lucperino.com

Impact de l'introgression de gènes néandertaliens sur l'expression de notre génome

dernière mise à jour le 11/11/2017

La variabilité dans la régulation de l'expression des gènes est un facteur clé de la diversité phénotypique, à l'intérieur d’une espèce, et entre les espèces. Malheureusement, l'ARN se dégrade trop rapidement pour être récupéré dans les restes fossiles, ce qui limite la connaissance de cet aspect fonctionnel des génomes de nos parents hominiens disparus. De nombreuses séquences néandertaliennes survivent chez les humains modernes en raison d'une hybridation ancienne, ce qui donne l'occasion d'évaluer leur contribution à la variation transcriptionnelle et de tester des hypothèses sur l'évolution de cette régulation. Nous avons développé une approche statistique bayésienne flexible pour quantifier l'expression allèle-spécifique dans plusieurs ensembles de séquences complexes de RNA.

Nous avons identifié des différences d'expression très fréquentes entre les allèles néandertaliens et les allèles humains modernes, indiquant des impacts omniprésents de cis-régulation de ces introgressions.

Les régions cérébrales et testiculaires ont montré une régulation négative significative des allèles de Neandertal par rapport aux autres tissus, ce qui est cohérent avec la sélection naturelle influençant la régulation spécifique à ces tissus.

Notre étude démontre que les séquences héritées de Néandertal ne sont pas des vestiges silencieux d'anciens métissages, mais qu’elles ont des impacts mesurables sur l'expression des gènes qui contribuent à la variation des phénotypes humains modernes.

 

Abstract de l’article suivant

McCoy RC, Wakefield J, Akey JM. Impacts of Neanderthal-Introgressed Sequences on the Landscape of Human Gene Expression. Cell. 2017 Feb 23;168(5):916-927.e12. DOI: 10.1016/j.cell.2017.01.038

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

Lire les chroniques hebdomadaires de LP

Vous aimerez aussi...

Le cerveau humain est remarquable mais pas extraordinaire - Abstract Les neuroscientifiques sont habitués à un certain nombre de «faits» sur le cerveau [...]

Origine géographique de l'antibiorésistance - La « phylogéographie» peut être définie comme une branche de la [...]

Adaptations des populations au froid - Le climat a évidemment une forte influence sur le mode de vie des animaux, mais il a également [...]

Microchimérisme fœtal - La présence de cellules fœtales a été associée à des effets positifs autant que négatifs sur [...]

Fertilité et espérance de vie chez la femme. - Ecologie de la reproduction, espérance de vie et santé chez la femme : [...]

Vous aimerez aussi ces humeurs...

Survie après diagnostic de cancer - Lorsque l’on parle de taux de survie en cancérologie, c’est une erreur de mélanger les [...]

Variabilité des critères du dépistage - En 1968, l’OMS établissait la liste des critères du dépistage des maladies, pour tenter [...]

Le smartphone qui marche tout seul - Simon va bien, mais sa mutuelle lui a fait faire un check-up et les analyses ont trouvé une [...]

Méfions-nous de la probité ! - « Laissons la justice suivre son cours… » Cette phrase est plus souvent prononcée par le [...]

Quel avenir pour les seins plats ? - Lorsqu’un marché s’annonce mirobolant par l’énormité de sa clientèle potentielle, [...]

Haut de page