12% |
| Autres sciences et techniques | 4% |
| Administration, services et tertiaires | 11% |
| Economie, commerce, industrie | 1% |
| Médias et communication | 3% |
| Art et artisanat | 1% |
| Par tranches d'âge | |
| Plus de 70 ans | 14% |
| de 50 à 70 ans | 53% |
| de 30 à 50 ans | 29% |
| moins de 30 ans | 4% |
| Par motivation | |
| Patients | 5% |
| Proche ou association de patients | 3% |
| Thèse ou études en cours | 4% |
| Intérêt professionnel | 65% |
| Simple curiosité | 23% |
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L'art, c'est moi ; la science, c'est nous.
― William Shakespeare