humeur du 15/09/2012
Le problème des « générations futures » accompagne les débats médiatiques autour des deux thèmes actuels que sont la dette et l’écologie.
Deux questions culpabilisantes reviennent comme un leitmotiv.
Pouvons-nous laisser s’accumuler une telle dette sur le dos de nos enfants ?
Que diront les générations futures en constatant l’état du monde que nous leur avons laissé ?
Les études démographiques réalisées depuis ½ siècle sont unanimes : le niveau de fécondité d’une société est strictement corrélé à son niveau de pauvreté et donc inversement corrélé à sa richesse.
Des analyses plus précises révèlent que la fécondité d’une société baisse lorsque son économie s’éloigne du secteur primaire, pour atteindre un minimum dans les sociétés financières où l’économie est devenue virtuelle. Pour le niveau de la dette, on observe un rapport inverse. Les sociétés agricoles sont les plus fécondes et les économies tertiaires et virtuelles sont les moins endettées.
Quant au facteur écologique, les preuves s’accumulent pour pointer les pesticides et perturbateurs endocriniens comme responsables de l’infertilité et de la baisse de la spermatogenèse. La contribution de ces nouveaux agents polluants à la baisse de la fécondité est certes plus faible que l’enrichissement des sociétés, mais elle y contribue certainement.
Si la financiarisation et la pollution se révèlent bien être les deux principaux facteurs de la baisse de la natalité dans le monde, le leitmotiv des générations futures devient soudain moins pertinent lorsque c’est le monde Occidental qui pose cette question… En effet, y aura-t-il des générations futures en Occident pour constater la dette et la pollution ?
Quant aux peuples qui ne sont pas concernés par ces deux sujets, ils pourraient s’étonner de nous voir soudain préoccupés par le sort des enfants qu’ils continuent à nous faire, alors que leur sort actuel ne fait pas l’objet d’une telle attention.
De toute évidence, les générations futures ne sont pas notre problème, mais le leur. Ils sont donc en droit de dire à nos débatteurs financiers et écologistes :
mais de quoi je me mêle ?
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