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Stratification sociale et hypergynie, vers une compréhension de la préférence homosexuelle mâle.

dernière mise à jour le 04/11/2015

La préférence homosexuelle chez les hommes remet en question la pensée évolutionniste parce que si cette préférence de relations mâle-mâle est héritable, elle implique un déficit de fécondité (nombre inférieur d'enfants). Or ce caractère, très coûteux au regard de l’évolution, est relativement fréquent dans certaines sociétés (de 2% à 6% dans les pays occidentaux, selon les études).

Les explications les plus immédiates comprennent l'hypothèse d'un «facteur sexuellement antagoniste", dans lequel un gène qui augmente la fertilité chez les femmes favorise également l'émergence de la préférence homosexuelle.

Il est important de bien distinguer le comportement homosexuel de la préférence homosexuelle, car chez les animaux, de fréquents comportements homosexuels contextuels et conjoncturels ont été décrits, alors qu’aucune espèce n’est connue, à ce jour, pour afficher une préférence homosexuelle cohérente à l’état sauvage.

Il doit donc exister des fonctionnalités supplémentaires spécifiques à l’espèce humaines pour expliquer le maintien de la préférence homosexuelle au sein de toutes les populations humaines.

 

Nous avons construit un modèle théorique qui a révélé que, dans une société stratifiée, une fréquence relativement élevée de préférence homosexuelle mâle pourrait être maintenue en raison de l'ascension sociale des femmes porteuses de signaux de haute fécondité, on utilise aussi le terme « hypergynie »

On parle de stratification sociale lorsque l’organisation sociale, économique et politique conduit à des catégories sociales hiérarchisées et inégales en terme de prestige, de pouvoir et de richesse

Les modélisations mathématiques ont confirmé que ce résultat s’applique aux populations les plus variées, tant en ce qui concerne le nombre de classes sociales, que les conditions de la régulation démographique, ou les systèmes d’appariement (monogamie, polygamie, etc.)

La prédiction d’une préférence homosexuelle plus répandue dans les sociétés stratifiées a été fortement confortée dans un échantillon de 48 sociétés pour lesquelles la présence ou l'absence de préférence homosexuelle est anthropologiquement bien documentée.

Plus généralement, tous les traits associés à une élévation sociale sont plus susceptibles d'être sélectionnés dans une société stratifiée et seront maintenus par une sélection fréquence-dépendante (allèles qui deviennent d’autant plus avantageux qu’ils sont rares), même si le maintien de ces traits induit un coût pléiotropique tel que la préférence homosexuelle qui leur est associée.

L’unité de sélection est alors le groupe social plus que l’individu.

Ces résultats offrent de nouvelles perspectives pour comprendre des traits apparemment paradoxaux dans les dans les populations humaines.

Bibliographie

Barthes J, Godelle B, Raymond M.
Human social stratification and hypergyny: toward an understanding of male homosexual preference.
Evolution and human behavior; May 2013 Volume 34, Issue 3, Pages 155–163.
DOI: 10.1016/j.evolhumbehav.2013.01.001

Médecine évolutionniste (ou darwinienne)

Depuis quelques années, le problème de l'antibiorésistance, les progrès de la génomique, la redécouverte du microbiote et la prise en charge de maladies au long cours, nécessitent l'introduction d'une pensée évolutionniste dans la réflexion clinique

Le premier diplôme universitaire intitulé "Biologie de l'évolution et médecine" a été mis en place à la faculté de Lyon. Voir ICI

La phrase biomédicale aléatoire

Les questions scientifiques, que les méthodes épidémiologiques servent à résoudre, ont souvent une dimension philosophique et politique.
― Alfredo Morabia

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