humeur du 17/09/2021

Un de mes fidèles lecteurs, féru comme moi de terminologie scientifique, m’a fait remarquer avec raison que je mélangeais régulièrement les termes « maladie » et « pathologie ». L’erreur est classique, la météorologie est confondue avec le climat qu’elle étudie. On parle d’une mauvaise météo. L’écologie, elle aussi, est régulièrement assimilée à ses sujets d’étude.
En toute rigueur, la pathologie est une science qui étudie les objets que sont les maladies. Il existe une classification internationale des maladies dont la onzième édition (CIM-11) compte environ 160 000 objets d’étude identifiés par un code de 3 caractères et classés en 23 groupes.
Un chapitre supplémentaire a été intitulé : autres motifs de recours aux systèmes de santé, entérinant le fait que la médecine intervient aussi hors du cadre des maladies. Un autre chapitre est consacré aux maladies iatrogènes, c’est-à-dire provoquées par la médecine. Un autre est consacré aux causes externes d’accident.
En réalité, les deux sciences médicales consacrées à la classification des maladies sont la nosologie qui élabore les méthodes, principes et critères permettant de classer symptômes et maladies, et la nosographie qui en est le catalogue résultant où figurent les noms et définitions de tous les troubles reconnus comme pathologiques.
Tous ces troubles et maladies sont labiles dans le temps et l’espace. Aussi bête que cela puisse paraître, l’hypertension artérielle (codée I10) n’a pu apparaître qu’après l’invention du tensiomètre. Aujourd’hui, être gaucher ou homosexuel ne sont plus des maladies, alors qu’elles l’étaient encore il y a seulement quelques décennies. Inversement, l’épisode dépressif léger (F32), l’état de stress post-traumatique (F43), la DMLA (H35), et bien d’autres ont fait une apparition récente dans ce catalogue sous diverses influences n’ayant pas toujours de rapport avec la science.
Parfois la maladie est nommée par le nom propre de son découvreur (Parkinson, Charcot), parfois le mot « maladie » lui-même a disparu, remplacé par souffrance, syndrome, trouble, désordre, dysfonctionnement, handicap, carence, affection, anomalie, etc.
Assurément, les trois sciences de la nomenclature (pathologie, nosologie et nosographie) sont d’une extrême complexité, elles dépassent largement le cadre de la biomédecine et relèvent aussi de la sociologie, de l’économie et de la géopolitique.
La pratique médicale, qui peine déjà à maîtriser la physiologie, la psychologie et la biologie, est dans l’incapacité d’englober toutes les sciences intervenant dans la définition des souffrances et maladies. C’est pourquoi elle s’intéresse de plus en plus aux personnes en bonne santé pour dépister tous les marqueurs prédictifs d’une maladie du CIM, et leur éviter d’ouvrir un jour l’une de ces 160 000 portes.
| Par catégorie professionnelle | |
| Médecins | 27% |
| Professions de santé | 33% |
| Sciences de la vie et de la terre | 8% |
| Sciences humaines et sociales | 12% |
| Autres sciences et techniques | 4% |
| Administration, services et tertiaires | 11% |
| Economie, commerce, industrie | 1% |
| Médias et communication | 3% |
| Art et artisanat | 1% |
| Par tranches d'âge | |
| Plus de 70 ans | 14% |
| de 50 à 70 ans | 53% |
| de 30 à 50 ans | 29% |
| moins de 30 ans | 4% |
| Par motivation | |
| Patients | 5% |
| Proche ou association de patients | 3% |
| Thèse ou études en cours | 4% |
| Intérêt professionnel | 65% |
| Simple curiosité | 23% |
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Le libéralisme contemporain est économique et moral. Dans le domaine économique (libéralisme de droite), la logique est de faire gagner les gagnants, en assistant les perdants, juste assez pour qu’ils restent consommateurs, et, dans le domaine moral (libéralisme de gauche), de faire gagner les perdants, ou les « victimes » en leur donnant plus de droits et en les affranchissant des règles morales considérées a priori comme forcément répressives.
― Marc Grassin et Frédéric Pochard