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Diverticulite sigmoïdienne

dernière mise à jour le 17/06/2014

I / Les mots et les faits

  • Sigmoïde : partie du côlon (gros intestin) en forme de S située à la fin du côlon descendant (gauche) juste avant le rectum.
  • Diverticule : petite hernie de la paroi intestinale. 90% des diverticules se trouvent sur le sigmoïde. 10% sur le reste du côlon. Il n’y en a jamais sur le rectum.
  • Diverticulose : présence de diverticules sur la paroi intestinale.
  • Diverticulite : inflammation et l’infection des diverticules. C’est, de très loin, la plus fréquente des complications de la diverticulose. (D’autres comme les hémorragies sont rares et généralement pas sur le sigmoïde)
  • Diverticulite sigmoïdienne : c’est celle dont nous parlons ici. On a pris l‘habitude de l’appeler « sigmoïdite » parce que plus de 99% des sigmoïdites sont des diverticulites sigmoïdiennes. Certes, il y a d’autres causes rares, mais il est difficile de changer les habitudes.
  • La maladie se présente un peu comme une appendicite à gauche. Les principaux symptômes sont :
    • Douleurs abdominales (toujours) (situées dans la fosse iliaque gauche, elles peuvent irradier jusqu’au pubis ou à l’anus
    • Fièvre (presque toujours)
    • Symptômes urinaires (souvent) qui peuvent orienter vers un mauvais diagnostic.
    • Les analyses sanguines révèlent les signes classiques d’infection et d’inflammation.
  • Cette maladie est très rare avant 30 ans. L’âge de la première apparition se situe souvent entre 60 et 70 ans.


II/ Combattre les idées reçues

  • La diverticulose n’est pas une maladie, c’est une particularité anatomique (après 70 ans, plus de la moitié des personnes ont une diverticulose). Seule la diverticulite est une maladie.
  • Il n’y a pas toujours de diarrhée, ni de constipation. Grossièrement : diarrhée dans un tiers des cas, constipation dans un tiers des cas et aucun trouble du transit dans le tiers restant. Ce n’est donc pas très utile pour le diagnostic.


III/ Les idées-forces

  • Si le diagnostic est suspecté, il ne faut pas faire de coloscopie, d’échographie, de radiographie ou d’IRM. Le seul examen de confirmation du diagnostic est le scanner abdominal dont le premier intérêt est de chercher des signes de gravité ou de complications.
  • Si le diagnostic est certain, le traitement antibiotique est indispensable.
  • L’hospitalisation n’est pas indispensable si le patient est bien suivi et n’a pas d’autres pathologies.
  • La chirurgie n’est pas conseillée pour une première crise, sauf en cas de complications (abcès, ou péritonite). Il s’agit alors d’une chirurgie d’urgence.
  • Une complication plus tardive (et plus rare) est la fistule dans un autre organe (vessie, vagin, etc.)
  • La complication à plus long terme d’une diverticulite est la sténose (rétrécissement) du sigmoïde qui peut nécessiter une intervention


IV/ L’espace d’éducation et de progrès

  • La cortisone et les anti-inflammatoires sont des facteurs d’aggravation, voire de déclenchement de la diverticulite.
  • Une fois guéri de sa première diverticulite, le patient se pose deux questions pour lesquelles il n’existe pas toujours de réponse tranchée.
    • Quel est le risque de récidive ? Aucun argument clinique ne permet de le savoir, on se base alors sur des données statistiques. Il y a environ 1/3 de risque de récidive dans les 5 ans.
    • Faut-il opérer pour éviter ces récidives ? Actuellement, on opère moins qu’avant, cependant, un accord commence à apparaître sur l’intérêt de cette chirurgie préventive :
      • Oui si la première crise a lieu avant 50 ans
      • Oui s’il y avait des signes évidents de gravité au scanner.
      • Oui chez les patients sous cortisone ou avec d’autres pathologies.
      • Presque toujours après la deuxième diverticulite en discutant au cas par cas avec votre médecin et votre chirurgien.


V/ Radio trottoir des erreurs quotidiennes

  • Que faut-il manger pour ne pas avoir de diverticules ?

En fait, les diverticules sont bien plus fréquents dans le monde Occidental. Parmi les raisons évoquées, figure l’excès de consommation de sucres. Il faut cependant se méfier de tous les régimes divers et parfois fantaisistes supposés empêcher l’apparition des diverticules.

  • Que faut-il donc manger pour ne pas avoir de sigmoïdite ?

L’idéal pour ne pas avoir de crise serait d’avoir un régime sans fibres ni résidus, mais cela est difficile et rien ne prouve qu’un tel régime soit efficace pour éviter la récidive après une première crise. Les avis sont partagés sur ce point.

  • La seule certitude est qu’il est indispensable de suivre un régime pauvre en fibres et résidus. Pendant la crise et juste après elle. Voici ce régime
    • Il faut éviter les fruits secs, céréales complètes, fruits, légumes, graisses cuites, fritures, sauces, charcuteries, laitages à l’exception des fromages à pâte cuite.
    • On peut manger : Riz, pâtes, semoule à condition qu’il ne s’agisse pas de céréales complètes, poisson, œufs, viandes maigres dégraissées et non fibreuses.
    • Cuissons sans matière grasse, donc bouilli, gril ou vapeur

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La phrase biomédicale aléatoire

Tant qu'on fera usage des remèdes composés de la pharmacopée galénique, tant que la routine continuera à dicter aux médecins les formules compliquées d'un plus ou moins grand nombre de médicaments, on ne pourra jamais rien savoir sur leurs véritables propriétés. L'ancienne école de Cos employait des remèdes simples ; elle ne se servait point de ces mélanges informes qui surchargent nos dispensaires ; elle ne mêlait point, dans les mêmes décoctions, une douzaine de plantes qui ne peuvent que les rendre épaisses, visqueuses et dégoûtantes ; elle ne connaissait point les apozèmes compliqés, les tisanes royales ; ces indications multipliées, qui font la base de l'art de formuler, n'existaient pas pour elle ; simple comme la nature dans ses opérations, elle ne présentait aux malades qu'un seul remède, et elle ne les administrait que l'un après l'autre lorsque les circonstances exigeaient qu'on en changeât la nature. Si on ne renonce à ce luxe dangereux, introduit par l'ignorance et la superstition, si l'on tient toujours au mélange d'une base médicaenteuse, d'un adjuvant ou auxiliaire, d'un ou plusieurs correctifs, mélange dont on a fait un art que je ne dois pas craindre de présenter comme illusoire et dangereux, la science restera dans l'état ou elle est.
― François Fourcroy en 1785

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