lucperino.com

Forum médical

Pour des questions médicales personnelles, veuillez plutôt contacter Luc Perino en donnant des précisions.

Végétariens et cancers

Posté le 28/11/2020 par René Mettey

Sans que je puisse retrouver les références, car anciennes, d'études pubiées dans des revues "à comité", ces études, qui avaient pris le problème "dans l'autres sens", ou par une autre approche, avaient montré une incidence de cancer toutes catégories, inférieures de 50 % sur la population générale (USA) chez les adventistes. Ceux-ci bannissent tabac, alcool, drogues (évidemment!) et viande. Les Mormons qui bannissent alcool, excitants -café-, et les Témoins de Jéhovah, moins rigoureux, n'étaient crédité que de 30 %. la viande rouge semble faire la différence.

Végétariens et cancers

Posté le 24/11/2020 par Fanny Pastant

Merci pour cet article, étant moi-même végétarienne j'ai beaucoup apprécié (et appris que j'améliorais, plus que je ne le pensais, mon espérance de vie aha)
Dommage pour la petite référence aux "vegans fanatiques", d'autant plus altruistes - en tous points - que nous autres végétariens, et que je soutiens fortement !

Bien cordialement,

Végétariens et cancers

Posté le 24/11/2020 par Hélène ALTHERR

Bonjour,
Je me permets d'intervenir en tant que pharmacienne ayant testé véganisme, végétarisme, paléo, cétogène et jeûnes divers! Puis revenue à la sage voie du milieu, à l'alimentation que réclame mon corps. Et formée depuis en nutrition /nutrithérapie/profilage alimentaire.

Je ne vous apprendrai rien en énonçant que certains peuples vivant à haute altitude ou latitude carburent jusqu'à 95% sur les produits animaux, alors d'autres vivent un végétarisme poussé à l'extrême. Or en France, les profils sont très variés : le beurre passe difficilement chez certains sudistes, alors que l'huile d'olive est parfois mal tolérée chez les chtis!

Je soutiens comme vous l'idée que la consommation française de produits animaux est souvent excessive (quiche ou charcuterie en entrée + plat de viande ou poisson + laitage ou pâtisserie). Car le profil des français est en général mixte, mais des cas de figure plus tranchés existent : certaines personnes bénéficient d'un végétarisme bien équilibré (rare vus les signes d'acidification / dysglycémie de ceux qui tentent l'expérience). Tandis que d'autres ont un réel besoin très régulier de viande rouge, bien persillée : protéines fortes et lipides animaux sont leur carburant principal. Or si cette dernière catégorie suit les suggestions insistantes (encore appelées injonctions) de l'ensemble des médias, de réduire fortement les produits animaux : déséquilibres hormonaux, nerveux, digestifs et immunitaires sont souvent au rdv (prévalence très marquée chez les jeunes femmes). Lorsque je suggère à celles que j'accompagne de réintroduire ces produits, je vois très souvent leurs yeux pétiller : celles qui sont à l'écoute de leur corps ressentent le besoin qu'il a de ces aliments. Et leur santé s'améliore peu à peu.

La meilleure santé des végétariens a été montrée par certaines études , mais d'autres prouvent le contraire, comme : https://journals.plos.org/plosone/article/file?id=10.1371/journal.pone.0088278&type=printable
S'ajoute à cela l'emploi de plus en plus fréquent de produits VG utra-transformés :
Gehring J et coll. Consumption of ultra-processed foods by pesco-vegetarians, vegetarians, and vegans: associations with duration and age at diet initiation. J. Nutr., juillet 2020.

Viande rouge et cancer : quid de la qualité de la viande employée dans les études? Je n'ai jamais rien trouvé sur le sujet des traitements animaux (antibio, hormones, etc), la supplémentation en protéagineux bourrés de pesticides, etc.

Ce message pour mettre en garde contre une stigmatisation des mangeurs de viande : certains abusent très certainement, mais d'autres ne peuvent s'en passer...

Quant à l'impact de la consommation de viande sur l'environnement, il est très fort pour l'élevage intensif (malheureusement majoritaire en France), mais bénéfique pour l'élevage traditionnel en pâturage naturel, sans supplémentation, comme je l'explique au milieu de cette conférence : https://www.youtube.com/watch?v=FX69H1H3G4c&t=2266s.

Le sujet est vaste, et les informations fournies par les médias le plus souvent incomplètes ou biaisées. Et les lobbies des céréales et de la viande artificielle sont puissants (https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/27/l-association-l214-est-elle-financee-par-une-fondation-americaine_1736358)...

Je vous laisse et pars préparer mon steak tartare, tant que la vraie viande existe encore ;)
Bon appétit à tous

Hélène ALTHERR

Végétariens et cancers

Posté le 24/11/2020 par Christian DEBARD

Bonjour Monsieur
C'est encore et toujours que je lis vos " humeurs", quelle finesse ,belle intelligence, une écriture diplomatique et subtile.
Merci, a bientôt

Végétariens et cancers

Posté le 23/11/2020 par françoise sanquer

pas mal !! Bravo!!!

Réponse à Alain Thomas (suite)

Posté le 14/11/2020 par Luc Perino

Désolé, la phrase n’était en effet pas très explicite.
En voici le sens.
Une méta-analyse doit se baser sur des études valides
Il n’y a aujourd’hui que 2 ou 3 études (dignes de ce nom) sur HCQ dans le covid
Des revues ou méta-analyses portant sur 23 ou 130 études sont donc a priori irrecevables

Par ailleurs, l’Histoire révèle (sans exception) que lorsque les querelles de biais et de statistiques dominent la scène, loin devant l’empirisme et les constatations cliniques, l’effet thérapeutique n’est pas supérieur à toutes les formes de suggestion ou d’autosuggestion.
Les modulations d’un effet thérapeutique minime éventuel s’inscrivent alors également dans ce vaste domaine de la suggestion, y compris dans des spécialités inattendues telles que l’infectiologie ou la cancérologie.
Un peu compliqué certes, mais l’Histoire est riche d’enseignements !

Bien cordialement

réponse à Luc Perino (suite)

Posté le 14/11/2020 par Alain Thomas

Merci d’autant plus de m’avoir répondu!

Je reste un peu sur ma faim, puisque je ne m’occupe pas de qui vous savez mais de connaissance.La phrase que j’ai relevée ne concerne pas ce monsieur mais un débat scientifique. Ma démarche est scientifique et médicale : je lis les études et j’essaie de me faire une idée sans à priori, en croisant les sources. Le savoir médical se construit sur le temps long, à partir du terrain et des patients, avec l’éclairage des essais randomisés ET des études observationnelles .
Vous verrez que dans la metahcq, appendice 2, l’étude Gautret est exclue, ce qui n’empêche nullement la metaanalyse restreinte aux RCT de dégager un effet en faveur de ce traitement.
Si la méthodologie d’un ou plusieurs de ces RCT est criticable, il y a un formulaire à la fin pour en faire part aux auteurs de la meta-analyse. Que les personnes que vous avez interrogées l’utilisent pour l’édification du monde médical.

P.S. : « Toutes deux sont irrecevables puisqu’il n’y a pas eu plus de deux ou trois études sur ce produit. »Je ne comprends pas ce que vous voulez dire?

L'élément manquant

Posté le 13/11/2020 par Poëtte Pascale

Merci!

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 11/11/2020 par Aude jaavel

C'est un bon résumé. Vous en profitez pour esquinté Raoult, sans preuve. Ca passe comme une couleuvre au milieu de spaghettis. Je n'ai aucune sympathie pour ce style de Ponce Pilate véreux

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 11/11/2020 par Venus

Bonjour Docteur,
Fidèle lectrice de vos billets, j'avoue ne pas comprendre celui-ci. Dans le monde entier des médecins ont soigne leurs malades, avec succès, avec de la chloroquine et des antibiotiques. D'autres avec des antibiotiques et de la cortisone. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi les vidéos de Ema Krusi sont complotistes. Les eveilleurs vous dérangeraient- ils à ce point ? J'avoue encore une fois ne pas comprendre votre prise de position. Dans ce cas même les Drs Delépine Nicole et Gérard, Dr Péronne, Dr Fouché, le groupe de médecins américains, espagnols, allemand s qui viennent de former un collectif international, seraient des complotistes ?

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 10/11/2020 par Xavière Lemaître

Ne cessez jamais d'écrire Dr Perino, je vous en supplie. On en a vraiment trop besoin en ces temps troublés

Réponse à Alain Thomas

Posté le 10/11/2020 par Luc Perino

Cher Alain Thomas

Tout d’abord merci de votre fidélité de lecteur
Tout écrivain ou essayiste a besoin d’encouragements et de critiques et devrait toujours prendre le temps de répondre. Ce qui ne m’est hélas plus possible.
Ma première intention était de ne pas vous répondre comme aux quelques autres qui semblent avoir été choqué par mes propos sur le professeur Raoult, dont j’ai été parmi les premiers admirateurs lors de ses travaux fondateurs sur les mimivirus.
J’ai d’abord pensé ne pas mentionner son nom dans ma chronique, mais il eut été plus moqueur de perler d’un savant marseillais, comme certains croient plus délicat de le faire.
A vrai dire, cette polémique sur la chloroquine ne m’a jamais intéressé, précisément, car elle était trop personnalisée. La critique de l’auteur semblait surpasser la critique du médicament.
Une première erreur est de penser que ceux qui critiquent la chloroquine le font par un ressentiment envers Didier Raoult.
Une deuxième erreur est de penser qu’il faut défendre Raoult, car il est victime d’une cabale liée à sa personnalité et que la meilleure façon de le défendre est de défendre la chloroquine.
Reconnaissez que ces deux positions n’ont rien de scientifique et qu’elles sont assez nouvelles dans le paysage de la critique des essais cliniques !
Lorsque l’on en arrive à énumérer les biais des études adverses pour démontrer une vérité, c’est qu’aucun autre type de preuve n’est possible. Cela suffit à considérer que l’effet d’un médicament est identique à celui de tous les types de suggestion et d’auto-suggestion.
Les deux méta-analyses que vous comparez n’ont rien de comparable, puisque l’une porte sur 29 études et l’autre sur 134. Toutes deux sont irrecevables puisqu’il n’y a pas eu plus de deux ou trois études sur ce produit.
Sachant que la polémique ne cessera jamais, comme ne cessera jamais celle sur l’homéopathie, j’ai pris la peine de consulter quelques experts de design expérimental et des cliniciens avertis. Tous m’ont confirmé que la chloroquine est inutile et que les essais de Raoult ont « dévoyé » la science. Cela est regrettable pour tout le monde scientifique, tout particulièrement sur un sujet où les avis sont logiquement instables en relation avec la nouveauté de ce virus.
Bien cordialement

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 10/11/2020 par Dr Alain THomas

Mon cher confrère,

Peut être trouverez vous le temps de me lire jusqu’au bout.
J’apprécie beaucoup vos écrits, votre habituelle rigueur, votre bon sens médical et votre considération pour la clinique.
Une année, je prendrai le temps de faire la formation de médecine évolutionniste à Lyon...

Depuis le mois de mars, je m’efforce de recueillir et de croiser les informations scientifiques sans a-priori sur les traitements proposés pour le Covid-19, car je ne comprends pas les discours contradictoires que je lis.Et encore moins les évidentes aberrations.
De plus il y a des liens d’intérêt (avérés) qui ont l’air de devenir facilement des conflits d’intérêt.
Jusqu’au mois de septembre, je disais que, s' il est largement démontré que la HCQ est très sure d’utilisation quand elle est prescrite dans les règles, je ne pouvais trancher concernant son efficacité pour réduire la mortalité de la Covid 19.
Il me semble qu’il existe maintenant, si l’on examine l’ensemble des données disponibles dans une approche scientifique et objective, une tendance nette qui se dégage en faveur d’une efficacité de l’HCQ+/-AZT sur la mortalité liée à ce virus, en particulier en utilisation précoce. J’ai, de ce fait, du mal à comprendre le contenu de la réponse de l’ANSM à la demande d’ATU du Prof Raoult. Mais s’ils lisent les études de la même manière que les membres du conseil scientifique ont lu (?) celle du « Lancetgate » cela est finalement compréhensible.

Et je me demande quelles sources vous avez consultées pour étayer la position sur HCQ et Remdesivir exposée dans votre dernière" humeur" que j’ai par ailleurs appréciée comme toujours.
En effet, vous citez seulement, à l’appui de votre phrase ("Ni la chloroquine, qui ne coûte rien, ni le remdesivir, qui coûte une fortune, n’ont la moindre efficacité sur cette maladie ») la méta-analyse de FIolet et Al.
Il semblerait que celle-ci soit extrêmement discutable, à la fois dans les critères d’inclusion, d’exclusion, dans l’analyses des données elles-mêmes et dans le choix de ne pas analyser des etudes pourtant disponibles à la date de la revue de littérature.
La selection d’études de la revue Prescrire, que je vénère par ailleurs (mais la confiance n’exclut pas le contrôle) pour étayer sa position sur HCQ m’a beaucoup déçu tant elle comporte d’études critiquables et critiquées.
J’ai aussi lu les méta analyses de l’IHU Marseille et celle de Prodromos, qui m’ont paru intéressantes mais m’ont laissées sur ma faim.

J’ai enfin lu in extenso la meta-analyse en temps réel de C19study (hcqmeta.com). Celle-ci recense plus de 130 études sur HCQ (et 6 pour le Redemsivir…). Elle permet de se faire rapidement une idée sur les études citées ici ou la, à l’appui d’affirmations définitives. Alors que nous savons bien que le savoir se construit sur la durée…

Il apparait que, même en se restreignant aux RCT ou en excluant beaucoup d’études peu ou prou biaisées, la tendance semble de plus en plus en faveur d' une efficacité de HCQ+/-AZT, en particulier au stade précoce, mais pas seulement.
Alors même qu’un biais de publication vers les études négatives semble mis en évidence.
Je me permets de vous recommander cette lecture car il me semble s’agir d’un travail scientifique de grande qualité, exhaustif, sans arrière pensée politique ou d’auto promotion.
Je vous recommande, outre la méta analyse principale, l’"appendice sur la méthode", la « Draft analysis with exclusions » et aussi les « questions posées fréquemment ».
Quel est votre avis ?

Par ailleurs j’ai lu qu’un variant d’origine Neanderthalienne sur le chromosome 3 pourrait être associé à des anomalies concernant les formes graves de Covid19 chez des sujets sans comorbidités et « jeunes ».
Que pensez vous de ce sujet très « évolutionniste"?

Enfin, j’ai beaucoup appris de ce cours sur « le nouveau monde microbien » très « évolutionniste »lui aussi, et passionnant, par D.Raoult avec, vers le début, une rare preuve d’humilité de ce grand mégalomane !. Deux bonnes raisons de le regarder…
Je me permets aussi ce partage, en toute confraternité.

Très cordialement

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 08/11/2020 par François Marie Michaut

Bravo ! Cette persévérance dans la recherche de vérité est une oeuvre de salubrité publique dans le morne silence ambiant. Par exemple dans le club des médecins blogueurs !
Bien amicalement

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par pack alain

merci pour ces infos ;cela me permet de voir plus clair

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Olivier Normann Thomas

Cher docteur.
Je vous suis et j'apprécie vos résumés habituellement, mais dans ce dernier texte il m'apparaît que vous semblez dériver un peu malheureusement de votre ligne habituelle ! Parler ainsi de : "La science dévoyée de Didier Raoult" semble trop bizarre !
Bien à vous

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Dr Pierre Dusein

J'aime ce point de vue "pas de côté". Concis, tranquille et vigilant, rebelle et ouvert.
Merci.

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Marie Pierre Vaslet

Encore et encore plus clairement, merci.
Bon week-end à vous

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Patrice Queneau

Cher ami
Je suis d'excellente humeur après vous avoir lu : vérité, ironie, humour…
amitié

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Emmanuel Venet

Vous avez bien raison !
Amitiés

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Monique Mône

Tu as eu raison d'en parler encore.
Merci de remettre les choses à leur juste place.

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par

Evidemment, on pourra toujours euphémiser un phénomène tragique, surtout si on n'est pas concerné (ou qu'on le croit...en présupposant sa force, sa santé, sa chance, etc), et si on le regarde de très loin (dans l'espace et dans le temps). C'est encore et toujours la fameuse statistique optimiste sur les morts par avion (statistiques de l'Aviation Civile ou des compagnies aériennes), qui oublie ceux qui ne voyagent qu'avec des compagnies douteuses (ou ceux qui n'utilisent pas de voiture)..Pour l'instant, la covid19 fait moins de morts que la 2ème guerre mondiale: on peut se rassurer... Mais on peut aussi rappeler que l'étude du MIT parue en avril 2020 (et diffusée seulement en juillet sur les télés) relative aux distances d'éjection de gouttelettes par un individu normal (8m s'il parle, 15m s'il coure), aurait pu inciter nos pouvoirs publics à éviter le brassage inconscient et irresponsable de populations qui s'est produit l'été dernier. Donc: entre l'optimisme relativisant total et la panique terrorisante, on peut déjà commencer à diffuser correctement dans la population le résultat d'études qui ne sont contestées par personne.On évite ainsi de jouer aux dés le destin des gens.

Les bons, les mauvais et les autres

Posté le 07/11/2020 par Massé Jean François

Heureusement que Luc Perino est là car, par ces vents mauvais, il serait difficile de l'inventer. Bons vents.

L'élément manquant

Posté le 04/11/2020 par Benoit

C'est très bien.

L'élément manquant

Posté le 03/11/2020 par Marc Deveaux

Je viens de lire votre dernier billet avec beaucoup de plaisir comme d'habitude.
Si vous aviez un moment au téléphone, je pourrais apporter des explications à vos deux dernières questions car ces analyses font partie de mon quotidien professionnel
Cordialement

réponse d'E Venet

Posté le 03/11/2020 par Emmanuel Venet

J’ai l’impression que nous sommes d’accord, mais vous ajoutez implicitement et malicieusement le pianiste dans ma métaphore. Disons que, s’il est inutile et même idiot de se demander si la sonate est le fait du piano ou du pianiste, il me semble important de considérer qu’elle n’est ni dans le piano ni dans le pianiste. Et que les affects, les représentations mentales et le sens que nous leur prêtons ne sont pas dans la fine horlogerie cérébrale. Je continue de penser qu’il est préférable de distinguer ces deux plans, ce qui ne m’empêche nullement, dans ma pratique de jouer du « clavier des médicaments » comme disait Henri Michaux.

Réponse à Emmanuel Venet

Posté le 03/11/2020 par Luc Perino

Psychologie, neurophysiologie et sciences cognitives ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Ce sont les diverses facettes de notre approche encore bien parcellaire du fonctionnement cérébral.
Je n’en exclus aucune.

En tant que biologiste votre remarque sur le piano et la musique m’évoque les cloisons encore fortes entre biologie moléculaire et biologie évolutionniste ou entre nature et culture.
Elle me fait penser à ce propos de Frans de Waal, (spécialiste de la culture animale) :
« Déterminer pour quelle part un trait est produit par les gènes ou par l’environnement est aussi inutile que de demander si les sons du tambour que nous entendons au loin sont produits par le percussioniste ou par son instrument »

L'élément manquant

Posté le 03/11/2020 par Emmanuel Venet

Bien d’accord avec vous, et vous savez sans doute que le mot assassin provient de haschischin, du nom d’une secte de fanatiques meurtriers à qui l’on faisait prendre du cannabis avant de les envoyer commettre leurs forfaits.

Je note que la référence au psychisme ne fait plus partie de votre vocabulaire, et que vous vous êtes mis à l’heure de la modernité en vous référant exclusivement à la neurophysiologie et aux cognitions. C’est bien dommage, venant d’un homme à l’esprit critique aussi affûté que le vôtre. L’apparente modernité de la néopsychiatrie sans psychisme témoigne d’un réductionnisme rassurant mais fallacieux. Je ne suis pas moins rationaliste que vous, mais je crois qu’on perd beaucoup à confondre le piano et la musique qu’il permet de jouer.

L'élément manquant

Posté le 02/11/2020 par François-Marie Michaut

Oui, bien sûr, le tripotage chimique des neuromédiateurs est mesurable dans le sang. Et alors, circonstance atténuante ou aggravante pour le droit ?
La pratique assidue des jeux video ou l'addiction aux séries télévisées avec leurs meurtres pluriquotidiens, cela ne peut vraiment avoir aucune influence pour pouvoir passer à l'acte sans être inhibé par l'émotion, comme sur l'écran ?
Le fait que des humains trouvent leur plus grand plaisir, voir leur idéal de vie, à faire souffrir les autres est-il, ou non, une réalité clinique ?

L'élément manquant

Posté le 02/11/2020 par Binh

Bonjour,
Vous avez évoqué vous-même la "mission divine" ou la "folie suicidaire". Les 2 se conjuguent aussi, malheureusement. Je ne pense donc pas que ces 2 éléments d'explication soient si manquant que ça dans les reportages que nous recevons (sur les attentats en cours). Certes, on cherche souvent des rationalités chez ces meurtriers: mais c'est quand même un peu justifié. Certains de ces terroristes sont clairement téléguidés: oublier ce téléguidage, ce serait négliger un "élément manquant" dans notre quête de solution à toutes ces tragédies. Merci pour cette humeur.

L'élément manquant

Posté le 02/11/2020 par Fanny Pastant

Bonjour,

Venant d'arriver au CCOMS je découvre depuis quelques temps vos articles. J'aime beaucoup votre manière d'écrire (simple, argumentée, accessible, prenante), vos angles d'approche et les liens que vous faites entre la médecine et d'autres problématiques sociétales. J'ai particulièrement apprécié "Trump le monofactoriel" !

En vous souhaitant une bonne semaine,

L'élément manquant

Posté le 02/11/2020 par Luc Thomas

Bonjour
Même si votre analyse est juste, c’est un petit fils de poilu qui vous parle, il me semble qu’il y a un danger à trop « médicaliser » l’analyse du monde tel qu’il va (mal)
Avec un peu de psychiatrie de bazar on en arriverait aussi certainement à excuser Trump ou Bolsonaro en oubliant qu’ils ont été élus par des millions de nos contemporains (pour ne pas dire nos semblables). Les fascismes de tous bord trouvent leur racines dans ce qui constitue votre premier paragraphe : la fascination pour l’interdit éthique et sa transgression en pensée ou en actes !
Amitiés

L'élément manquant

Posté le 01/11/2020 par Pascal Desmolin

Entièrement d'accord.

L'élément manquant

Posté le 01/11/2020 par Brigitte Greis

Merci d aborder cette question des drogues avant tueries....
Au Vietnam les drogues et l alcool étaient très employés avant d envoyer les boys attaquer des villages...

Trump le monofactoriel

Posté le 23/10/2020 par Binh

Faisons en effet la promotion du multifactoriel. DONC, évitons l'affirmation un peu rapide "dans un pays sans armes, les psychopathes seraient inoffensifs, alors que dans un pays sans psychopathes, les armes resteraient dangereuses". Mauvaise humeur....Quant à Trump, une de ses enfants, psychologue de profession (elle vient de publier un livre sur lui,), le décrit comme un psychopathe dangereux: soyons donc multifactoriel pour comprendre et prévenir les dangers actuels de notre monde, et ne nous focalisons pas sur la seule cause "Trump". Il y en a une autre (pire, peut-être) : Xi Jin Ping, un autre "malade" ! Personne ne parlera ouvertement (la démocratie américaine a quand même des avantages..) de son racisme et de sa politique d'épuration ethnique (contre les Tibétains et les Ouïghours),, ni de son obsession maladive de conquêtes territoriales (îles du Pacifique Sud Ouest récemment occupées, poldérisées puis équipées de bases navales et armées de missiles), ou de conquêtes de ports pour ses navires de guerre tout le long de "ses" Routes de la Soie (Djibouti, Océan Indien, Cambodge,...). Il y aussi le mono factoriel Xi....(et d'autres...).

Trump le monofactoriel

Posté le 22/10/2020 par

"Descartes affirmait avec raison qu’il faut comprendre chacune des parties pour comprendre le tout."
Certes, et la complexité chère à Edgar Morin (ce 3e infini de Theilard de Chardin, aux côtés du grand et du petit) postule deux autres notions qui enrichissent celle de Descartes: 1- Le tout est différent de la somme des parties. Ce qui signifie que ce qui se joue se passe au niveau des interactions entre les parties. 2- En interagissant, les parties se transforment (c'est ce que l'on appelle la récursivité) de sorte que l'analyse (ou le diagnostic) d'un système (ou d'une problématique) est en permanence à réévaluer. On est bien en effet aux antipodes de la simplification simpliste du monofactoriel "trumpeur".

Trump le monofactoriel

Posté le 22/10/2020 par Georges Yoram Federmann

" L' homme ( monofactoriel) est bon, mais le Veau est meilleur"
Brecht

Paternalisme des preuves

Posté le 20/10/2020 par Catherine

Toujours bien senties ces humeurs médicales; et sur le ton de l'humour, ce qui ne gâte rien, bien au contraire.
Cordialement

Paternalisme des preuves

Posté le 18/10/2020 par Mikael Rabaeus

Excellent!
Je ne peux qu'être 100% d'accord. Dans ma pratique je le vois tous les jours. Actuellement, je passe plus de temps à diminuer / enlever les médicaments qu'à en prescrire et, surtout, je cherche constamment à convaincre les patients d'adapter leur mode de vie.
Malheureusement, ce qui se passe est que le médecin fait son ordonnance d'anti-hypertenseurs, hypolipémiants et anti-diabétique. Puis, en la passant au patient, il rajout "Ah oui, faites donc un peu exercice..."

Je trouve navrant comme on est en train de ramener un être vivant à un ensemble de chiffres et de risques...

Encore merci pour vos humeurs...

MR

Paternalisme des preuves

Posté le 14/10/2020 par Normann Olivier

Bravo et merci pour cet excellent article comme souvent par ailleurs De plus il permet sauf erreur de ma part, de comprendre peut-être le problème actuel sur le COVID 19 ? Bien à vous et merci encore pour votre travail

Paternalisme des preuves

Posté le 14/10/2020 par Hub

Vous avez oublié le cholestérol,peut être la plus grosse escroquerie.b

Paternalisme des preuves

Posté le 13/10/2020 par Alain Braillon

Génial, bravo et merci pour le plaisir à te lire

Marchons, marchons, qu'un sang pur...

Posté le 13/10/2020 par anne Chevalier

Excellent ! merci

Masque ou voile mortuaire

Posté le 09/10/2020 par Patrick Lassègue

Bonjour Mr Perino.
Si je comprends bien, 1 million de morts en 7 mois environ, c'est bien moins que le sida (1,5 mill.), la tuberculose ( 1,5 mill.) les accidents du travail ( (2 mill.), les diarrhées (2,5 mill. ). Donc, ce n'est pas si grave, et pourquoi en faire toute une histoire ?
Notons, simple mathématique, que sur un an, cela donne
1mill : 7 x 12 = 1,7 mill. Ah, voilà qui est beaucoup plus satisfaisant : ça nous met entre sida et diarrhées.
Mais pouvez-vous m'éclairer sur les question suivantes ?
--- Supposons que les nations n'aient pas pris, depuis Mars, les mesures que vous regrettez, combien de morts y aurait-il eu en 7 mois : 2,5 mill comme les diarrhées ? 3,5 mill comme les pneumonies ?
Pour ma part, je n'en sais rien. Et vous Monsieur Périno ?
--- Supposons maintenant que les mêmes nations, devant le redémarrage de la pandémie, vous suivent et ne prennent pas ces mesures ( masque, distances etc...), à votre avis, combien de morts supplémentaires aurait-on ? Donnez-moi un chiffre approximatif, exprimé en millions ( Approximatif, car on n'est pas à un million près, n'est-ce pas ?) Serait-on plutôt entre suicide + homicides ( 1,5 m. ) et pneumonie ( 3,5 m.) ou entre pneumonie et diabète + obésité ( 4 m. ) ? Et un an plus tard, Monsieur Périno, on en serait à combien ? encore 1,7 mill. de plus ? Vous ne savez pas non plus ? Dommage, ça m'aurait éclairé. Notez au passage que 1,7 mill. sur 12 mois, c'est le chiffre obtenu, les mesures ( masque, distance , etc ...) ayant été prises. N'omettez pas ceci : Les mesures ayant été prises.
je vous éclaire tout de même un peu : J'ai 79 ans et sachant que 90 % des morts ont plus de 65 ans, je sais que mes collègues dans cette tranche d'âge ont représenté 1 Mil.x 0,9 = 900 000 morts, et extrapolé sur 12 mois : 1,7 mill x 0,9 = 1,5 mill. de morts âgés de + de 65 ans...
Chouette, non ?
Ou sans grande importance, peut-être ?
Eh oui, tout cela est bien mathématique, n'est-ce pas ? Mais c'est le biais par lequel vous avez, vous-même, abordé la question. Et vous avez raison. ça parle...

Pour la suite, je vous suggère:
--- De raisonner en traitant les hypothèses de situations à venir, comme le font actuellement les gens responsables de par le monde, car après tout on cherche à ménager le futur : C'est facile, le passé immédiat nous offre les données de calcul ( à prendre sérieusement en considération, en l'absence de vaccin pour le moment ).
--- de bien vouloir, paraphrasant les Américains, considérer que " Old life matters "
Même si vous êtes jeune. Surtout si vous êtes jeune.
--- de bien vouloir considérer que " obèse life matters " .
Même si vous êtes mince. Surtout si vous êtes mince.

Enfin et pour sortir des chiffres et introduire un peu d'humanité, et c'est ma question la + importante, je vous demande si vous êtes prêt à accepter l'effort de porter le masque, en situations rapprochées, pour contribuer à sauver quelques vies humaines. Combien ? je ne sais pas. Combien vous en faut-il pour considérer que ça vaut le coup de faire cet effort ?
Pour ma part, pour en sauver une seule, une seule vie humaine ( par exemple celle de votre père, âgé, ou de ma mère, âgée ) je suis prêt à porter le masque jusqu'à ce qu'on trouve le vaccin.
Le ferez-vous avec moi ? Ainsi on pourra peut-être en plus, sauver celle de votre mère, âgée, ou celle de mon père, âgé ?
Et puis on soulagera les soignants ...
Cela nous permettra, vous et moi, d'éviter de nous voiler la face en pensant qu'on a, si légèrement, pesé le prix d'une vie humaine. Ou d'un million...

réponse à Luc Périno

Posté le 07/10/2020 par René Mettey

" Si le désastre que vous suggérez arrive" : eh bien, lisez sur mon blog www.rene-mettey.fr l'article "Covid-19, la fin de l'humanité ?", ce serait à la fois désastreux et... réjouissant ! paradoxe ? Non : ce serait la fin de la surpopulation, la vie courte et intense (en somme le choix d'Achille); l'accélération des carrières...

réponse à René Mettey

Posté le 02/10/2020 par Luc Perino

C'est plutôt la modestie que je prône. Nous ne savons effectivement rien du virus et de son avenir. La science est factuelle, elle n'est pas prophétique. L'épidémiologie de ce coronavirus est factuelle. Nul n'a jamais empêché les viroses respiratoires qui existent depuis que des animaux respirent et qui ne cesseront jamais. L'orgueil consiste à prétendre les empêcher. Si le désastre que vous suggérez arrive, il prouvera notre impuissance, s'il n'arrivera pas il confirmera notre capital immunologique de groupe. dans beaucoup de maladies, l'abstention thérapeutique est le meilleur choix. Dans les épidémies, il faut éviter d'ajouter du malheur au malheur.
Par contre nous pouvons faire beaucoup pour les maladies citées que nous connaissons depuis longtemps

Masque ou voile mortuaire

Posté le 02/10/2020 par roselène

merci encore une fois Luc,
il est bien réconfortant de te lire et de trouver un écho à mes questionnements;car là je suis très perplexe sur cette politique de santé qui me semble farfelue et désordonnée depuis le déconfinement.
C'est bien d'éviter de mourir mais à condition de pouvoir profiter de la vie
et ce n'est pas gagné avec toutes ces interdictions ponctuelles et souvent injustes...

Masque ou voile mortuaire

Posté le 02/10/2020 par René Mettey

Certes ces chiffres de mortalité due au SRAS-CoV-2 (!!!) sont faibles. ILlfaut cependant y ajouter les arrêts de travail, les soins (hospitalisations classique + réa, +les TGV affrétés spécialement (!), les séquelles, et donc le coût économique.
Mais là n'est pas la question : vous, pourtant évolutionniste, péchez par orgueil : il faut être humble devant la Nature, et "savoir que nous ne savons rien". On ne sait pas ce qu'un virus peut faire. Rappelons-nous le virus de la grippe espagnole : parti bénin-bénin de Chine, comme le clystère de Molière, il arrive tout aussi bénin aux US et mute en Arkansas pour devenir mortel ! (et semble-t-il a-t-il encore muté dans les tranchées d'Europe).
Or notre corona CoV-2 était parti pour n'être qu'un banal virus respiratoire comme le pensait Raoult. Mais voila qu'il donne des réactions immunitaires cytokiniques hypergraves, tue des jeunes gens par embolie pulmonaire, provoque des syndromes de Kawasaki. On peut, on doit, prévoir des mutations qui le rendraient plus contagieux et/ou plus mortel.
Les virus sont "intelligents" (CF "Le microbe intelligent de JC Péchère et "Les énigmes de la conscience" -p.136 sq- de René Mettey, tous deux chez Frison-Roche éditeur). le Pr JP Lévy écrivait dans Médecine-Science "le VIH est prodigieusement intelligent".... (cité p.137 op cit). méfions-nous de SRAS-CoV-2 ...

Réponse à Sylvie

Posté le 02/10/2020 par Luc Perino

Oui, mais il n'est pas indispensable d'ajouter du malheur lorsque l'on ne peut rien faire. Par contre il y a des domaines où il est difficile de diminuer le malheur.

En réponse à Sylvaine

Posté le 02/10/2020 par Luc Perino

Faut-il toujours préconiser quelque-chose ou affirmer que l'on peut faire quelque-chose ?
Les viroses respiratoires font toujours le tour du monde - Il faut seulement espérer l'immunité collective . Celle-ci arrivera d'autant plus tard que l'on essaie de la ralentir.
Je sais que ce n'est pas très optimiste, mais c'est réaliste et cela n'ajoute pas du malheur au malheur

Masque ou voile mortuaire

Posté le 02/10/2020 par Sylvie

Si je compte bien cela fait 1 million de mort en plus pour pas encore 1 an.
C'est déjà pas mal, et même si il y a des injustices dans ce monde face aux pandémies et aux maladies pas la peine d'en rajouter!!!!!!!!

Masque ou voile mortuaire

Posté le 02/10/2020 par Sylvaine

Alors qu'est ce que tu préconises Luc?
J'espère que vous allez bien toi et Odile, bises.

Masque ou voile mortuaire

Posté le 01/10/2020 par Honorine

Merci pour cet article, on a bien besoin de chiffres pour nous éclairer dans cette mascarade...

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Mireille Podchlebnik

Merci pour votre envoi. C'est bien le ressenti des patients qui se sentent d'autant plus coupable en cette période Covid...
Bonne journée

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Pascale Roux-Helfenstein

Bravo pour une fois qu'une réaction vient du monde médical!
Vous avez oublié: vous succombez au coronavirus parce que vous êtes gros! c'est encore de votre faute! Peut-être faudra t-il bientôt prouver que l'on est un bon malade pour avoir le droit de bénéficier des remboursements de l'Assurance maladie?

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Isabelle Gautier

COUPABLES ? et Eve ???
Si cette bavarde n'avait pas taillé la bavette avec le serpent , et si ce benêt d'Adam n'avait pas dégoupillé la grenade, personne ne se serait retrouvé à poil avec une feuille de figuier en guise de cerveau et on serait tous au paradis.

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Gilbert Schlogel

Bravo confrère ! joli texte.
Cordialement,

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Patrice Queneau

bien enlevé, perspicace, criant de vérité
compliments et merci ! amitié

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Marie

Bonjour !
Merci ! Quelle vérité dans cette nouvelle humeur . Je suis peut-être de mauvaise humeur moi aussi !
Ma réflexion face à votre article : serais-je apte à assumer si je commets... des erreurs ?
Votre observation résonne dans notre vie de tous les jours. Marre de se sentir toujours coupable de quelque chose .
J' ai envie de me faire du bien et j'ai envie de penser que les problèmes dont est accusé le malade se trouvent chez le dénonciateur imbus d'autosatisfaction et en mal de bien-être.

Les malades sont coupables

Posté le 23/09/2020 par Binh

Bonsoir, Vous êtes de mauvaise humeur, manifestement, ce soir. On y passe tous, ce n'est pas grave. On n'est pas coupable d'être malade, en effet, par exemple coupable d'attraper le cancer ou la covid19, sauf, quand même, si....on fume 3 paquets de cigarettes par jour, ou qu'on se promène sans protection dans un étage d'hôpital dédié aux malades infectés par le sars-cov-2 (le personnel soignant n'a t-il pas été sérieusement touché par cette épidémie, surtout au début de son expansion ?). Bref: on n'est pas "coupable" dans le sens "on n'est pas responsable" ? Oui, car on ne peut pas être responsable de tout ce qui nous arrive, médicalement parlant. Mais peut-on être un peu responsable individuellement (et un peu coupable, finalement, si on ne fait rien) dans une gestion meilleure de certaines pathologies ou de certaines activités relatifs à la santé de tous ? Par exemples, la critique collective ou individuelle de la malbouffe ou de la pollution (et nos choix libres de consommer ceci ou cela) peut avoir des effets médicaux bénéfiques (ou maléfiques) pour tous. Par exemple, éviter d'utiliser les urgences pour une simple coupure du doigt peut permettre de mieux soigner les malades réels. Par exemple, éviter la surconsommation de certains médicaments douteux pour un oui ou un nom, avec la complicité de certains médecins, pourraient peut-être permettre de dégager des finances publiques pour les consacrer plus judicieusement au traitement de certaines maladies. Si on n'est pas forcément coupable d'être malade (individuellement), on peut quand même être un peu responsable de ce qu'on fait pour soi et pour la collectivité. Merci.

Les cordonniers du transhumanisme

Posté le 16/09/2020 par Sylvie Richard

Waouh et Merci Qu'est ce que cela fait du bien de lire ces propos si sensés

Laurent chez le calculateur pharaonique

Posté le 16/09/2020 par Roger Hofer

Bonjour docteur ,

Quel plaisir de vous lire . Vous arriveriez presque à me réconcilier avec la médecine .
Vous êtes frappé du sceau du bon sens conforté par l’observation des faits.
Dans notre monde de tous les jours , on ne s’attend pas à rencontrer un personnage comme vous . Et pourtant....
9 années d’études résumées par « bouger plus , manger moins » , il fallait oser.
La prévention est la clé , mais elle coûtera des efforts que le patient n’est pas prêt à faire sauf comme vous le dites si bien, après une première attaque et donc une prise de conscience.
J’aimerais beaucoup vous avoir comme médecin . Las, vous ne mangeriez pas tous les jours avec un patient comme moi.
Longue vie docteur , éclairez nous encore pendant longtemps . J’ai toute confiance en vous.

Amicalement

Les cordonniers du transhumanisme

Posté le 16/09/2020 par René Mettey

Je rejoins tout à fait votre analyse. Dans mes conférences et sur mon blog (www.rene-mettey.fr, à la rubrique "mens sana in corpore sano) de recommandations pour augmenter l'espérance de vie, je donne en premier cet aphorisme "la meilleure façon de prolonger la vie, c'est de ne pas la raccourcir !" (id est pas de tabac, d'excès d'alimentatin, d'alcool,pas de conduites délétères etc.). L'homme est programmé pour vivre 100 à 120 ans (un mammifère vit 5 fois sa période de croissance, ici 20 ans pour l'homme, à savoir si on rajoute ou inclut cette croissance). Toutes nos techniques peuvent, et devraient, nous amener sainement et physiologiquement, à cet âge de mort. Vouloir aller au-delà est contrecarrer le programme, dont est a priori délétère.
Quant à votre remarque sur les religions, elle me rappelle la conclusion d'un article sur la cryoconservation : "vu le prix et la faible probabilité qu'on réveille sans dommage un mort congelé, mieux vaut se fier au dogme de la résurrection de la chair"...

Les cordonniers du transhumanisme

Posté le 16/09/2020 par François-Marie Michaut

Très très bel article sur un filon commercial tout simplement.... deshumanisant !
Pour oser parler de transhumanisme, encore faudrait-il dire clairement ce qu'on entend par humanisme. Les porte paroles du surhomme de demain, au surmoi visiblement gonflé au fréon pour tout clinicien, en sont bien incapables. Alors promettre avec les technosciences d'améliorer ce qu'on ne connait pas, c'est fort de café.
Quand on a une idée, même vague, de l'étendue abyssale de ce qu'on ne connait pas du fonctionnement du cerveau humain, la vieille histoire de l'apprenti sorcier ne peut qu'alimenter un "principe de précaution", pour une fois simplement sage. Un remède pour cela ? Continuer à chercher à apprendre, à se poser des questions, à ne pas tout gober d'où que ça vienne. Big Pharma et Hypertechno n'ont rien dans leurs tiroirs : les cordonniers de JLP sont bien, bien mal chaussés.

Les cordonniers du transhumanisme

Posté le 16/09/2020 par Isabelle Gautier

oui le grand marché de l'enfouinage mais il y a des TH authentiquement délirants qui croient dur comme faire - et il le font- à l'immortalité ;

L'âge n'est pas un facteur de risque

Posté le 04/09/2020 par Victor

J'ai trouvé un peu de lecture sur ce sujet dont la littérature est assez pauvre...
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3297980/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10335762/

Ça fait beaucoup de monde

Posté le 26/08/2020 par berthier

Une illustration toujours d'actualité:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/knock/video/x2po1b_le-docteur-knock-les-maladies-et-la

Ça fait beaucoup de monde

Posté le 26/08/2020 par Daniel Adam-Salamon

Celles et ceux qui s’agrippent aux statistiques médicales estiment que les mathématiques constituent le modèle même de l’évidence et que la justification de leur foi en cette évidence rend futile toute recherche des fondements de la propagation et donc de la réalité de la pandémie du coronavirus.

Comme le rappelle Hannah Arendt (Considérations morales), le fétichisme des mathématiques se ramène simplement à une « adhésion à des codes d’expression ou de conduites conventionnels et standardisés » dont la fonction, est « de nous protéger de la réalité, de cette exigence de pensée que les événements et les faits éveillent en vertu de leur existence ».

La crise éthique de la médecine (glissement du principe de dignité ver celui d'utilité) est également celle de l'hôpital, de l'éducation, ou tout simplement celle du libéralisme.

Contre la logique de la productivité et ses conséquences sur nos institutions et notre économie, la raison nous commande de ne plus sacraliser le chiffre et le rendement, mais de raisonner en termes de besoin et de dignité.

Ça fait beaucoup de monde

Posté le 25/08/2020 par Binh

Est-ce le marché seulement qui pousse à cette "démagogie sanitaire" ou plutôt L’État Providence moderne, lui aussi, qui autorise ou incite les citoyens à revendiquer une prise en charge par la société (les voisins donc) d'une santé qu'ils veulent recevoir gratuite et parfaite pour la consommer ensuite n'importe comment au risque de l'abîmer (alimentation malsaine, pratiques dangereuses en voiture ou en loisirs, prises de drogues en tout genre, etc) ? Un effondrement de nos démocraties est en effet possible sous le poids de la santé mais aussi sous le poids d'autres revendications de "droits" (à la sécurité, aux loisirs, au confort, etc) si plus personne ne veut en assumer une part minimale personnelle (pas forcément financière)....Dans le seul et simple exemple d'une activité de base estivale, la piscine, on voit ce danger de manière évidente: beaucoup de monde veut se rafraîchir (santé et loisir) mais quasiment personne ne veut prendre en charge le maintien du lien social minimal qu'exige une telle activité populaire (réflexions aux individus qui ne respectent pas les règles sanitaires ou sécuritaires). Résultat: besoin d'intervention de vigiles, de policiers ou de pompiers. Et ça fait beaucoup de monde mobilisé pour gérer une consommation ludique et sanitaire (souvent irresponsable) qui pourrait s'en passer.si les citoyens étaient moins intoxiqués à la protection publique ou à L’État.

Ça fait beaucoup de monde

Posté le 25/08/2020 par Patrice Queneau

Excellent le "bourbier de la démagogie sanitaire savamment manipulée par le marché"… à compléter par les turpitudes de nombreux politiques affamés de pouvoir et de lucre, sans oublier les très nombreux imbéciles qui pensent que seul compte ce qui se voit et se compte et que par essence "big is beautiful" !
Commentaire libre, témoin de l'intérêt que je porte à vos délicieuses et salutaires "humeurs médicales"; et donc à leur auteur !

Ça fait beaucoup de monde

Posté le 24/08/2020 par Massé Jean François

Excellent. Je partage tout à fait cette analyse. Il y manque, me semble-t-il un facteur important: celui de l'aspect médico-légal des conséquences de la décision ou de la non décision du soignant. Certes si tous les soignants se contentaient déjà de ne s'en tenir qu'aux recommandations dites officielles, cela allègerait sans doute la barque. Mais reste l'absence d'indépendance de ces mêmes recommandations qui continue de la charger par l'autre bord.... or à quoi le (la) juge peut-il (elle) se référer sinon aux recommandations ?

A propos du lavage des mains

Posté le 19/08/2020 par BOUCAUD MAITRE

J'ai donné une conférence à ce sujet intitulée "le lavage des mains, entre plaisir, rite, tradition et psychanalyse". Le sujet est très vaste. Le problème religieux tient une place importante dans cet acte, qui peut être lu à différents niveaux.

Le lavage des mains élimine aussi les doutes

Posté le 18/08/2020 par JL Rey

excellentissime
sans oublier qu’aucune étude ne montre la transmission de Covid et autres virus respiratoires par les mains

réponse à JF Massé

Posté le 18/08/2020 par Luc Perino

Dans tous les cas, cela diminue les hésitations, dans le bon ou le mauvais sens !!

Le lavage des mains élimine aussi les doutes

Posté le 18/08/2020 par Massé Jean François

Désolé, je n'ai pas compris la démonstration. J'aurais eu tendance à déduire de cette expérience que si le lavage des mains élimine le doute ce serait au niveau d'un choix effectué APRES le lavage et non pour entériner un choix effectué en amont. A l'appui de cette hypothèse l'expression "s'en laver les mains" illustre plutôt le refus de réfléchir ou de décider. En tout cas le comportement de Ponce Pilate (évoqué par Isabelle Gauthier, ci-dessous) qui se fait apporter une bassine, de l'eau et du savon en est le parfait exemple.
Non ?

Le lavage des mains élimine aussi les doutes

Posté le 18/08/2020 par Patrice Queneau

Délicieux ! anthropologie, science et bon sens font chez vous bon ménage ! C'est rare…
Merci et compliments
amitiés

Le lavage des mains élimine aussi les doutes

Posté le 18/08/2020 par Isabelle Gauthier

Ponce Pilate avait tout compris !

Le lavage des mains élimine aussi les doutes

Posté le 18/08/2020 par martine naffréchoux

Je partage votre intérêt pour la psychologie expérimentale mais cette implication (passée) m'a rendue très vigilante sur les procédures utilisées. Dans celle que vous citez, y a t il eu un troisième groupe d'individus "distraits" de leurs ruminations sur leur choix d'un CD mais par une autre tâche que celle de se laver les mains (se faire un café ? réciter une poésie ? changer de pièce ? consulter ses mails ? etc.). C'est seulement ainsi que l'on pourra avoir montré que c'est bien de se laver les mains qui compte et non pas seulement le fait de rompre le cours des pensées en intercalant une autre activité !!!

L'âge n'est pas un facteur de risque

Posté le 13/08/2020 par Boutin Jean-Paul

Tout à fait d'accord. Milos Jenicek et Robert Cléroux dans leur ouvrage désormais classique distinguaient les marqueurs de risque des facteurs de risque. L'âge est un marqueur de risque c'est à dire un caractère non contrôlable sur le plan épidémiologique. Ils y associaient le sexe, l'ethnie etc. Nul doute qu'aujourd'hui certains remettraient en cause ces autres critères au nom de quelques idéologies à la mode. Mais la novlangue en 5000 mots touche aussi le monde de l'épidémiologie et il n'y a plus que des facteurs de risque et des clusters...

L'âge n'est pas un facteur de risque

Posté le 11/08/2020 par Ducos Jean

Merci pour ces "humeurs " que je lis régulièrement et dont j'apprécie la pertinence ! celle ci m'intéresse particulièrement puisque je suis retraité et que mes enfants le sont aussi ....c'est dire que je ne suis pas un perdreau de l'année ! Mais grâce au 15 et à mes confrères nous sommes toujours là !
Je suis tout à fait de votre avis mais si l'âge n'est pas un facteur de risque en soi le médecin est bien obligé d'en tenir compte , en particulier , au moment d'adopter une thérapeutique et une prescription .

Profil de nos abonnés

Nombre d'abonnés (sept 2020) : 3975

Par catégorie professionnelle
Médecins 28%
Professions de santé 34%
Sciences de la vie et de la terre 7%
Sciences humaines et sociales 11%
Autres sciences et techniques 3%
Administration, services et tertiaires 11%
Economie, commerce, industrie 1%
Médias et communication 3%
Art et artisanat 2%
Par tranches d'âge
Plus de 70 ans 14%
de 50 à 70 ans 53%
de 30 à 50 ans 29%
moins de 30 ans  4%
Par motivation
Patients 5%
Proche ou association de patients 3%
Thèse ou études en cours 4%
Intérêt professionnel 65%
Simple curiosité 23%

La phrase biomédicale aléatoire

La fonction soignante a existé bien avant toute science médicale, mais est redevable au développement biomédical contemporain de pouvoirs autrefois inimaginables, avec pour contrepartie compréhensible un engouement propice à bien des excès.
― Alain Froment

Publications et articles référencés

Comment notre société peut-elle vivre avec cette pandémie - LHumanité, 17 novembre 2020 [...]

Patient zéro - Nouvelles du corps, Neon, octobre 2020 [...]

Ethique et obligations vaccinales - Revue française d'éthique appliquée, 2020, 1, p 11-13 [...]

Le patient zéro est toujours innocent - AOC, 15 mai 2020 [...]

Les oubliés du couple médecin-patient - Politis, N° 1595 , 17 mars 2020 [...]

Autres fiches patients

Trouble panique - I / Les mots et les faits Anxiété : état émotionnel et [...]

Céphalées - I / Les mots et les faits Une céphalée est une douleur ressentie à un endroit quelconque du [...]

Lombalgies, sciatique et cruralgie - I / Les mots et les faits Vertèbres lombaires : elles sont au [...]

Reflux gastro-œsophagien (RGO) – Régurgitations - Œsophagite - I/ Les mots et les faits Estomac (Gaster en grec) : gastro, gastrique : tout ce qui se [...]

Diarrhée aiguë de l'adulte - I / Les mots et les faits On parle de diarrhée lorsqu’il y a plus de deux selles liquides par [...]

Vous aimerez aussi ces humeurs...

Le lavage des mains élimine aussi les doutes - Les mesures d’hygiène sont la plus belle avancée sanitaire d’Homo sapiens, bien avant les [...]

Contagion de la violence : en médecine comme dans la rue - La « preuve sociale » est un principe de sociologie qui stipule qu’un individu ne sachant [...]

Biais de participation - Une étude sociologique dans les usines électriques Hawthorne a été réalisée dans les [...]

Massacres de vaccinateurs - En 2001, le monde avait tremblé d’un étrange effroi culturel en apprenant que les Talibans [...]

Laurent chez le calculateur pharaonique - Laurent est un cadre quinquagénaire, gourmand de technologie et avide de progrès. Pour son [...]

Haut de page