dernière mise à jour le 20/11/2024
La variation de la durée de vie des mammifères est le résultat des adaptations de chaque espèce à leurs propres compromis biologiques et conditions écologiques. La génomique comparative a démontré que les facteurs génomiques de durée de vie des espèces et de longévité des individus sont en partie partagés dans l'arbre de la vie.
Nous avons comparé les régions codantes des protéines à travers la phylogénie des mammifères pour détecter les changements individuels d'acides aminés (AA) partagés par les mammifères les plus longévifs et identifier les gènes dont les taux d'évolution des protéines sont corrélés à la longévité. Nous avons découvert un total de 2 737 AA dans 2 004 gènes qui distinguent les mammifères à longue et à courte durée de vie, soit beaucoup plus que ce que l'on pourrait attendre du hasard (P = 0,003). Ces gènes appartiennent à des voies impliquées dans la régulation de la durée de vie, telles que la réponse inflammatoire et l'hémostase. Parmi eux, un test phylogénétique sur 1 157 AA a montré une association significative avec la durée de vie maximale. Il est intéressant de noter que la plupart des positions AA détectées ne varient pas dans les populations humaines actuelles (81,2 %) ou ont des fréquences d’allèles inférieures à 1 % (99,78 %). Par conséquent, presque aucune de ces variantes potentiellement importantes n’aurait pu être détectée par des études d’association pangénomique.
De plus, nous avons identifié quatre autres gènes dont le taux d’évolution des protéines était corrélé à la longévité chez les mammifères. Il est crucial de noter que les SNP situés dans les gènes détectés expliquent une plus grande fraction de l’hérédité de la durée de vie humaine que prévu, démontrant ainsi pour la première fois que la génomique comparative peut être utilisée pour améliorer l’interprétation des études d’association pangénomique humaine.
Enfin, nous montrons que les protéines associées à la longévité humaine sont significativement plus stables que les protéines orthologues des mammifères à courte durée de vie, ce qui suggère fortement que la stabilité générale des protéines contribue à une augmentation de la durée de vie.
Farré X, Molina R, Barteri F, Timmers PRHJ, Joshi PK, Oliva B, Acosta S, Esteve-Altava B, Navarro A, Muntané G
Comparative analysis of mammal genomes unveils key genomic variability for human lifespan
Mol Biol Evol. 2021 Oct 27;38(11):4948-4961
DOI : 10.1093/molbev/msab219
Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique.
Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.
Patients : disparition du libre arbitre et de l’insight - La formidable avancée des sciences biomédicales depuis un siècle a eu comme principal effet [...]
Brève pharmacologie de la longévité - Au Danemark, la dépense en médicaments est de 200 € par an et par personne pour une [...]
Ne plus déclencher la venue au monde - Dans la série des informations alarmistes sur les médicaments, le dernier épisode est celui du [...]
Statines à tous les étages - Les statines sont ces médicaments qui abaissent le taux des mauvaises graisses encrassant nos [...]
Pathologie - Un de mes fidèles lecteurs, féru comme moi de terminologie scientifique, m’a fait remarquer [...]
Dynamique évolutionniste du microbiote - Le microbiote intestinal est façonné par une combinaison de forces écologiques et évolutives. [...]
Ocytocine synthétique et dépression du post-partum - Hypothèse En raison de ses effets puissants sur le comportement social, y compris le comportement [...]
Sommes-nous moins intelligents que nos ancêtres ? - Fin 2013, une équipe internationale avait publié dans la revue Intelligence un article qui [...]
Le capital comme moyen de sélection naturelle - Abstract La sélection naturelle a été documentée chez l’homme contemporain, mais on sait peu [...]
Crise du classement des maladies psychiatriques. - L'accent mis par Darwin sur la sélection naturelle a transformé la façon dont les sciences [...]