humeur du 31/05/2012
D’après les méta-analyses les plus récentes, le dépistage du cancer du sein constitue un bénéfice pour environ une patiente sur mille. Le ratio bénéfice-risque reste donc « officiellement » positif.
La plupart des médecins sont favorables à ce dépistage. Et en France, il s’agit d’un dépistage dit « organisé » avec forte publicité du ministère auprès du grand public.
Les méta-analyses les plus récentes confirment que le dépistage du cancer de la prostate par le PSA représente une « perte de chance » pour environ un patient sur mille. Les autorités sanitaires ont confirmé l’inutilité de ce dépistage. Il n’existe donc aucune organisation administrative de ce dépistage ni aucune incitation à le pratiquer.
Pour chacun de ces deux dépistages, le paysage scientifique est donc en harmonie avec le paysage administratif.
Considérons maintenant leur paysage social.
53% des femmes participent au dépistage organisé du cancer du sein. Si l’on ajoute le dépistage dit « sauvage », on arrive à un taux approximatif de 65% de dépistage dans la population ciblée et à un très faible taux de dépistage chez les femmes non ciblées.
A l’opposé, 75% des hommes subissent un dépistage du cancer de la prostate aussi bien dans la population cible « officieuse » des moins de 75 ans que dans celle des plus de 75 ans où la « perte de chance » est encore plus forte.
Pourquoi donc la sociologie des dépistages en cancérologie est exactement l’inverse de ce qu’elle devrait être d’après les données scientifiques et les incitations administratives ?
Qui pourrait répondre à cette question ? Et surtout, qui ose vraiment la poser ?
Nous constatons qu’en matière de dépistage en cancérologie, les réalités des preuves et des faits n’influencent ni les pratiques des médecins, ni les convictions intimes des patients. Ce sont les croyances subjectives et l’intuition populaire qui constituent l’unique cadre référentiel. Les patients s’accommodent naturellement de ce cadre archaïque, et il semble que les médecins s’en satisfassent tout aussi bien, y compris certains exigeants défenseurs de la médecine basée sur les preuves.
INVS (Magali Rodde)
Dépistage organisé du cancer du sein : la participation est restée stable en 2011
Communiqué de presse de L'INVS, 5 avril 2012
Site médical sans publicité
et sans conflit d'intérêts.
Le malheur est dans le pré - L’évolution des pratiques médicales a conduit à une inversion du déterminisme des [...]
Des habits aux écrans - L’étude de l’ADN des poux permet de dater les premiers vêtements vers -170 000 ans, [...]
Curages internes - Tous les animaux pratiquent, à leur façon, une hygiène corporelle dans le but de limiter les [...]
Phrénologies du futur - La médecine a longtemps été une pratique incantatoire. Puis, au début du XIXème siècle, [...]
Marketing du hasard et du cancer - La science mercatique est la plus achevée des sciences sociales, car elle sait décortiquer [...]