humeur du 19/05/2026

Chaque loi sur l’aide à mourir s’accompagne de mille amendements. Nos dirigeants hésitent à s’aventurer sur ce terrain où l’idéologie paralyse tous les débats. Nos sociétés n’ont pas encore atteint le niveau d’hominisation qu’il faut pour banaliser l’euthanasie.
Ajoutons que le lucratif marché de l’angoisse conduit à une médicalisation débridée, aboutissant en fin de compte à un véritable déni de la mort. Dans cet imbroglio de démagogie, de lucre et de béatitude, le patient est rarement consulté.
Les soins palliatifs tentent de réparer cette injustice clinique. Hélas, la symptomatologie et les traitements de fin de vie sont le plus souvent basés sur des idées reçues et des émotions et ne font pas l’objet de recherches cliniques sérieuses.
Nous avons pourtant déjà quelques certitudes cliniques autour de l’agonie, mais elles ne semblent pas avoir atteint la majorité des soignants et restent totalement ignorées des médias et des ministères. Chose classique dans le domaine sanitaire.
Non, la déshydratation ne procure aucune souffrance, elle présente même l’avantage de diminuer des symptômes comme la toux ou les œdèmes pulmonaires. Non, les perfusions ne servent à rien, il suffit d’humidifier la bouche pour faire le « bonheur » du patient. Non l’oxygénation ne sert à rien, l’air ambiant est largement suffisant pour un grabataire aux besoins négligeables en oxygène. Les pauses respiratoires, souvent accompagnées de râles ou de « gasps », font souffrir l’entourage, mais ne font pas souffrir le patient. Les secousses de la mâchoire ne sont pas un signe de souffrance, mais tout simplement des mouvements réflexe.
La conscience est souvent altérée. Quelques périodes d’agitation ou d’hallucination ponctuent des périodes de calme. Il ne faut alors pas hésiter à augmenter la sédation qui calme les angoisses et peut raccourcir l’agonie. Cela est permis, mais sur ce point, les soignants sont encore plus timides que la loi !
Enfin, 99% de tous les symptômes interprétés comme désagréables sont calmés par une parole ou une caresse.
Bref, puisque nous sommes politiquement immatures, socialement inaptes et affectivement incapables pour progresser sur le chemin de l’euthanasie, sachons au moins nous débarrasser des symboles du soin terminal et ayons l’intelligence clinique de laisser mourir nos patients en paix. Ne cessons de répéter à leurs proches que les mourants les plus éloignés de l’hôpital connaîtront la mort la plus douce. Une minorité semble prête à l’entendre.
Abernethy AP, McDonald CF, Frith PA, Clark K, Herndon JE 2nd, Marcello J, Young IH, Bull J, Wilcock A, Booth S, Wheeler JL, Tulsky JA, Crockett AJ, Currow DC
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Curtin D, O'Mahony D, Gallagher P
Drug consumption and futile medication prescribing in the last year of life: an observational study
Age Ageing 2018 Sep 1 47 5 749 753
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Sedative hypnotics in older people with insomnia : meta-analysis of risks and benedits
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Affaire Lambert : la justice s'oppose à l'euthanasie passive du patient
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Prevalence of potentially inappropriate prescribing in older people in primary care and its association with hospital admission: longitudinal study
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Accompagner une personne en fin de vie
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Sicard D
Rapport de la commission de réflexuion sur la fin de vie
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Hospitalisations at the end of life: using a sentinel surveillance network to study hospital use and associated patient, disease and healthcare factors
BMC Health Serv Res 2007 7 69 Published 2007 May 8
DOI : 10.1186/1472-6963-7-69
| Par catégorie professionnelle | |
| Médecins | 27% |
| Professions de santé | 33% |
| Sciences de la vie et de la terre | 8% |
| Sciences humaines et sociales | 12% |
| Autres sciences et techniques | 4% |
| Administration, services et tertiaires | 11% |
| Economie, commerce, industrie | 1% |
| Médias et communication | 3% |
| Art et artisanat | 1% |
| Par tranches d'âge | |
| Plus de 70 ans | 14% |
| de 50 à 70 ans | 53% |
| de 30 à 50 ans | 29% |
| moins de 30 ans | 4% |
| Par motivation | |
| Patients | 5% |
| Proche ou association de patients | 3% |
| Thèse ou études en cours | 4% |
| Intérêt professionnel | 65% |
| Simple curiosité | 23% |
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Le médecin se trouve souvent obligé de tenir compte dans son traitement de ce qu'on appelle l'influence du moral sur le physique, et par conséquent, d'une foule de considérations de famille ou de position sociale qui n'ont rien à faire avec la science. C'est ce qui fait qu'un médecin praticien accompli doit non seulement être un homme très instruit dans sa science, mais il doit encore être un homme honnête, doué de beaucoup d'esprit, de tact et de bon sens.
― Claude Bernard