lucperino.com

La bilirubine qui nous différencie des singes

dernière mise à jour le 04/03/2024

Bien que les informations biomédicales et physiologiques humaines soient facilement disponibles, ces informations sur les grands singes sont limitées. Nous avons analysé des biomarqueurs dans des échantillons de sérum de 277 grands singes nés à l’état sauvage et en captivité et de 312 volontaires humains en bonne santé ainsi que de 20 macaques rhésus. Pour chaque individu, nous avons déterminé un maximum de 33 marqueurs de la fonction cardiaque, hépatique, rénale, thyroïdienne et pancréatique, du métabolisme de l’hémoglobine et des lipides et un marqueur de l’inflammation.

Nous avons identifié des biomarqueurs qui montrent des différences entre les humains et les grands singes dans leur niveau moyen ou leur activité. En utilisant les macaques rhésus comme exogroupe, nous avons identifié des différences spécifiques à l’homme pour les niveaux de bilirubine, de cholinestérase et de lactate déshydrogénase, et des différences spécifiques aux bonobos pour le niveau d’apolipoprotéine A-I.

Pour les vingt-neuf biomarqueurs restants, il n’y avait aucune preuve de différences spécifiques à la lignée. En fait, nous constatons que de nombreux biomarqueurs montrent des différences entre les individus d’une même espèce dans des environnements différents. Sur les quatre biomarqueurs spécifiques à la lignée, seule la bilirubine n’a montré aucune différence entre les grands singes nés à l’état sauvage et en captivité. Nous montrons que le principal facteur expliquant la différence spécifique à l’homme pour les niveaux de bilirubine peut être génétique. Il existe des changements spécifiques à l’homme dans la séquence du promoteur et la séquence codant pour l’uridine-diphosphoglucuronosyltransférase 1 (UGT1A1), enzyme qui transforme la bilirubine et les composés végétaux toxiques en métabolites excrétables et solubles dans l’eau. Des preuves expérimentales que l’UGT1A1 est régulé à la baisse dans le foie humain suggèrent que des changements dans le promoteur peuvent être responsables de cette augmentation de la bilirubine spécifique à l’homme. Nous supposons que, puisque la cuisson réduit les composés végétaux toxiques, la consommation d’aliments cuits, spécifique à l’homme, peut avoir entraîné un relâchement de la contrainte sur l’UGT1A1, ce qui a à son tour conduit à des taux sériques plus élevés de bilirubine chez l’homme.

 

Bibliographie

Ronke C, Dannemann M, Halbwax M, et al
Lineage-Specific Changes in Biomarkers in Great Apes and Humans
PLoS One 2015 10 8 e0134548
DOI : 10.1371/journal.pone.0134548

Et pour aller plus loin

Profil de nos 5000 abonnés

Par catégorie professionnelle
Médecins 27%
Professions de santé 33%
Sciences de la vie et de la terre 8%
Sciences humaines et sociales 12%
Autres sciences et techniques 4%
Administration, services et tertiaires 11%
Economie, commerce, industrie 1%
Médias et communication 3%
Art et artisanat 1%
Par tranches d'âge
Plus de 70 ans 14%
de 50 à 70 ans 53%
de 30 à 50 ans 29%
moins de 30 ans  4%
Par motivation
Patients 5%
Proche ou association de patients 3%
Thèse ou études en cours 4%
Intérêt professionnel 65%
Simple curiosité 23%

Si vous n'êtes pas abonné

 C'est ici

INUTILE si vous vous êtes déjà abonné, car vous le restez tant que vous ne demandez pas votre désisncription

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.

Sexe / Genre / Appariement

• Appariement : les muscles du mâle humain. • Appariement : la pilule modifie le choix [...]

Vous aimerez aussi...

Longévité des mammifères : gros cerveau et gènes de l’immunité - Pourquoi les chats vivent-ils généralement plus longtemps que les chiens ? De nouvelles [...]

Le coût de notre gros cerveau - Le cerveau est un organe dont le fonctionnement est très coûteux sur le plan énergétique, et [...]

Origines de l’obésité chez les primates au Miocène. - Abstract Les êtres humains ont un double handicap. Ils sont [...]

Evolution génomique de 2658 cancers - Abstract  Le cancer se développe par un processus d'évolution somatique. Les données de [...]

Processus évolutionnistes des cancers - Comprendre les processus évolutifs du cancer Les méthodologies que nous utilisons pour étudier [...]

Vous aimerez aussi ces humeurs...

Maladies de riches - La loi du 19 ventôse de l’an XI (1803), relative à l’exercice de la médecine, créa deux [...]

Auteurs suspects - Pasteur avait qualifié le vin de boisson saine et hygiénique. Nul n’oserait suspecter [...]

Spermatozoïdes sous le charme - Les catastrophes écologiques à venir emplissent nos médias : réchauffement climatique, [...]

Le seul tort des psychiatres - Les psychiatres qui font certainement leur métier avec empathie et humanité, doivent souffrir [...]

Douleurs et fatigues chroniques - Les troubles psychosomatiques, tels qu’une tachycardie d’angoisse, une rougeur de gêne ou [...]

Haut de page