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Épidémies : chiffres d’hier et d’aujourd’hui

humeur du 20/08/2021

Les accidents de la route de l’été ont provoqué le froissement de 6750 carrosseries. Chiffre encore incertain, car nous n’avons pas les données de tous les garagistes. Après le tremblement de terre en Haïti en dénombre 7 millions de personnes secouées, soit près de 70% de la population ; le chiffre sera certainement supérieur après dépouillement de tous les questionnaires. L’explosion d’hier au centre de Lyon a provoqué 5680 traumatismes sonores, dont certains de forte intensité. Le psychopathe qui a tiré sur la foule depuis sa fenêtre a utilisé 78 cartouches avant d’être appréhendé par les forces de l’ordre. Les passants interviewés disent n’avoir jamais vu autant de cartouches. La salmonellose qui sévit actuellement à Libreville a provoqué une diarrhée chez 12000 enfants dont près de 10% ont nécessité une perfusion.

Avez-vous l’impression que ces informations sont incomplètes ?

Si oui, que pensez-vous des informations suivantes au sujet de l’épidémie actuelle ?

Il y a eu 700 tests positifs dans la ville de Bordeaux dans la seule journée d’hier. À Toulouse, l’incidence est de 300 sur 100 000. Les services d’urgence de Lille ont vu 250 personnes nécessitant dix hospitalisations dont un cas grave. L’hôpital d’Angoulême signale un premier test positif, ainsi que l’admission d’un patient en provenance de Guadeloupe. Au niveau national, certaines personnes testées positives ont moins de trente ans, laissant supposer que nul n’est à l’abri d’un test positif… Nous redoutons le pire…

Il fut un temps où les paysans désireux de savoir combien ils avaient de lapins, comptaient le nombre de têtes plutôt que le nombre de carottes qu’ils avaient mangées. L’épidémiologie était triviale, on jugeait de la gravité d’une épidémie par le nombre de morts par millions d’habitants (m/Mh). C’était une époque où il n’y avait pas encore de tests. Aujourd’hui, non seulement nous avons des tests, mais les faux-positifs et faux-négatifs en ont disparu comme par magie.

Par ailleurs, les services d’urgence ne recevaient que des urgences, car les cabinets médicaux en ville étaient toujours ouverts. Les vaccins, obligatoires ou non, se faisaient dans le plus grand silence pour 90% de la population.

En France, le coronavirus a fait 1640 m/Mh en 20 mois. Les grippes de 1957 et 1968 en avaient fait respectivement 2000 et 680 en un peu moins de temps. Ce virus est assurément parmi les plus méchants des dernières décennies. Pourquoi le rendre plus inquiétant en le comptant différemment ? Réjouissons-nous plutôt de constater que l’âge de ses victimes est plus élevé et qu’il épargne miraculeusement nos enfants.

Sans être passéiste, je doute qu’il soit possible de modéliser le futur en comptant des carottes, des tests, des cartouches et des ailes froissées.

Que les médias cessent d’égrener stupidement des cas et des tests positifs et qu’ils indiquent la juste gravité de cette épidémie. Enoncer simplement un drame n’enlève rien à sa dramaturgie. L’empathie n’a pas besoin de tricher.

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La phrase biomédicale aléatoire

Tant qu'on fera usage des remèdes composés de la pharmacopée galénique, tant que la routine continuera à dicter aux médecins les formules compliquées d'un plus ou moins grand nombre de médicaments, on ne pourra jamais rien savoir sur leurs véritables propriétés. L'ancienne école de Cos employait des remèdes simples ; elle ne se servait point de ces mélanges informes qui surchargent nos dispensaires ; elle ne mêlait point, dans les mêmes décoctions, une douzaine de plantes qui ne peuvent que les rendre épaisses, visqueuses et dégoûtantes ; elle ne connaissait point les apozèmes compliqés, les tisanes royales ; ces indications multipliées, qui font la base de l'art de formuler, n'existaient pas pour elle ; simple comme la nature dans ses opérations, elle ne présentait aux malades qu'un seul remède, et elle ne les administrait que l'un après l'autre lorsque les circonstances exigeaient qu'on en changeât la nature. Si on ne renonce à ce luxe dangereux, introduit par l'ignorance et la superstition, si l'on tient toujours au mélange d'une base médicaenteuse, d'un adjuvant ou auxiliaire, d'un ou plusieurs correctifs, mélange dont on a fait un art que je ne dois pas craindre de présenter comme illusoire et dangereux, la science restera dans l'état ou elle est.
― François Fourcroy en 1785

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