lucperino.com

Forum médical

Pour des questions médicales personnelles, veuillez plutôt contacter Luc Perino en donnant des précisions.

Cholesterol and co...

Posté le 02/03/2013 par nicole

"Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence." (A. Schopenhauer)

Humeurs ciselées avec pertinence

Posté le 27/02/2013 par nicole

"Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement." (F. Blanche)

Robots gériatres.

Posté le 26/02/2013 par Antoine

Finalement l'euthanasie serait une grosse perte pour la gérontechnologie !
Pardon, c'est méchant !

Méningite - vaccin

Posté le 25/02/2013 par Jean Marc

Les nouveaux vaccins n'ont plus le rapport bénéfice sur risque des anciens. Cela a commencé lorsque l'industrie s'est intéressé aussi aux vaccins. Auparavant, ce n'était que l'Université qui décidait des vaccins importants.
Quand on pense que le vaccin anti-rotavirus risque d'être conseillé un jour !! On croit rêver !

"À qui sait comprendre...

Posté le 22/02/2013 par nicole

...peu de mots suffisent." (Henri Beyle dit Stendhal)
Bel humour dans la gravité.
"Je ne plaisante jamais avec l'humour." (Frigyes Karinthy)

La cigarette au cinéma

Posté le 18/02/2013 par doc PP

Je propose que l'on décerne un César et un Oscar à la Cigarette pour l'ensemble de son œuvre historique au Cinéma.
Meilleur acteur: le fumeur
Meilleur actrice: la fumeuse
Meilleur scénario: le tabagisme
Meilleur metteur en scène: l'Industrie du tabac
Meilleurs effets spéciaux:le tabac (pour son effet cancérigène...)
Meilleur court-métrage :la cigarette (pour son rôle dans la mort subite)

Il y a la douleur, il y a la souffrance...

Posté le 17/02/2013 par nicole


D'un point de vue philosophique :
"On aurait tort de trouver cela abstrait. C’est très concret, au contraire : demander à quelqu’un où il a mal, c’est chercher un problème qu’on devrait pouvoir résoudre ; par contre, lui demander de quoi il souffre, c’est l’engager à parler de sa vie telle qu’il la supporte, dans son corps et dans son âme.
D’où cette conclusion dans le repérage des notions : la douleur s’oppose à la souffrance comme le savoir des uns (les soignants) s’oppose à la vérité des autres (les patients). Il peut aussi s’agir des mêmes. Car si la distinction du savoir (donc du bien) et de la vérité sépare les hommes et interdit de les croire égaux (ce qu’il ne faut pas confondre avec la dignité humaine dont par définition ils sont tous semblablement porteurs), elle les divise aussi, chacun pour lui-même : nous restons faits d’une alternative dont les termes sont l’innocence d’être n’importe qui (douleur) et la responsabilité d’être soi (souffrance).
De sorte que la responsabilité hésite idéalement entre l’appel au savoir commun qui résout tout en excusant tout le monde, et la singulière malédiction d’avoir à prendre la responsabilité d’être humain."
(Par Jean-Pierre Lalloz - "La douleur et la souffrance" - Réflexion philosophique - Septembre 2008)

"Douleurs en souffrance" :
Belle et pertinente réflexion dans cette nouvelle chronique.
Au départ, les intentions sont sûrement nobles : soigner la douleur et accompagner le malade dans sa souffrance.
Assister des personnes en fin de vie permet, par exemple, de comprendre pleinement les notions de douleur et de souffrance.

Mais dans nos sociétés de spécialisation, de surconsommation et d’uniformisation, parfois la machine s’emballe. C’est ainsi que toutes sortes d’institutions de traitement de la douleur ont vu le jour, et ont fini par entretenir, à grands frais, la "toxicité du geste", en alimentant les "placards à pharmacie" et en transformant les patients en personnes toxico-dépendantes.

Le grand perdant, à part le médecin généraliste, "partagé entre les sciences biomédicales, la santé publique et la médecine clinique", "c’est le vrai malade, qui se sent de plus en plus perdu dans le labyrinthe d’un système de soin dérégulé." Le grand gagnant est souvent le marché (cf différents Ouvrages de Luc Perino, dont le dernier "Les nouveaux paradoxes de la médecine")

Et les "douleurs restent en souffrance"... Finalement, qui a négligé les douleurs...
"Les paradoxes d'aujourd'hui sont les préjugés de demain." (Marcel Proust).

"Si vous ne lisez pas les journaux, vous n’êtes pas informés ; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés." (Mark Twain)
Et puis, il y a ceux qui informent efficacement.

douleur+-souffrance

Posté le 13/02/2013 par marc

Cher luc Périno , bravo pour cette analyse sur la douleur comtemporaine.
Effectivement , il est souvent reproché aux médecins de ne pas traiter suffisamment la douleur voire de ne pas connaitre le maniement des antalgiques ; la critique vient très souvent du monde para-médical ( infirmières , aide - soignantes , psychologues , etc.. )
d ' une manière plus ou moins virulente . Ces soignants assistent depuis une dizaine d ' années à des formations " douleurs " ( sponsorisées par big pharma ? ) où le message principal est que toute douleur doit et peut être soulagée . il serait plus utile de faire partager à ces soignants la complexité souffrance - douleur et de leur parler des rapports douleur-psychisme qui ne doivent pas être occultés . Je pense également que les centres anti - douleurs représentent un échec terrible ; ils rendent service à une petite minorité de malades , mais pour le reste c ' est un gâchis financier et une dépendance pharmacologique à vie ( polymédication abusive ) devant laquelle les pharmacologues intègres y perdent leur latin .


Somatogenèse ou psychogenèse.

Posté le 12/02/2013 par Anne aurélie

Pour prolonger la reflexion, lire le chapitre consacré à l épistémologie par le Pr MC Hardy Bayle ( dans le Manuel de psychiatrie de F Rouillon, 2012) ou encore l article "une complémentarité des pratiques et des métiers est elle possible ?" (Dans ouvrage du même titre Doin 2004 p 1-55) de MC Hardy Bayle également. Une proposition de théorisation de la pratique qui dépasse alors la question organogenèse / psychogenèse et comment l HAS malgré une véritable intention d épistémologie thérapeutique ( de constituer un savoir thérapeutique) se trompe dans ses méthodes qui favorisent le savoir biomédical. D ou sa proposition de théorie de la pratique...

Une théorie pour rester bonne et scientifique...

Posté le 10/02/2013 par nicole

"La théorie est l’hypothèse vérifiée après qu’elle a été soumise au contrôle du raisonnement et de la critique. Une théorie, pour rester bonne, doit toujours se modifier avec le progrès de la science et demeurer constamment soumise à la vérification et la critique des faits nouveaux qui apparaissent. Si l’on considérait une théorie comme parfaite, et si on cessait de la vérifier par l’expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine."
(Docteur Claude Bernard)

La Science - Bienfait ? Danger ?

Posté le 01/02/2013 par nicole

"Il est étrange que la science, qui semblait jadis inoffensive, se soit transformée en un cauchemar qui fait trembler tout le monde." (A. Einstein)
Dans son livre "Le Meilleur des Mondes" (excellent ouvrage visionnaire), Aldous Huxley (1894-1963) dit que "La science est un danger public. Elle est aussi dangereuse qu'elle a été bienfaisante."
Voilà de quoi méditer...

Juste une pilule d\'épidémiologie

Posté le 30/01/2013 par Maïlys de Toulouse

Enfin un discours raisonnable MERCI
Les distorsions cognitives autour de ce débat sont nombreuses, entre :
- un gouvernement qui "dérembourse pour préserver sa population" ???? Cela n'a pas de sens si il y danger il faut le retirer du marché...!
- et des praticiens qui témoignent en fustigeant l'industrie pharmaceutique ????? Serions nous plus à l'aise en fabriquant nous même nos décoctions de plantes dans notre salle de repos...!
IL FAUT RAISON GARDER comme vous nous y inviter.
Vous avez parfaitement posé les forces en présences.
MERCI

Incidentalomes - "à prendre très au sérieux"

Posté le 30/01/2013 par nicole

"Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité." (A. Einstein)
On deviendrait presque inventeurs et "vendeurs de maladies"...

Merci pour ce brillant exposé sur les "Incidentalomes" !
"La médecine a fait tellement de progrès que plus personne n’est en bonne santé." (Aldous Huxley)

Et même si "Toute la vie n'est qu'un voyage vers la mort." (Sénèque)
Un homme averti en vaut deux !

Pilules

Posté le 28/01/2013 par Sophie

J’étais furieuse le jour où ils ont présenté la plainte aux info (14 déc) car même le médecin interviewé n’a pas cité l’association tabac-pilule comme dangereuse et, de ce fait, on ne sait pas si cette fille fumait ; or je suis bien d’accord avec vous que le risque augmente nettement ; si ce n’est l’AVC, c’est l’embolie pulmonaire ou d’autres troubles de coagulation, notamment pendant ou juste après l’accouchement (même si elles ont arrêté pendant la grossesse)
J’en ai eu rien que 3 dans ma propre famille élargie et pourtant nous ne sommes pas 10 000 femmes…
Les journalistes ont encore une fois raté l’occasion de faire œuvre utile mais je ne peux rien leur dire car je suis médecin du travail dans un labo, donc ils diraient que je suis achetée !
Bonne soirée à vous et bien amicalement

deux humeurs

Posté le 26/01/2013 par Emmanuel Venet

Merci pour ces envois, toujours roboratifs et subtilement malicieux.
Cordialement

Réponse à Françoise

Posté le 25/01/2013 par Luc Perino

Que les médecins gèrent les AVC comme ils l'entendent en fonction de leur savoir clinique et de leur connaissance du patient.
Mais, le message publicitaire s'adressait directement au grand public en lui demandant d'alerter le SAMU !
Ne trouvez-vous pas cela très amusant ?...
Moi si, et je vous certifie que je n'ai pas la moindre réticence à tout progrès médical, clinique et thérapeutique.
Ne comprenez-vous pas que le médecin est presque désormais considéré comme un frein à la consommation médicale débridée ?
C'est cela seulement qui doit nous faire réagir et non pas la façon dont on prend en charge les AVC, qui seront de toutes façons toujours l'ultime façon de mourir.

Appelez vite le SAMU

Posté le 25/01/2013 par Françoise

En mettant sur le même plan : intervention rapide en cas de symptôme probable d'AVC et actions préventives douteuses, je trouve qu'on brouille les cartes.
Quelle conclusion est-on censé tirer de l'article : l'AVC quand ça arrive, ça arrive, et ça suit son cours? Corollaire : La médecine doit arrêter de vouloir faire plus et mieux qu'avant (il y a de cela 10 ans, 20 ans...).
Je me doute que la conclusion voulue n'est pas celle-là, mais quelle est-elle?

Réponse à A. Ellrodt

Posté le 25/01/2013 par Luc Perino

Vous trouverez de nombreux articles sur pubmed en faisant la jonction Oestroprogestatives and vascular.
En ce qui concerne l'association avec le tabac, cela est un peu plus difficile, mais certains articles parlent d'une multiplication du risque par 11 !!
Les chiffres que j'ai donnés sont probablement en dessous de la vérité. Le tabac reste donc de loin le principal multiplicateur des risques de la pilule et il est largement négligé lors des prescriptions.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que le risque d'AV lors de la grossesse est de 6/10 000 (soit plus que les pilules de toutes générations !) Ce risque passe à 8/10 000 pour les grossesses après FIV.
Henriksson P et coll. : Incidence of pulmonary and venous thromboembolism in pregnancies after in vitro fertilisation: cross sectional study
BMJ 2013;346:e8632

En termes épidémiologiques, nous pouvons dire que tout cela est presque amusant !!!
Dommage qu'il y ait de vraies vies derrière tous ces chiffres !

humeurs

Posté le 25/01/2013 par Pascale

j’aime bien vos chroniques que je lis de temps en temps sur votre blog, n’étant ni lectrice du Monde ni du Généraliste. A quand une chronique dans le Télérama que je lis toutes les semaines ?

réponse à Pascal Gache

Posté le 25/01/2013 par Luc Perino

Normalement vous trouvez sur le site à la page film les liens avec le producteur arturo-mio et avec le distributeur MK2.
Je suppose qu'ils en ont toujours ?

Deux humeurs

Posté le 25/01/2013 par Mireille

Pourriez-vous faire un article sur la disparition des généralistes ? Pourquoi ? Mon mèdecin, centre de Villeurbanne, prend sa retraite et n'a pas trouvé de remplaçant. J'essaie d'en retrouver un : on me refuse, " j'ai déjà trop de patients " ! C'est un vrai problème.
Avec toute ma sympathie.

deux humeurs

Posté le 25/01/2013 par Dr Olivier Lo

Croustillants (!)
Merci

Pilule

Posté le 25/01/2013 par Pr Patrice Queneau

Superbe !
Le prof de thérapeutique applaudit !
Bravo
Amitiés

deux humeurs

Posté le 25/01/2013 par Frédéric

Luc,
Tes deux humeurs sont extra. Mais je trouve que tu es trop sympa avec les corses connus pour leur corsite aigue !!

Juste une pilule...

Posté le 25/01/2013 par nicole

Plein de bon sens, de franc-parler, et très instructif.

1. A quand un enseignement efficace de l’éducation sanitaire à l’école, et ceci dès le plus jeune âge (voir la thèse d'Elodie Malzevin sur ce site). L’éducation, telle qu’est est pratiquée de nos jours est, malheureusement, souvent un système d’ignorance imposée. Connaître son corps est indispensable.

2. Sur cette lacune, vient se greffer un problème de relation médecin-patient, souvent perturbée par l’industrie de la santé.
Un "imbroglio éthico-commercial" (chronique sur RCF du lundi 21 janvier 2013) qui perturbe la relation soignant-soigné, ainsi que les droits et devoirs réciproques.

3. Et une situation dont souffrent souvent les patient(e)s : le manque d’information.

"Si jamais vous avez des filles, laissez-les lire."
(Jean de La Fontaine)
Merci aux médecins courageux qui nous informent.

Juste une pilule d\'épidémiologie

Posté le 25/01/2013 par A. Ellrodt

Merci.

Je cherchais en vain le risque d'accident vasculaire ou EP chez les jeunes femmes mais d'où le tenez vous ?

En effet tout article moderne astique les chromes en mettant en avant des RISQUES RELATIFS MIROBOLANT OU EFFRAYANTS (augmente de 30% la survie, reduit de 20% les AVC... oubliant de préciser qu'il s'agit du risque relatif et non du vrai risque qui est le RISQUE ABSOLU.


Et malgré les mises en gardes répétées des statisticiens compétents, les revues les plus huppées continuent d'accepter de publier les résultats sous cette forme. Loi du marché ?

SI le chiffre que vous citez pour le risque d'"AV" (EP + AVC ? ) d'une femme en âge de prendre la pilule est exact, l'augmentation du risque d'AV n'est en effet "multiplié par 2" ce qui fait trembler dans les chaumières, le VRAI risque, celui qui pour les femmes sous pilule, est de 1 à 2 pour 10000, soit 0,01 à 0,02 %.

Ce n'est pas rien, certes ce n'est pas une multplication par 2.

votre film

Posté le 24/01/2013 par Pascal GACHE Genève

Cher ami,

je suis le Dr Pascal GACHE de Genève, on s'est rencontré lors de votre venue en 2008. Vous aviez parlé devant les MG et les internes de notre policlinique.
Question: Comment se procurer votre film ? Le lien Fnac indique qu'on ne trouve plus le DVD par la FNAC
Alors comment faire
Merci de votre aide

Juste une pilule d\\\'épidémiologie

Posté le 24/01/2013 par Dr Alain TARATE

Que du bon sens!

Juste une pilule d\'épidémiologie

Posté le 24/01/2013 par Un médecin fatigué

Il serait bon d'expliquer une fois pour toutes à nos patient(e)s que le risque zéro n'existe pas et ce quelque soit le médicament prescrit . Concernant la pilule , rappelons qu le risque de thrombose est beaucoup plus élevé ... pendant la grossesse .
Arrêtons de traiter les médecins d'incompétents et de vendus aux laboratoires pharmaceutiques ou notre médecine ,déjà bien fragilisée par tous ces pseudo scandales à répétition ,va s'effondrer définitivement . Tout cela parce qu'on a décidé en haut lieu de discréditer le médicament en général pour faire des économies de santé ...

Juste une pilule d\'épidémiologie

Posté le 24/01/2013 par

Plus de la motié des femmes qui me consultent, et qui fument en prennant la pilule me disent que le risque qu'elles courent est de faire un cancer du poumon. Le risque d'AVC est avancé par une minorité de patientes (en fait quasimenent jamais). Il y a donc un devoir du médecin à éduquer, ce que vous notez fort bien et qui reste d'actualité. Heureusement / malheureusement, l'actualité récente relative aux pilules 3G va sensibiliser cette population.

Pathologie culturelle.

Posté le 24/01/2013 par

Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.
Ch. Aznavour

pilule

Posté le 24/01/2013 par Dr mathevon

C'est vrai, toutes les pilules sont dangereuses, modérément! Le stérilet est plus sûr à tout âge.
Pb d'incompétence à la pose et de manque de formation. Et puis l'industrie veille pour vendre chaque jour plutôt que chaque 3 ans. Simplement.

Pathologie socio-culturelle

Posté le 01/01/1970 par nicole

"Une culture, c'est le mode de vie d'une société".
(Ralph Linton - extrait des fondements culturels de la personnalité).

Le soignant doit sûrement de plus en plus faire face à la diversité socio-culturelle des patients.
Soigner sans tenir compte des facteurs socio-culturels, reviendrait à imaginer une Poste sans tri préalable (sûrement improductif, en tout cas incomplet avec "risques de contamination") ; l'intérêt étant justement d'analyser et d'interpréter les différences, et de prendre en compte les besoins de chaque personne dans son contexte socio-culturel.

Merci pour cette nouvelle "Humeur" qui ouvre la voie à une réflexion très intéressante, et qui sait, peut-être un jour, à un diplôme universitaire de "pathologie socio-culturelle"... :-)

"Rester humain, bien écouter et comprendre la demande et les besoins spécifiques à chaque malade, sont des bases essentielles du rôle médical. La technique n’est qu’un simple outil de soins. Notre bon sens doit alors nous orienter vers la valorisation du savoir-être aussi parce qu’il profite au savoir-faire. Lorsque l’humain prime, la technologie n’en est que plus efficace et performante, donc rentable. Fondamentalement, nous avons tous à y gagner."
(excellente étude à lire sur ce site - F. Taïebi, A. Braillon, P. Andrieux).

"Pour rendre le Bien-vivre désirable, nous devons apprendre, pas à pas, à opposer à la jouissance d'avoir, une autre jouissance, une jouissance d'être. Car l'être humain est d'abord un être social."
(Paul Ariès)

Master

Posté le 18/01/2013 par Virginie

Merci pour votre brillant exposé au master de philo.
Etes-vous vraiment certain que la moitié des médecins pensent comme vous, mais se taisent ? Je suis un peu moins optimiste que vous.
Merci aussi pour les articles en cancérologie. Edifiant !!

Cancers

Posté le 15/01/2013 par Maelys

Depuis Welch, je n'avais encore rien lu de si pertinent et diplomatique pour aborder franchement les excès de la cancérologie.
Sera-ce utile ????

Adage d'hiver

Posté le 14/01/2013 par nicole

Le remède contre le rhume :
- Lire les "Humeurs" :-)
- "N'être pas dans le vent. A force d'être dans le vent, on finit par attraper des rhumes." (Jean Dutourd)
- Et "prendre son rhume en grippe", en n'oubliant pas "la cuillère de miel donnée par une main amie".
Chaleureuse et indispensable "Humeur" hivernale !

Et merci pour les excellentes "Chroniques Santé" sur RCF !
La valse des chiffres et des sigles a-t-elle remplacé la médecine clinique et le bon sens ?
"Nostalgique, rétrograde" ?
"Le signe pathognomonique" fera-t-il disparaître le médecin ?
"Les mots peuvent ressembler aux rayons X si l'on s'en sert convenablement - ils transpercent n'importe quoi."
(Aldous Huxley)

Redéfinir la cancérologie (Le Monde)

Posté le 08/01/2013 par nicole

Merci pour cet article construit d'une manière remarquable.
Des questions percutantes,
Des réflexions pertinentes.
Avec une grande dextérité, Luc Perino nous montre combien la cancérologie a besoin d'accéder au rang de Science.
Plus que jamais.
"L'erreur est une chose commune ; seul l'ignorant persévère dans l'erreur." (Cicéron)

votre article sur Le Monde

Posté le 07/01/2013 par Ariel Conte (association coridys)

Bonjour.
J'ai été intéressé par votre article "Il est temps de redéfinir ce qu'est vraiment un cancer".
Il y aurait de quoi écrire une thèse sur ce que vous dites à la fin de votre article : "La terminologie de la cancérologie doit évoluer pour faire accéder cette discipline au rang de science. Il s'agit d'un impératif d'autant plus catégorique que les cancers sont un fléau de l'humanité. "

Ce travail sur la terminologie est indispensable, mais je crains que faire accéder cette discipline au rang de science soit malheureusement impossible.
Un ouvrage remarquable a été écrit sur ce sujet en ... 1934, par Ludwik Fleck : "Genèse et développement d'un fait scientifique" (Médecine et sciences humaines / Les Belles lettres).
Si vous ne l'avez pas lu, il vous passionnera.

Vous citez la schizophrénie. Exemple intéressant. Relisez ce qu'en disaient les psychanalystes français (médecins ou non), au moment où C. Frith a publié "Neuropsychoologie de le schizophrénie" (1996).
Les travaux sur la nomenclatures sont toujours extrêmement difficiles et les étiquettes médicales deviennent toujours très approximatives dès qu'il s'agit d'un trouble complexe (j'en ai fait l'expérience dans le champ des troubles des apprentissages).

Il est très intéressant d'étudier les nomenclatures internationales et la méthodologie qui a été suivie pour les élaborer.
La démarche de Robert Spitzer dans l'élaboration du DSM III et IV est exemplaire.
Il a fallu plus de 30 ans pour élaborer la CIF de l'OMS (et les pressions des compagnies d'assurances américaines ont été fortes).
Il est intéressant de voir que dans le champ du handicap, on s'intéresse maintenant à la "situation de handicap" qui, au delà du diagnostic, inclut le poids de l'environnement et la notion de compensation.

Les nomenclatures évoluent en permanence, en fonction de l'évolution scientifique (médecine, mais aussi neuropsychologie cognitive, génétique, etc.) et aussi en fonction de l'évolution de la société (l'homosexualité était encore classée dans les pathologies, il n'y a pas si longtemps).
Cordiales salutations.

Adage d\'hiver.

Posté le 06/01/2013 par Rafael Meister

Vos humeurs médicales ont toujours stimulé ma réflexion qui presque toujours allait dans votre sens. Certes, le rhinosinusite banale est surtraitée, notamment par antibiothérapie et anti-histaminique systémique. Toutefois, lorsque mes patients présentent une obstruction nasale complète avec douleur sinusienne, toux nocturne souvent insomniante et un écoulement postérieur, je leur prescris volontiers un traitement d'AINS pour 3 jours associé à un nasoconstricteur locale pour une durée maximale de 5 jours ( 3X1 nébul/j), tout en les mettant en garde contre les risques d'un ttt excédant cette durée. Le passage systémique d'un traitement nasoconstricteur à cette dose et quasi nul. Je peine à croire qu'à cette posologie, le risque d'effet secondaire soit si supérieur au bénéfice, qui certes, n'est que de confort mais si appréciable.
Alors je demande à être convaincu que mon ttt de la rhinosinusite tue plus que la méningite.
Cordialement

cahier ST Le monde

Posté le 06/01/2013 par Pr Granier-Dupont

Bravo, vous avez réussi à dire ce que les confrères attendent, sans trop vexer les cancérologues!!! Délicat !!!

Le Monde

Posté le 05/01/2013 par Dr Thomas

Bonjour,
Votre tribune sur Le Monde de ce jour est exemplaire. Quelle clarté pour dire ce que je pense depuis longtemps, le mode de la cancérologie a vraiment besoin d'un coup de peigne.
Merci.

J'ai LA mémoire qui flanche...

Posté le 31/12/2012 par nicole

Bien intéressantes vos observations.
Les p'tits tiroirs, là-haut, ont sûrement leurs secrets.
C'est une explication poétique bien sûr. Mais Alfred de Vigny disait que "La poésie est une maladie du cerveau." !

Moi-même, j'ai remarqué que le cerveau sait être sélectif.
Les fonctions cognitives du cerveau sont extrêmement complexes : la mémoire, l'attention, les fonctions langagières, les fonctions exécutives, les fonctions visuo-spatiales.

Rien que pour la mémoire, il y a la mémoire sensorielle qui est, paraît-il, la plus éphémère, la mémoire à court terme qui prend le relais durant un court temps et dont la capacité est limitée en quantité (mémoire de travail), puis la mémoire à long terme qui intervient lorsque l'on souhaite retenir plus longtemps une information (contenance et stockage illimités...), elle-même soit épisodique, soit sémantique, soit procédurale.
Peut-on dès lors dire : "J'ai LA mémoire qui flanche !" ? :-)
Il paraît que plus on met d'indices émotionnels, mieux on mémorise... "Le caractère émotionnel est important : nous ne pouvons retenir ce pour quoi nous ne voyons pas d'intérêt ou de sens."

L'attention est, elle aussi, une fonction cognitive très importante (volontaire, sélective, partagée).

Enfin, je ne suis pas spécialiste. J'ai lu un jour un travail sur les fonctions cognitives du cerveau, d'où ces quelques renseignements. Bref, on est loin de tout comprendre... Mais alors quel génie ce cerveau !

La motivation active les fonctions cérébrales

Posté le 31/12/2012 par Jean-Pierre Bernajuzan

Déficits légers...

Vous parlez de déficits plus ou moins légers dus au vieillissement...
Pour ce qui me concerne, je constate une évolution particulière :
- Jeune, j'avais une excellente mémoire, j'enregistrais tout au premier contact ; jusqu'à l'âge de 16 ans, j'aurais pu raconter tous les livres que j'avais lu, pratiquement au mot à mot.
- Puis cette capacité s'est amenuisée, et maintenant j'ai du mal en enregistrer tout nouvel élément, même répété. J'ai du mal à me souvenir du début du livre que je suis en train de lire. Difficultés de concentration...

- Par contre, tout ce qui entre dans la logique de ma réflexion développée depuis mon enfance, je l'intègre immédiatement dans la logique du "corpus" de ma connaissance générale, sans effort.
- Enfin, ma capacité de découverte, d'invention, de conception... est plus grande que jamais. Cette capacité d'invention repose sur mon expérience, sur mon vécu réfléchi. Toujours sans effort.

C'est très bizarre de voir ses facultés très amoindries sur certains points, et plus que jamais opérationnelles sur d'autres.
Pour ma part, c'est évidemment la motivation qui est déterminante : j'ai besoin de comprendre, et d'inventer des solutions, par contre l'accumulation de nouvelles informations ne me semblent pas utiles... ou plus exactement, je retiens celles qui me sont utiles.

Voyage sur des routes de mots et d'images

Posté le 28/12/2012 par nicole

Et les jours glissent sur le fil du temps...
Bientôt une nouvelle année, meublée par le quotidien, et par de nouvelles "Humeurs" et Instructions utiles et vitales.

Tout changement est douleur, mais que cela soit le bonheur, que cela soit la douleur, qu'importe, ils tracent tous les deux un passage !

Merci pour toute cette précieuse connaissance de l'année presque terminée.
"Les mots justes trouvés au bon moment sont de l'action."
(Hannah Arendt)

Pour toute la vie.

Posté le 27/12/2012 par Bouthayna Ben Hassen

Bonjour professeur,

comme toujours vos humeurs sont d'une véracité pour ainsi dire époustouflante. Vous mettez en avant des événements certes évidents (ou pas), mais une évidence qui les rend ... invisibles.

Il en va s'en dire que ceci entraîne un laissé-allé concernant la prise en charge des patients par les systèmes de soin, comme par exemple le complexe industries pharmaceutiques/sécurité sociale, en obligeant la prescription de génériques et en médicalisant toutes sortes de "bobos" (comme la grossesse par exemple) tout en délaissant de vraies questions médicales, comme la pharmacodépendance pour n'en citer qu'un.

Le laissé-allé est aussi valable pour les patients eux-mêmes, et tout simplement l'être humain en général. Le mode de vie dans lequel nous vivons est pour ainsi dire devenu "un standard", dont on aurait du mal à expliquer le mode d'emploi...

NB :Ceci vaut bien sûr pour une population donnée, je néglige pas le fait qu'il y ait des endroits dans le monde qui ne possèdent pas 1/3 des ressources indispensables pour vivre dignement et qui ne mène en rien le même mode de vie qu'ici....

les trois dernières humeurs

Posté le 24/12/2012 par Anne Marie

Merci, continuez
Cordialement

Siglo-anglo-phonie

Posté le 23/12/2012 par nicole

Pas d'fin du monde ! :-o
Va falloir continuer avec la siglo-anglo-phonie qui s'enrichit, toujours et encore (cf Humeur "Êtes-vous siglophone ?")

Certains articles parlent du MCI comme d'une "flagrante myopie intellectuelle". Egalement de l'éventuelle mise en place d'un dépistage "dès lors que des traitements efficaces auront été trouvés"...

"Le médecin clinicien doit faire profiter son patient des progrès de la médecine tout en le protégeant de ses excès...
L’avenir du soin et le maintien de la globalité du patient sont à ce prix..." (Luc Perino)

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles." (Sénèque)
Merci d'oser, et osons avec vous !

Déficits légers

Posté le 21/12/2012 par Jean Bernard

Bonjour, En plus, avec la fin du monde qui doit toujours arriver incessament, on va pas s'en faire pour tous nos déficits légers.
Dépensons sans compter.

La nouvelle "Bible" du DSM-5...

Posté le 20/12/2012 par nicole

devrait être publiée d'ici mai 2013. Plus volumineuse que jamais.
DSM-5 : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (Manuel diagnostic et statistiques des troubles mentaux, 5ème édition)

Avant même sa publication, le DSM-5 est hautement critiqué et fait l'objet de polémiques et de controverses. Le syndrome d'Asperger, par exemple, deviendrait "trouble du spectre autistique". Et plein d'autres modifications et nouveautés...

En espérant que les émotions normales échapperont à cette classification. Sinon, nous en serions réduits à devenir de simples "robots biologiques"...

Réponse à Yvonne

Posté le 19/12/2012 par Luc Perino

Parce qu'il est "léger".
Désolé de ne pas pouvoir répondre de façon plus détaillée!

Déficits légers.

Posté le 19/12/2012 par Yvonne

Oui, mais comment être sûr que le déficit léger n'est pas grave.

L'Humour dans les "Humeurs"

Posté le 17/12/2012 par nicole

"Face à une pensée rigide et oppressive, un usage rationnel de l'humour peut être libérateur." (Michel Schiff)

Humour tendre et léger,
Incisif et percutant,
Intemporel,
Puissant,
Aérien,
Thérapeutique,
Et toujours instructif.
Plus que des mots,
Des sentiments, des émotions partagés.

Merci pour ces moments édifiants à la Table des "Humeurs" !

à JCS

Posté le 13/12/2012 par Luc Perino

Difficile de trouver le juste ton entre un question d'internat et un billet de vulgarisation et de mise en garde.
L'insuline est le plus connu des traitements à vie. Il y en a deux ou trois autres en effet. Je peux faire une petite modif dans ce sens.
Merci de votre lecture attentive

Pour toute la vie

Posté le 13/12/2012 par JCS

Pour les traitements à vie obligatoires, il faudrait ajouter à l'insuline, la thyroxine et la B12 en cas de Biermer.

Pour toute la vie

Posté le 10/12/2012 par nicole

Et notre esprit instruit vagabonde avec nos chères têtes blondes...
Alors que, souvent, on ne s’y attend pas, les réflexions de ces petits chérubins ne sont pas dénuées de bon sens. On a même parfois du mal à garder notre sérieux devant leur repartie.

Eh oui, il y en a qui sont morts pour toute la vie,
Il y a en a qui prennent des pilules miraculeuses pour toute la vie,
Ces fameux "traitements à vie" qui transforment nos modes de vie et nous permettraient même de prévenir la mort...
Et... il y en a même qui sont "vivants pour toute la vie" ! Fallait y penser ! :-o

Quel beau mariage de poésie, de tendresse, d’humour et... de réalité marchande sur fond d’ignorance et de naïveté créées et entretenues de toutes parts.

Grand Merci pour cette Nouvelle Humeur sérieuse, instructive, et néanmoins rafraîchissante ! :-)

P.S. : Et semaine après semaine, sur les ondes, les messages se suivent et se ressemblent. Aujourd'hui, c'est au tour de l'ARC : "Guérir deux cancers sur trois"... Mais comme c'est bientôt "la fin du monde", il n'y a aucun souci !! :D Comme le dit si bien Monsieur Perino dans son Humeur, "je lui ouvre parfois l’humour pour qu’il s’y ébroue un peu."

réponse à V. Voisin

Posté le 07/12/2012 par Luc Perino

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive, ce sont quelques exemples à titre comparatif !!

Pensons à nos morts du dernier trimestre.

Posté le 05/12/2012 par vincent voisin

d\'après mes calculs cher docteur, ça ferait 80000 personnes qui ne seraient pas comptabilisé dans la liste des projets de fin de vie !

Vite... le SAMU

Posté le 05/12/2012 par nicole

Et sur les ondes, les messages se suivent et se ressemblent, avec toujours le même but :
- Peur, incertitude et doute.
- Désinformation savamment orchestrée.
- Brouiller la frontière entre le rêve et la réalité.
Sans compter que c'est tout de même réducteur pour nos excellents médecins cliniciens, "négligeants"... :>

Le rêve savamment entretenu est un levier très efficace.
Puisqu'on aura accédé aux rêves les plus fous des gens ("plus de cancers, ni de maladies cardio-vasculaires, grâce à des dépistages généralisés de plus en plus précoces" et des technologies de plus en plus avancées), dès lors que "vous constaterez que quelqu'un est vieux"... laissez-le vieillir tranquillement, par "tous les bouts" ; et là enfin, irrémédiablement, la réalité aura rattrapé le rêve !

Merci pour ces "Humeurs Médicales", éthiques, instructives, littéraires, entre humour et gravité, et qui nous sensibilisent à des sujets vitaux.

"Le mode de pensée qui a généré un problème ne peut être celui qui va le résoudre." (A. Einstein)

Vos billets

Posté le 05/12/2012 par Fabienne Swiatly

Je lis vos billets avec un bel intérêt, me permet ce court témoignage, vous lirez si le cœur vous en dit :

Levée tôt ce matin pour me rendre à mon rendez-vous chez l'ORL. Il neige.
Sur le parking du Pôle Médical (l'hôpital), beaucoup d'eau, mes bottes sont trouées. Pieds mouillés, j'ai froid.
Attente devant une télé suspendue - émission médicale : des prématurés, du sang, des appareils respiratoires (salle d'attente !)
Le médecin a une demi-heure de retard (je suis sa première patiente - le terme est vraiment approprié).

Il fait froid dans le cabinet. Il m'installe, m'ausculte l'oreille et dit qu'il faut nettoyer. A l'aide d'un crochet, il me nettoie. J'ai très mal, je crie.
Il s'étonne. Décidément je suis bien douillette. Je m'excuse, je pleure, je dis la fatigue, la douleur... il dit : tout de même.
Puis il se tait. Mon oreille saigne. Elle saigne pas mal.
Il fait : ben merde.
Il tamponne. ça saigne toujours.
Il dit : effectivement je vous ai fait mal. C'est bizarre tout de même. Il est gêné, s'excuse, tamponne. Je pleure.

A la fin de l’auscultation, il diagnostique un eczéma interne et une importante arthrose de la mâchoire.
Je pleure. Il est toujours étonné de ma douleur et je me sens coupable.

Il prescrit des huiles, des cachets, une gouttière pour la nuit et me conseille d'arrêter de me ronger les ongles.

Je paye. Je sors. Je m'installe au volant, il pleut. Je me sens vide. J'ai les pieds mouillés.

Sur la route du retour, l'épaisse brume mouillée se déchire un moment et les sommets du Massif des Bauges apparaissent d'un gris bleu magnifique.
Oui, je vais arrêter de me ronger les ongles.
Mon oreille ne saigne plus.
Bien à vous

Réponse étude MEGA

Posté le 05/12/2012 par Luc Perino

Pour moi, cette étude montre que l’efficacité des statines est peut-être essentiellement due à leur effet antiinflammatoire.
C’est en tout cas la première étude (indépendante ?) qui montre une efficacité en prévention primaire.
Par contre la différence au niveau de la mortalité globale est à la limite de la significativité et ne mérite pas l’enthousiasme soulevé par cette étude.

Quant à son extrapolation au peuple européen, je n’ai pas vraiment d’avis.
On dit volontiers que chez les asiatiques, le dosage de plusieurs médicaments (benzodiazépines par ex) est moindre pour le même effet.
J’ignore si c’est le cas pour les statines.

Cette étude ne me convainc pas sur la prescription de statines en prévention primaire, mais confirme un intérêt en prévention secondaire.
Vous pouvez penser, comme moi, que l'intérêt bien faible en comparaison à des mesures hygiéno-diététiques.

étude MEGA

Posté le 04/12/2012 par Sylvain Duval

Bonjour,

j'aimerai avoir votre avis des résultats de l'étude MEGA, à partir de données factuelles publiées.
Je vous ai choisi car vous avez un degré d'expertise élevé dans l'analyse des études cliniques.

Sylvain Duval

Nuremberg, réponse à Isabelle

Posté le 01/01/1970 par Luc Perino

Même réponse qu'à J.C. Salomon, j'ai modifié en ce sens sur mon billet. Tuskegee a servi à introduire les lois de bioéthique aux essais cliniques.

réponse à J.C. Salomon

Posté le 04/12/2012 par Luc Perino

Effectivement, tu as raison, les lois de bioéthique remontent à Nuremberg. Tuskegee a été l'occasion de les adapter aux essais cliniques et à créer des organismes de contrôle pour ces essais.
Je corrige sur mon texte.
Amitiés ++

Mon cher Luc

Posté le 04/12/2012 par J.C. Salomon

Je crois qu'il faut faire remonter au "code de Nuremberg" la date des premières lois de bioéthique.

L'expérience de Tuskegee, que tu dénonces très justement, montre que les nazis n'étaient pas seuls à considérer des humains comme des objets d'expérience.
Les pays où l'on stérilisait à des fins eugéniques était nombreux et souvent "démocratiques"

Rappelons seulement que Pasteur, le grand Pasteur, dans une lettre, restée célèbre, à l'empereur du Brésil, demandait qu'on lui confie quelques condamnés à mort pour expérimenter,. Voir ci-dessous.
Si l'on fouille dans l'histoire moderne de la médecine, je suis certain qu'on pourra trouver d'autres cas exemplaires.

Peut-on juger avec notre morale d'aujourd'hui les actes d'hier ? Oui on le peut, mais ce n'est probablement pas équitable.

Mon grand-père qui était un brave et honnête homme, qui votait radical socialiste at admirait Jaurès, était convaincu de la supériorité des blancs.

Après l'étude de Tuskegee

Posté le 04/12/2012 par Catherine N.

Quelle histoire ! Merci de partager tout ceci avec nous. Amitiés

Bravo

Posté le 01/01/1970 par Olivier

n'arrête pas luc, je me marre

Après l\'étude de Tuskegee.

Posté le 04/12/2012 par Isabelle

Bonjour,

Merci pour ces trois humeurs que je découvre ce matin!
Pour la bioéthique, le code de Nuremberg rassemble ds principes acceptés déjà avant le procès du même nom et marque un point de référence dans la bioéthique, malgré l'absence de force contraignante. La déclaration d'Helsinki semble avoir eu plus de poids. Mais comme les déclarations ne suffisent pas, il faut bien sûr y ajouter la force contraignante des lois.
Bonne journée!

Appelez vite le SAMU

Posté le 03/12/2012 par Xavière (CHU de Grenoble)

L'autre jour, après vous avoir lu, j'ai failli appeler le SAMU, car j'ai vu un vieux monsieur dans la rue qui avait la bouche tordue et un SDF qui marchait en boitant.!
Peut-être faisaient-il un AVC ?
Cordialement

Des Humeurs et des Livres actifs !

Posté le 30/11/2012 par nicole

"Les livres peuvent être dangereux. Les meilleurs d'entre eux devraient avoir l'étiquette : 'Ceci peut changer votre vie' !" (Helen Exley)

RCF

Posté le 29/11/2012 par Gilles

Hier matin, j'ai écouté RCF, vous n'allez pas vous faire que des amis!!

L'éducation des patients

Posté le 27/11/2012 par nicole

"Tout viendra par l'éducation des patients" (L.P.)

Oser s'informer efficacement pour s'extirper du "moule à penser" fabriqué dès l'enfance...

"Dans le domaine intellectuel, la mort commence en classe, où l'on n'apprend plus à critiquer (constructivement), mais à croire comme une vérité révélée tout ce qu'on nous enseigne.
Par la suite, les medias et le commerce continuent à fabriquer une foule de personnes coulées dans le même moule à penser, comme s'ils cherchaient à les faire lentement périr. Ils diffusent sciemment sur tous les sujets (sauf ceux décrétés "tabous") une myriade d'informations contradictoires pour rendre le peuple incapable de distinguer le vrai du faux. Et on finit par penser, puis par agir comme nos dirigeants le souhaitent.
Ceux qui persistent à rester sains d'esprit et à ne pas hurler avec les loups sont alors marginalisés, rejetés et considérés comme des fous !" (paraphrase d'un article du journal "Nouvelle Vision" de Marina Reynouard, octobre 1994).

C'est ainsi qu'on a le "droit de consommer pour amortir" (bien trouvé !) la Sécu, la Mutuelle, comme on amortit sa voiture, son congélateur, sa chaudière...
Le devoir, quant à lui, ne résulterait-il que du courage de s'informer efficacement, ou également de la morale et de l'éthique...
"Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade." (Krishnamurti)

Assurément, le patient a un grand rôle à jouer dans cet énorme problème de la médecine marchande : pour vendre plus, il faut créer plus de malades... Et si nous refusions de nous laisser acheter...
"L'éducation a des racines amères, mais ses fruits sont doux." (Aristote)

Merci de votre longue réponse.

Posté le 27/11/2012 par Sylvain Duval

Et si vous voulez poursuivre sur la question des statines, j'aimerai bien que vous me citiez les essais les plus sûrs et les plus probants à propos de ces médicaments.
Et je me ferai un plaisir d'analyser et de critiquer ces essais (chiffres à l'appui) pour que vous soyez bien certain que les statines ne servent probablement à rien, en dehors de quelques écossais (ou scandinaves) fumeurs, de 45 à 60 ans, en surpoids, qui mangent mal et qui sont sédentaires, hypertendus.

Et si ces gens là arrêtaient de fumer, se mettaient au sport, à l'alimentation méditerranéenne et mangeaient moins de choses grasses et sucrées entre les repas, ils diminueraient leur risque par un facteur 10 fois supérieur aux statines, sans effet secondaire et pour un coût modique.
Et cela, votre livre l'explique très bien !

Réponse à Sylvain Duval

Posté le 27/11/2012 par Luc Perino

Merci de votre lecture très attentive et de vos critiques.
Pour un écrivain, c’est toujours une grande récompense d’avoir des lecteurs attentifs, passionnés et érudits.
Vos remarques sont toutes pertinentes et je vois que vous êtes encore beaucoup plus sévère que moi avec le marché.
J’ai bien pris soin de n’écrire que ce qui était entièrement validé, car lorsque l’on écrit sans être dans la pensée dominante, il est important d’être plus rigoureux que les normatifs qui fabriquent le pensée commune.
L’écriture donne moins de liberté que la parole.
Par ailleurs, il s’agit d’un livre de vulgarisation qui aborde de nombreux sujets, et même s’il est assez exigeant pour le lecteur, il convient de ne pas entrer trop à fond dans les controverses de spécialistes.
Les statines sont certainement encore plus INUTILES que je ne le pense et la manipulation plus forte que je ne le décris.
Quant à la consommation de sucre, mes chiffres se situent dans une fourchette large.

Bonjour Luc Perino

Posté le 26/11/2012 par Sylvain DUVAL (diet.ethic@gmail.com)

j'ai lu en détails votre dernier livre "Les nouveaux paradoxes de la médecine".
Comme je vous avais parlé des essais cliniques sur les statines et que nous n'étions pas parfaitement d'accord (ce qui est constructif), j'ai regardé avec attention ce que vous écrivez sur les statines.
Cela m'a plu, car vous avez pris du recul.

page 47 : vous êtes assez simplificateur.
Vous résumez les maladies cardio-vasculaires à une "obturation progressive des artères".
C'est loin de la réalité.
Le corps s'adapte et une plaque stable n'est pas un problème pendant très longtemps.
Le pire danger est la fracturation d'une plaque fragile, avec le thrombus soudain et la mort possible qui s'en suit.

L'encrassement progressif est donc le résumé utilisé par les défenseurs de la théorie du cholestérol, et ce résumé est éloigné de la réalité mais sert leur modèle pastorien de l'ennemi cholestérol.
Dans votre livre, ce n'est pas clair si vous adhérez à ce résumé partiel et fautif, ou si vous l'invoquez pour montrer le caractère réductionnisme et faux du modèle pastorien appliqué aux maladies CV.

Toujours à la page 47, vous citez l'exemple du sucre et vous sous-estimez le problème.
La consommation de sucre (saccharose, au niveau de la définition légale) n'a rien à voir avec la progression monstrueuse des sirops de glucose-fructose et la consommation de sodas.

Sinon, j'approuve totalement votre vision de l'ennemi interne, du paradigme mécaniste, cybernétique et guerrier de la médecine postpastorienne (page 49).

Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille le livre de Jérémy GREENE 'Prescribing by numbers". Car il reprend en détails l'histoire de 3 médicaments : diuril ( thiazide anti-hypertenseur), orinase (anti-diabétique) et mevacor (statine).

J'ai apprécié les pages 74 à 76, car vous montrez comment la science se focalise sur une infime partie de la solution, une solution devenue de moins en moins efficace et de plus en plus chère (et page 218 aussi).

La critique de l'EBM n'est pas assez appuyée, à mon avis, mais vous montrez quand même les limites de cette bonne idée qu'était l'EBM.

J'ai aimé votre réflexion sur le normal, l'anormal et le pathologique, qui doit animer chaque réflexion sur la place de la médecine dans la société. (page 84, et pages 140 à 145, page 175).

Votre critique des essais cliniques (pages 92 à 105) est intéressante, mais il manque la critique essentielle de l'accès aux données.
J'ai découvert le biais de consentement grâce à votre livre.

L'analyse du test Hemocult m'a plu également. Partout je lisais du bien de ce test et là j'en apprends plus grâce à vous.

Votre partie sur le lait de vache manque aussi de précision, pour moi qui ait travaillé ce sujet en profondeur, aux niveaux nutritionnel et autres.
Les 2 premiers paragraphes page 183 me posent problème mais votre critique globale est excellente.

Pour finir, l'analyse du coût économique des statines montre leur coût délétère pour l'économie de la santé publique (page 221).
Et je pense que vous êtes en-dessous de la réalité, car vous négligez les biais gigantesques, les effets secondaires monstrueux, les études faussées (comme le scandale JUPITER, avec le CRESTOR tellement prescrit).
Pour le CRESTOR, je pense qu'un médicament SANS avantage et avec des effets secondaires puissants a un rapport risques / bénéfices qui tend vers l'infini.

De plus, les QALY se basent sur la population des essais cliniques, population qui avantge outrageusement le médicament (bénéfice surestimé, risques neutralisés).
Dans la population réelle, le QALY des statines doit interdire la généralisation de leur usage, le plus rapidement possible.

Réponse à L.H. cardiologue

Posté le 26/11/2012 par Luc Perino

J’ai bien reçu votre message au sujet de la tarification à l’acte.
Depuis plus de vingt ans, je me bats contre la gabegie médicale.
Au début, je l’ai fait pour des raisons économiques, aujourd’hui, je le fais pour des raisons sanitaires, car cette surconsommation entraîne une perte d’années/qualité de vie de nos concitoyens.
La formation et la pensée médicale façonnées par le marché conduisent à une multiplication d’actes inutiles et parfois dangereux.
Mes ouvrages et mon site relèvent les multiples facettes des diverses manipulations de la science.

Le marché n’est hélas pas le seul à montrer du doigt. Les médecins qui constatent comme vous cette gabegie, sont modérés dans leur réaction, par le profit qu’ils tirent du paiement à l’acte.
Le paiement à l’acte est bien la principal verrou du changement.
Il sera très difficile de le supprimer en France pour des raisons corporatistes et historiques.
Il apparaît même aujourd’hui que l’Hôpital l’encourage par la T2A et la sécurité sociale par les primes au dépistage !!

Le problème est donc infiniment plus complexe que nous pouvons l’imaginer.
Tout viendra par l’éducation des patients. Il faut arriver à les convaincre que la surconsommation médicale ne leur est pas favorable.

Mais nous débouchons alors sur un autre travers de nos sociétés qui est celui du consommateur payeur.
Les cotisations de sécurité sociale et de mutuelles sont si élevées que le consommateur estime qu’il est en droit de « consommer » pour les « amortir »

Cordialement

questionnement d'une cardiologue

Posté le 26/11/2012 par Dr L.H.

Bonjour,

J'écoute France Info et j'ai pris connaissance de vos idées par ce biais.
Je suis cardiologue, hospitalière depuis 2005, actuellement en disponibilité pour découvrir le monde du libéral.
J'effectue des remplacements dans diverses cliniques, et je suis effarée du fonctionnement dans ces structures. Les cardiologues effectuent d'innombrables consultations pré-opératoires systématiques, parfois de manière programmée mais souvent la veille de la chirurgie. Pour la plupart, ces consultations ne sont pas à mon avis médicalement justifiées, et sont facturées 49 euros.
Les patients sont stressés par leur intervention, par la consultation anesthésie, et en plus ils doivent voir un cardiologue qui n'a tout au plus qu'un message préventif à leur faire passer, il ne comprennent pas pourquoi il faut passer par là... A l'heure où les chirurgiens libéraux sont en grève et où le trou de sécurité sociale n'a jamais été aussi conséquent, les politiques connaissent-ils l'ampleur du problème?
Ce fonctionnement découle de la tarification à l'acte, mais il y a aussi un problème éthique à mon sens, et je souhaiterais connaître votre opinion sur cette situation et comment on peut y remédier.
En vous remerciant,

Erreurs grossières de la cancérologie.

Posté le 23/11/2012 par Alain

J'ai tout de même l'impression que la participation au dépistage organisé va diminuant...
à suivre

Pensée du jour

Posté le 21/11/2012 par nicole

"L'obligation de subir nous donne le droit de savoir." (Jean Rostand)

Hier, aujourd'hui et demain...

Posté le 16/11/2012 par nicole

"D'abord, ne pas nuire" (principe éthique de base de la médecine depuis Hippocrate)...
Pourtant, "aujourd'hui il faut tricher pour donner des traitements aux bien-portants", et donc nuire ; peut-on penser à une désorientation médicale éthique...
Pas d’éthique, manque de civisme primaire = lois, à défaut de "morale primate" (éthique avec bons mobiles serait pourtant liberté). Et comme le visage de la médecine présente de plus en plus de traits commerciaux, "que les affaires et les scandales continuent", que l’éthique est remplacée par l’intérêt financier, et que tout le monde semble pris en otage… il reste "les lois à (ré)inventer."
Bien vu !

"L'affaire du Médiator m'a permis de comprendre la force et la puissance et la capacité de désinformations, mensonges et manipulations des groupements d'intérêts industriels, financiers ou autres...Y compris des pouvoirs publics quand ils sont très influencés par les sirènes de ces lobbys. Et je suis très méfiante vis-à-vis des doxas officielles: "mais non, mais non tout est sous contrôle, etc...", j'ai bien compris que c'est du pipeau! ... Si je suis satisfaite ? Oui, mais quel drôle de monde dans lequel on vit, quand je vois que des patientes, gravement malades du cœur à cause du Mediator de chez Servier, prennent maintenant des médicaments de… Servier, pour se soigner !" (Irène Frachon)
On sait bien que "Plus le mensonge est gros, plus il passe." (Joseph Goebbels)

Des thrillers médicaux ? Sauf que "tout y est vrai".
Et bien souvent, les victimes deviennent des coupables...
"Les grands hommes sont soucieux d’éthique, les petits d’étiquette." (Claude Frisoni)

Tuskegee, Mediator et autres...

Posté le 12/11/2012 par nicole

Oser quitter les sentiers du prêt-à-porter, du prêt-à-penser, pour pratiquer le hors piste, au risque de déclencher une avalanche d'idées reçues qui recouvrent le bon sens d'un épais tapis de silence...
Soutenons ces personnes courageuses qui défendent l'intérêt du patient et la médecine clinique éthique.
"L'obscurité ne doit jamais être une raison de ne pas croire à la lumière." (Socrate).

Écoutez les chroniques médicales

La phrase biomédicale aléatoire

Les compagnies pharmaceutiques n'aiment pas publier des études négatives. Il est amusant que tant de gens se prononcent - scientifiques et médecins - sur des données sans jamais voir ces données.
― Russel Kartz

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