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Cellulite et lipodystrophies

dernière mise à jour le 02/09/2015

Les mots et les faits

  • Epiderme, derme et hypoderme : ce sont les trois couches de la peau en allant de la plus superficielle à la plus profonde.
  • Tissus sous-cutanés : ce sont les tissus conjonctifs qui se trouvent sous la peau
  • Adipocytes : cellules spécialisées dans le stockage de la graisse, afin de constituer des réserves d’énergie. Ils grossissent en cas de surcharge graisseuse. Ils peuvent aussi se multiplier lorsqu’il y a trop de graisse à stocker. Ils contiennent la graisse blanche qui est constituée de triglycérides. Ils sont majoritairement localisés dans les tissus sous-cutanés. (Nous ne parlons pas ici des adipocytes bruns et de la graisse brune, plus rare chez Homo sapiens).
  • Lipodystrophie : anomalie de la répartition des adipocytes et des graisses sous-cutanées. On distingue les atrophies (diminution) et les hypertrophie (augmentations). Il y a de nombreuses causes pathologiques de lipodystrophies (maladies génétiques orphelines) et des causes thérapeutiques (insuline, traitements du SIDA). Ce n’est pas notre sujet ici
  • Buffalo-neck : C’est une lipohypertrophie bénigne située en arrière à la base à la base du cou et en haut du dos.
  • Cellulite : pour la médecine, il n’en existe qu’une seule : la cellulite infectieuse. Il s’agit d’une inflammation et infection des couches profondes de la peau et des tissus sous-cutanés. Les cellulites infectieuses sont parfois très graves selon leur localisation, comme la cellulite cervico-faciale. Elles nécessitent des traitements antibiotiques et chirurgicaux. Ce n’est pas le sujet que nous abordons ici
  • Cellulite : pour le grand public, ce terme désigne les « capitons » qui ne sont ni une maladie, ni une anomalie, mais simplement une forme de disposition naturelle des graisses sous-cutanées visible chez certaines femmes. Ils sont plus visibles en cas de surpoids. Lorsque cette cellulite est très importante, elle peut être considérée comme une « lipodystrophie naturelle ». Mais elle est toujours bénigne, elle n’est jamais une « maladie ». On la nomme aussi « peau d’orange ».
  • Nous parlons donc ici uniquement de la « cellulite » connue du grand public

Combattre les idées reçues

  • La cellulite est un caractère indissociable de la féminité. C’est un caractère sexuel secondaire comme le sont les seins, l’absence de barbe ou la forme du bassin. Cette cellulite est plus ou moins visible chez 80% des femmes, même celles qui n’ont aucun excès de poids.
  • La structure de la peau des femmes est différente de celle des hommes, comme le timbre de voix des femmes est différent de celui des hommes. La cellulite est un élément de cette structure.
  • Les hommes n’ont jamais considéré cette particularité féminine comme inesthétique. Les deux seules particularités parfois considérées comme moins esthétiques au début du XX° siècle étaient le buffalo neck et les chevilles épaisses.
  • Au cours du XX° siècle, avec l’apparition de la mini-jupe et du bikini, avec le développement du culte du corps et le commerce de l’esthétique, cette particularité a été désignée comme inesthétique.
  • Curieusement, ce sont essentiellement les femmes elles-mêmes qui ont considéré cela comme inesthétique. Tous les charlatans et commerciaux du corps se sont évidemment emparés de cette nouvelle « lubie ».

Les idées forces

  • La cellulite n’est pas un sujet médical. Nous le traitons ici pour corriger les excès et éviter les risques des sites non-médicaux à visée exclusivement commerciale.
  • Aucun traitement médicamenteux ni aucune crème n’ont la moindre efficacité.
  • Aucune technique de massage n’a la moindre efficacité.
  • Aucune méthode physique n’a la moindre efficacité à moyen ou long terme.
  • Certaines méthodes physiques peuvent donner l’impression d’une efficacité à court-terme.
  • Même lorsqu’il y semble y avoir un effet à court terme, la cellulite reviendra toujours.
  • Les méthodes physiques peuvent être des facteurs d’aggravation à long terme, avec un vrai risque de conséquences bien plus inesthétiques qu’au début.
  • La plupart des méthodes physiques créent une forme de « dépendance », obligeant à les renouveler incessamment pour de moins en moins de résultats, même à court terme.
  • Toutes les méthodes physiques sont au mieux, inutiles, au pire, dangereuses. La plupart sont interdites depuis 2011.
  • La lipolyse est une technique non-chirurgicale de destruction des adipocytes par injections de divers produits. Elle est très dangereuse et interdite.
  • Les lipodissolutions par ultrasons, radiofréquence et laser sont également dangereuses et interdites.
  • La mésothérapie est dangereuse et interdite.
  • La carboxythérapie (injection de gaz carbonique) est dangereuse et interdite.
  • La technique des ventouses est stupide, douloureuse et inefficace
  • La liposuccion est une technique chirurgicale d’ablation de la graisse sous-cutanée. Elle ne doit pas être utilisée pour la cellulite naturelle et les lipodystrophies bénignes. C’est une méthode médicale validée uniquement en cas d’obésité morbide. Ce qui n’est pas notre sujet ici.

Espace d’éducation et de progrès

  • La cellulite est une modification naturelle de l’équilibre entre le collagène et les cellules graisseuses, qui se mettent à gonfler dans certaines situations, notamment en cas de grossesse ou d’allaitement, car l’organisme a alors besoin de faire des réserves d’énergie. Tout revient ensuite à la normale lorsque le poids revient à la normale.
  • Ce n’est donc pas la cellulite qu’il faut soigner, mais l’excès de poids. Il n’y a que deux façons validées de soigner l’excès de poids : l’exercice physique et la restriction calorique.
  • Répétons que toutes les méthodes sont inefficaces sans aucune exception et certaines sont dangereuses.  

Radio trottoir des erreurs quotidiennes

  • Les massages ne peuvent pas faire de mal. (Vous avez raison, ils ne peuvent pas faire de mal, mais ils ne feront pas disparaître la cellulite. Ils vous feront du bien en vous relaxant, mais il faut surtout essayer de penser à autre chose qu’à votre cellulite).
  • On dit que la massage personnel par palper-rouler est efficace. (C’est un massage comme un autre, il faut faire attention à ne pas être trop vigoureux, car il peut provoquer une inflammation locale. Il existe même des machines à palper-rouler. Toutes ces machines sont des attrape-nigauds.)
  • Mais ce n’est vraiment pas beau. (L’esthétique est une opinion variable et personnelle. Ce qui est parfois disgracieux c’est l’obésité qui aggrave la cellulite. Nous en revenons toujours à la perte de poids.)
  • On me dit qu’il faut beaucoup de séances pour que ça marche. (Evidemment puisqu’il est plus rentable pour le charlatan de garder longtemps ses clientes. Il faut même un nombre infini de séances puisque ça ne marche jamais. Les commerçants essaient de donner une première impression de bienfait pour créer une véritable dépendance.)
  • Si c’est interdit et dangereux pourquoi tant de magazines qui en parlent et tant de praticiens de l’esthétique pratiquent ces méthodes. (Parce que le commerce des soins du corps est basée sur un système d’offre et de demande qui n’a rien à voir, ni avec la raison, ni avec la science, ni avec l’éthique, ni, hélas, avec la santé.)

 

Bibliographie

Cochrane collaboration.
Great Tips For Dealing With Your Cellulite in Cochrane WI.
Cochrane database, October 31, 2014

Haute Autorité de Santé Décret no 2011-382 du 11 avril 2011 relatif à l’interdiction de la pratique d’actes de lyse adipocytaire à visée esthétique

Rossella Ghigi
Le corps féminin entre science et culpabilisation. Autour d’une histoire de la cellulite
La Découverte. Travail, genre et sociétés. 2004/2 (N° 12), p 55-75
DOI : 10.3917/tgs.012.0055

Vigarello Georges
Histoire de la beauté. Le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours
Seuil, 2004

Wanner M, Avram M
An evidence-based assessment of treatments for cellulite
J Drugs Dermatol. 2008 Apr;7(4):341-5

 

 

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La phrase biomédicale aléatoire

La Providence a été extrêmement bienveillante et généreuse avec nous, en nous fournissant un certain soulagement, même si ce n'est pas un remède, pour nos douleurs les plus intenses et nos malheurs extrêmes. Lorsque notre patience est à bout, et nos douleurs devenues insupportables, nous avons à portée de la main un médicament qui n'est pas uniquement un soulagement momentané, mais un miracle continuel et durable. Seul celui qui l'a longtemps désiré et a ressenti son aide douce et amicale pendant les souffrances atroces peut parler de ses merveilleux effets et de la grande bonté de Celui qui nous l'a octroyé. Je veux parler de l'opium et de sa solution, le laudanum.
― George Cheyne en 1720

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