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Interrogations sur le vaccin antigrippal

humeur du 29/11/2009

Lorsque les premières vaccinations antigrippales ont été mises sur le marché, j’avais été surpris de la nécessité d’une injection annuelle alors que la plupart des vaccins connus conféraient une immunité durable variant de cinq à vingt ans, voire à la vie entière. Deux explications m’avaient alors donné toute satisfaction : d’une part la forte variabilité antigénique du virus obligeant à réadapter constamment le vaccin, d’autre part l’immunité peu durable de ce vaccin particulier. Ces explications ont continué à me satisfaire jusqu’au tourbillon médiatique de ces derniers jours où malgré le tohu-bohu des paroles d’experts, j’ai réussi à isoler les informations suivantes.

Une souche de H1N1 apparue dans les années cinquante protégerait aujourd’hui les personnes de plus de soixante ans. Ce qui laisse supposer que l’immunité antigrippale est plus durable que l’on ne le croyait.

Quatre mutations récentes observées sur ce nouveau virus semblent ne pas remettre en cause l’efficacité du vaccin. Ceci laisse donc supposer que les variations antigéniques mineures ne nécessitaient pas une réadaptation vaccinale annuelle. Seuls les virus réellement nouveaux imposeraient un nouveau vaccin, or, à ma connaissance, ceux-ci apparaissent avec une périodicité de dix à vingt ans. Plus surprenant encore, ces mutations sont décrites comme responsables des cas graves et la vaccination reste promue pour se protéger des formes graves.

Si nous considérons que la grippe est une menace pour l’humanité, la recherche sur son vaccin doit évoluer vers plus de rigueur. Il serait peut-être préférable d’obtenir (discrètement et en douceur), dès le plus jeune âge, une meilleure couverture vaccinale de la population (à risque ou non) en sélectionnant des composants antigéniques conférant une immunité partielle mais durable. Plutôt que de répéter annuellement sur une population limitée des vaccinations incertaines (en théorie) à cause de la forte variabilité antigénique du virus et insuffisantes (en pratique) en raison de la faible part de population ciblée.

Ma deuxième question est plus triviale, car plus mathématique. J’apprends ce jour que le nombre de décès imputables à la grippe est de 87 cas sur un total de 2 700 000 diagnostics. Pour s’en tenir à la « médecine basée sur les preuves » (fort malmenée ces derniers jours) devons-nous considérer qu’il s’agit d’une grippe particulièrement bénigne dont la mortalité est bien trente fois inférieure à la mortalité de un pour mille classiquement évoquée pour la grippe saisonnière ou que le « surdiagnostic » de cette nouvelle grippe concerne 29 cas sur 30 cas annoncés ?

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La phrase biomédicale aléatoire

Le clinicien n’est ni un vieux nostalgique, ni un attardé technologique, ni un passéiste de la médecine, ni un pessimiste, bien au contraire, il est le meilleur promoteur de la biologie d’homo sapiens.
Aujourd’hui, nous traversons un cap difficile pour les médecins, pour les patients et pour la sérénité de leurs relations. Quoiqu’il advienne, la variabilité individuelle ne cessera jamais comme elle n’a jamais cessé depuis le premier jour de l’évolution des êtres vivants. Les patients auront toujours besoin de rassembler les morceaux de leur identité perdue dans les parcelles de la science et les labyrinthes de la technique. Ils demanderont toujours à être protégés des griffes du marché et de la prédation des sectes. Ils chercheront toujours éperdument leur rationalité individuelle. Seul le clinicien peut les y aider.
― Luc Perino

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