humeur du 07/09/2026

Tous les médicaments entraînent des effets indésirables (EI) parfois graves. Ces EI sont sous-estimés par les médecins, ils sont rarement déclarés et souvent niés par les laboratoires ; ce qui induit une longue obscurité statistique. Il faut parfois un scandale pour que la lumière se fasse.
Dénigrer l’industrie pharmaceutique ne suffit pas. Naïveté des patients, impuissance des médecins, négligence des autorités et conflits d’intérêts pèsent lourdement dans notre quasi-impossibilité d’évaluer le rapport bénéfices/risques d’un médicament.
La science clinique sera toujours la plus difficile et la plus manipulable de toutes. Comment affirmer qu’une céphalée, un trouble cutané ou digestif provient d’un médicament chez une personne qui a connu des troubles similaires auparavant ? Pour un avocat, défendre un laboratoire est plus facile que de défendre un extrémiste xénophobe en invoquant la liberté d’expression.
C’est dans le domaine de la psychiatrie que l’obscurité est la plus forte. Comme tous les médicaments, les psychotropes provoquent des EI d’ordre somatique, mais ils provoquent surtout des EI relevant du champ de la psychiatrie, ce qui en rend la confirmation clinique difficile. Comment accuser formellement une benzodiazépine de diminuer les capacités cognitives chez un anxieux ? Comment accuser un antidépresseur de provoquer le suicide chez un dépressif qui avait déjà des idées suicidaires ? Les avocats se régalent à jongler avec de telles arguties.
Mais, la plus grande difficulté pour les cliniciens provient des innombrables médicaments à visée somatique qui provoquent des EI d’ordre psychiatrique. Des antiparkinsoniens provoquent des troubles compulsifs : jeu pathologique, hypersexualité, hyperphagie ou stéréotypies avec parfois de graves conséquences sociales. Tous les médicaments atropiniques prescrits dans de multiples indications (douleurs, incontinence urinaire, asthme, toux, allergies, troubles du rythme) peuvent induire des troubles cognitifs. Et pour comble, certains médicaments prescrits dans la maladie d’Alzheimer !
Les corticoïdes largement prescrits chez les enfants peuvent induire des troubles de l’humeur et du comportement, une hyperactivité, voire une psychose. Les antileucotriènes prescrit en pédiatrie contre l’asthme et les rhinites allergiques induisent des hallucinations.
De banals décongestionnants nasaux peuvent provoquer des psychoses. Les progestatifs majorent l’anxiété, ainsi que la mélatonine soi-disant anodine contre les insomnies. Certains antibiotiques peuvent déclencher un état maniaque. La théophylline et les bêtabloquants provoquent des insomnies. Certains antimigraineux provoquent des cauchemars. Des médicaments contre l’acné ou l’obésité induisent des comportements violents
Il est plus facile d’attribuer un trouble psychique à l’environnement social qu’à un placard à pharmacie. Un clinicien qui peine déjà à confirmer un EI somatique aura du mal à persuader qu’une psychose aiguë est due à des gouttes nasales.
Clarke C, Evans J, Brogan K
Treatment Emergent Violence To Self And Others; A Literature Review of Neuropsychiatric Adverse Reactions For Antidepressant And Neuroleptic Psychiatric Drugs And General Medications
Adv Mind Body Med. 2019 Winter;33(1):4-21
Glockler-Lauf SD, Finkelstein Y, Zhu J, Feldman LY, To T
Montelukast and neuropsychiatric events in children with asthma: a nested case-control study
J Pediatr 2019 Jun 209 176 182 e4
DOI : 10.1016/j.jpeds.2019.02.009
Moore TJ, Glenmullen J, Furberg CD
Prescriptions drugs associated with reports of violence towards other
PLoS One. 2010 Dec 15;5(12):e15337
DOI : 10.1371/journal.pone.0015337
Prescrire rédaction
Troubles compulsifs d'origine médicamenteuse : un aperçu des ravages dans la vie des patients
Revue Prescrire, juillet 2025, Tome 45 N° 501, 517-18
Prescrire rédaction
Comportements violents envers autrui sous l'effet de médicaments
Revue Prescrire Février 2014 Tome 34 N° 364 P 110 113
Rédaction prescrire
Troubles cognitifs médicamenteux
Revue Prescrire, nov 2025, 45, N° 505, 836-7
Rédaction Prescrtire
Interactions médicamenteuses 2026
Revue Prescrire, Fiche E, effets indésirables, troubles psychiques
Rouve N et al
Prescribed drugs and violence : a case/non case study in the french pharmacovigilance database
Eur J Clin Pharmacol 67, 1189–1198 (2011)
DOI : 0.1007/s00228-011-1067-7
Stuart FA, Segal TY, Keady S
Adverse psychological effects of corticosteroids in children and adolescents
Arch Dis Child 2005 90 5 500‐506
DOI : 10.1136/adc.2003.041541
INUTILE si vous vous êtes déjà abonné, car vous le restez tant que vous ne demandez pas votre désisncription
Corrélations de la misère - La corrélation entre obésité et précarité est connue. L’indice de masse corporelle des [...]
Même la course à pied - La médecine antique avait observé les mille vertus de l’exercice physique. Depuis, les [...]
Cholestérol et autres facteurs de risque - Monsieur Lapalisse savait bien qu’un facteur de risque est un facteur de risque et [...]
Méningite versus rhume - Les méningites bactériennes sont dues principalement à trois germes (haemophilus, [...]
Palmarès de l’inutilité - Les plus méchants des analystes considèrent que 90% des publications médicales sont [...]
Évolution de la virulence des parasites - Évolution de la virulence des parasites Dans l’étude de l’évolution des maladies [...]
Tout le monde aime le visage des bébés. - Etude de l'effet de l’apparence du bébé sur des observateurs enfants et adultes. [...]
Schizophrénie : évolution et théorie de l'esprit. - Il s’agit ici d’illustrer comment une perspective évolutionniste peut [...]
Acné : maladie de civilisation - Dans les sociétés occidentales, l’acné vulgaire est une maladie de la peau presque universelle [...]
Médecine hamiltonienne : grands principes - ATTENTION : Article pour experts de médecine évolutionniste ! Abstract Nous présentons le [...]
L'homme d'aujourd'hui devient déprimé, parce qu'il doit supporter l'illusion que tout lui est possible.
― Alain Ehrenberg