dernière mise à jour le 09/12/2024
Contrairement à d’autres grands singes, les humains ont développé des capacités multisystémiques pour l’endurance aux efforts d’intensité modérée, mais on ne sait pas si la sélection a agi de la même manière sur le cœur. Nous présentons des données provenant d’un échantillon d’humains, de chimpanzés et de gorilles montrant que l’humain a développé de nombreuses caractéristiques qui aident à augmenter le volume systolique, permettant une endurance aux efforts d’intensité modérée. Nous montrons également que la plasticité phénotypique du ventricule gauche humain s’adapte à la pression en modifiant son volume, devenant semblable à un cœur de chimpanzé en inactivité où à charge de pression constante. Par conséquent, le cœur humain a dérivé vers une adaptation à l’effort modéré et au repos. Ce qui, combiné à un régime alimentaire hautement transformé, contribue probablement à l’épidémie moderne de cardiopathie hypertensive.
Les chimpanzés et les gorilles, lorsqu’ils ne sont pas inactifs, s’engagent principalement dans de courtes périodes d’activité physique intense, comme l’escalade et le combat, qui créent un stress de pression sur le système cardiovasculaire. En revanche, pour chasser et cueillir auparavant, puis pour cultiver, on pense que la survie humaine préindustrielle dépendait d’une endurance à des activités physiques d’intensité modérée tout au long de la vie, donc à un stress cardiovasculaire permanent. Bien que des adaptations musculo-squelettiques et thermorégulatrices dérivées de cette endurance à l’effort chez l’homme aient été documentées, on ne sait pas si la sélection a agi de la même manière sur le cœur. Pour tester cette hypothèse, nous avons comparé la structure et la fonction du ventricule gauche chez des chimpanzés de sanctuaire semi-sauvages, des gorilles et un échantillon d’humains exposés à des types d’activité physique nettement différents. Nous montrons que le ventricule gauche humain a évolué vers des caractéristiques qui aident à augmenter le débit cardiaque, permettant ainsi l’endurance à l’effort. Cependant, il présente également une plasticité phénotypique et, par conséquent, une variabilité pour un large éventail d’activités physiques habituelles. Nous montrons que la propension du ventricule humain à se remodeler différemment en réponse à des stimuli chroniques de pression ou de volume associés à des efforts intenses, chroniques et à l’inactivité physique représente un compromis évolutif avec des implications potentielles pour la santé cardiovasculaire contemporaine. Plus précisément, le ventricule gauche humain troque les adaptations à la pression contre des variations de volume et converge vers un phénotype semblable à celui du chimpanzé en inactivité physique. Par conséquent, ce ventricule modifié dérivée et une hypotension artérielle tout au long de la vie résultent de cette adaptation aux efforts modérés et constants. Leur déclin dans les sociétés postindustrielles contribue probablement à l’épidémie moderne de cardiopathie hypertensive.
Shave RE, Lieberman DE, Drane AL, Brown MG, Batterham AM, Worthington S, Atencia R, Feltrer Y, Neary J, Weiner RB, Wasfy MM, Baggish AL
Selection of endurance capabilities and the trade-off between pressure and volume in the evolution of the human heart
Proc Natl Acad Sci U S A. 2019 Oct 1;116(40):19905-19910
DOI : 10.1073/pnas.1906902116
Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique.
Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon en 2016.
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