humeur du 28/09/2026

Peut-on s’autoriser à dire aujourd’hui, avec plus de cinq ans de recul, que l’épidémie de Covid-19 a été particulièrement bénigne pour les enfants ?
Au plus fort de l’épidémie, chacun s’est autorisé sa propre évaluation, sans aucun égard pour les chiffres, au détriment de l’épidémiologie et de l’observation clinique. Ces périodes d’effervescence médiatique incitent les égotistes à s’afficher au cœur de l’évènement, indépendamment de toute science, jusqu’à faire pâlir Narcisse, Raoult ou BHL.
Pour les adultes, les épidémiologistes n’osent pas encore minimiser ou relativiser la gravité de cette pandémie, même si les chiffres les y incitent de plus en plus au regard de l’histoire des viroses.
Mais pour les enfants, le doute n’est plus permis, ce virus ne les a pas dérangés, et de façon plus surprenante, il n’a pas davantage dérangé les enfants immunodéprimés. Un épidémiologiste vulgarisateur et quelque peu provocateur parlerait d’une épidémie de vieillards qui a également secoué et tué quelques adultes et totalement épargné les enfants.
Sur les 10 enfants décédés chaque année en France avec un test positif pendant l’épidémie, moins d’un tiers de ces décès ont été directement attribuables au Covid-19. À titre de comparaison, chaque année une quinzaine d’enfants meurent d’une diarrhée à rotavirus, une vingtaine meurent d’une bronchiolite et plus de trente meurent d’une intoxication médicamenteuse.
Hélas, les enfants ont été atteints indirectement par cette épidémie. Le confinement et la fermeture des écoles ont entraîné des conséquences sur leur santé mentale que l’on ne cesse de découvrir et dont l’ampleur dépasse largement ce que l’on pouvait logiquement supposer. Les conséquences sur les résultats scolaires sont notables, comme vient encore le confirmer le classement PISA de 2026.
Les troubles psychiatriques ont augmenté de façon notable, particulièrement chez les adolescents. Certes les facteurs de tels troubles sont multiples, mais les études insistent sur le rôle majeur du confinement et de la fermeture des écoles.
Ces nouvelles données sur l’impact indirect du Covid chez les enfants revêtent une grande importance pour l’avenir. Il ne fait aucun doute que de nouvelles viroses respiratoires apparaîtront à plus ou moins long terme, puisque ce genre d’épidémie n’a jamais cessé. Les épidémiologistes auront alors de sérieux arguments pour aider les politiques dans leurs choix. Ils pourront par exemple leur conseiller d’attendre l’évaluation de la gravité chez les enfants avant de prendre une décision aussi radicale que celle de fermer les écoles.
AFP
Classement PISA 2026
France Info, 8 sept 2026
Bégaud B., Costagliola D
Rapport sur la surveillance et la promotion du bon usage du médicament en France
Union Française pour une Médecine Libre (UFML).- 2013
Carnovale C, Mahzar F, Scibelli S, et al
Central nervous system-active drug abused and overdose in children: a worldwide exploratory study using the WHO pharmacovigilance database
Eur J Pediatr 2019 178 2 161‐172
DOI : 10.1007/s00431-018-3281-0
Engzell P, Frey A, Verhagen MD
Learning loss due to school closures during the COVID-19 pandemic
Proc Natl Acad Sci U S A. 2021 Apr 27;118(17):e2022376118
DOI : 10.1073/pnas.2022376118
Mallik CI, Radwan RB
Impact of lockdown due to COVID-19 pandemic in changes of prevalence of predictive psychiatric disorders among children and adolescents in Bangladesh
Asian J Psychiatr. 2021 Feb;56:102554
DOI : 10.1016/j.ajp.2021.102554
Ng CSM, Ng SSL
Impact of the COVID-19 pandemic on children's mental health: A systematic review
Front Psychiatry. 2022 Oct 18;13:975936
DOI : 10.3389/fpsyt.2022.975936
Santé publique France
Situation épidémiologique liée à la COVID-19 chez les 0-17 ans. Point au 20 octobre 2022
https://www.santepubliquefrance.fr/infection-a-coronavirus/enquetesetudes/situation-epidemiologique-liee-a-la-covid-19-chez-les-0-17-ans-point-au-20-octobre-2022
Smith, C., Odd, D., Harwood, R. et al
Deaths in children and young people in England after SARS-CoV-2 infection during the first pandemic year
Nat Med 28, 185–192 (2022)
DOI : 10.1038/s41591-021-01578-1
| Par catégorie professionnelle | |
| Médecins | 27% |
| Professions de santé | 33% |
| Sciences de la vie et de la terre | 8% |
| Sciences humaines et sociales | 12% |
| Autres sciences et techniques | 4% |
| Administration, services et tertiaires | 11% |
| Economie, commerce, industrie | 1% |
| Médias et communication | 3% |
| Art et artisanat | 1% |
| Par tranches d'âge | |
| Plus de 70 ans | 14% |
| de 50 à 70 ans | 53% |
| de 30 à 50 ans | 29% |
| moins de 30 ans | 4% |
| Par motivation | |
| Patients | 5% |
| Proche ou association de patients | 3% |
| Thèse ou études en cours | 4% |
| Intérêt professionnel | 65% |
| Simple curiosité | 23% |
INUTILE si vous vous êtes déjà abonné, car vous le restez tant que vous ne demandez pas votre désisncription
Lorsque tropique - Le paludisme a disparu de Camargue et de Corse dans les années 1950. Aujourd’hui, les rares [...]
Violences et cultures héritables - La différence entre « hérédité » et « héritabilité » permet d’évaluer [...]
Milgram, cancer et contagion normative - La télévision vient de remettre au goût du jour les fameuses expériences de Milgram [...]
Chercheurs du cancer - Les cancérologues, cliniciens ou chercheurs, ont un métier passionnant sous maints aspects. [...]
Pathologie - Un de mes fidèles lecteurs, féru comme moi de terminologie scientifique, m’a fait remarquer [...]
Où s'arrête et où commence le handicap ? C'est une question de définition. Selon les statistiques françaises, sur soixante millions d'habitants, on en compte de deux cent mille à vingt deux millions. De la tétraplégie à la myopie légère, nous sommes (presque) tous des handicapés. Il y a quelques décennies, la frontière s'arrêtait à la couleur des cheveux, à la gaucherie ou à la préférence sexuelle.
― Patrick Lemoine & François Lupu